mercredi 10 octobre 2018

ALFONSINA ET LA MER / ALFONSINA Y EL MAR

  Sur la sable doux que caresse la merSes traces sont sans retour,Un chemin solitaire de peine et de silenceEst arrivé jusqu’à l´eau,Un chemin solitaire de peine silencieuseEst arrivé jusqu’à l´écume des vagues.Dieu sait quelle angoisse t’accompagna,Quelle longue souffrance ta voix a tué,Pour que, bercée, elle se réfugieDans le chant des coquillages,La chanson que chantent au fond de la merLes coquillages. Tu t´en vas, Alfonsina, avec ta solitude,Quels nouveaux poèmes es-tu allée chercher,Une voix lointaine de vent et de selA... [Lire la suite]

lundi 26 août 2013

LA CARESSE PERDUE

Une caresse s’échappe de mes doigts Et s’en va rouler dans le vent. Cette caresse qui vagabonde, sans objet ni but Cette caresse perdue, qui s’en emparera ? J’aurais pu aimer cette nuit avec une piété infinie, J’aurais pu aimer le premier qui se serait approché. Personne ne vient. Les sentiers fleuris sont déserts. La caresse perdue roulera…roulera. Si quelqu’un t’embrasse cette nuit sur les yeux, voyageur, Si les branches exhalent un doux soupir Si une petite main serre tes doigts, t’étreint, te laisse, te resserre et s’en va. Si... [Lire la suite]
lundi 24 septembre 2012

ALFONSINA STORNI

Dents de fleurs, coiffe de rosée, mains d’herbe, toi ma douce nourrice, prépare les draps de terre et l’édredon sarclé de mousse. Je vais dormir, ma nourrice, berce-moi. Pose une lampe à mon chevet; une constellation, celle qui te plaît; elles sont toutes belles : baisse-la un peu. Laisse-moi seule : écoute se rompre les bourgeons… un pied céleste te berce de tout là-haut et un oiseau esquisse quelques voltes pour que tu puisses oublier… Merci. Ah, une dernière chose : s’il venait à me téléphoner dis-lui qu’il n’insiste pas et que... [Lire la suite]
vendredi 13 avril 2012

CARRES ET ANGLES

Maisons alignées, maisons alignéesMaisons alignées,Carrées, carrées, carrées.Maisons alignées,Les gens ont maintenant l’âme carrée.Les idées en rang,Et un angle sur le dos.Moi-même j’ai versé hier une larme,Mon Dieu, carrée.  .  ALFONSINA STORNI . Oeuvre Francis Picabia