lundi 27 février 2017

CENDRES...Extrait

Tout un peuple défunt secouait son linceul;Tu seras dans ton lit de schisteAu pied du figuier tordu.Ils viendront par le Val de MortMontant lentement la collineLe cimetière est à main gauche,Tu ne t'en souviendras déjà plus.Quand je cherche ma voix, j'entends vos lèvres closesVotre terrible voix d'au-delà de la nuit...Qui portera vos voix vivantes dans mes chants ?Voix de la mort, pétrie du silence éternelDe mes absents plus présents d'être mortsEn moi créés, en moi vêtus de rayons noirsTu roules dans ton flot les fruits purs de la... [Lire la suite]

vendredi 2 décembre 2016

ANDRE LAUDE... Extrait

Jetons d'absence Olga Katz, ma mère, juive polonaise, morte à Auschwitz. Parfois les sombres vents venus de Pologne, me ramènent l'odeur maternelle. Une odeur de peaux, de dents, de crânes, de tibias, d'omoplates carbonisés. Alors je pleure comme un enfant dans le noir. Absent à moi-même, je descends et monte les rues sans identité. Rue Pelleport, rue Etienne-Marcel, rue des Abbesses, rue François 1er ... Quand un flic m'arrête brutalement, c'est, forcément, qu'il m'a pris pour un autre. Un autre que j'ignore, et qui... [Lire la suite]
vendredi 7 octobre 2016

MATINALE DE MON PEUPLE...Extrait

Tu disais des choses facilesTravailleuse du matinLa forêt poussait dans ta voixDes arbres si profonds que le cœur s’y déchireEt connait le poids du chantLa tiédeur d’une clairièrePour l’homme droit qui revendiqueUn mot de paixUn mot à notre dimensionTu tirais de sa solitudeLe rôdeur qui te suit tout pétri de son ombreCelui qui voudrait écrire comme tu voisComme tu tisses comme tu chantesApporter aux autres le bléLe lait de chèvre la semoule,Et si dru dans le cœur et si fort dans le sangLa bonté de chacunLe charme impétueux des hommes... [Lire la suite]
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mercredi 31 août 2016

L'EXIL ET LE DESARROI - Hommage

J'ai vu et, j'ai lentement traversé le dérisoire lieu du retour. traversé la cour où nulle herbe ne pousse où nulle parole ne parvient où nulle offrande n'existe. Ainsi j'ai poussé la porte du lieu, et ma gorge s'est gonflée de colère, haine, désespoir. J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai vu L'agneau mort. Celui dont j'aurais pu être le gardien coutumier pour notre bonheur. Innocence. J'ai poussé la porte du lieu et, quelque chose s'est brisé en moi. Comme une larme. Ou, un plaisir. Désanimé. J'ai poussé la porte du lieu, et,... [Lire la suite]
lundi 19 octobre 2015

POEME A MA GRAND-MERE TASSADIT

Visage endormi sur un siècle de fractures gravé dans ma mémoire en éveil me voilà dans les affres mon cœur a atteint son paroxysme une voix gorgée d'amour s'est tue quand ma main a caressé l'ancêtre au féminin le courage s'est évanoui et ma sève refroidie l'aède enveloppait ma présence au sol s'est agenouillée ma sagesse mon unique conteuse est morte et sa raison gesticule encore la terre assoiffée prie la source éteinte que m'apporte la sécheresse des yeux fermés à jamais s'est étouffé le souffle de ma centenaire je porte la clé... [Lire la suite]
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samedi 15 août 2015

L'ETE...Extrait

Merci Leila...   "Sur ces plages d’Oranie, tous les matins d’été ont l’air d’être les premiers du monde. Tous les crépuscules semblent être les derniers, agonies solennelles annoncées au coucher du soleil par une dernière lumière qui fonce toutes les teintes. La mer est outremer, la route couleur de sang caillé, la plage jaune. Tout disparaît avec le soleil vert ; une heure plus tard, les dunes ruissellent de lune. Ce sont alors des nuits sans mesure sous une pluie d’étoiles. Des orages les traversent parfois, et les éclairs... [Lire la suite]
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jeudi 25 juin 2015

JE SUIS / Assagi lliɣ , 25 Juin 1998...

Aujourd'hui vivant, demain, qui sait ?J'ai dit ce que je saisEt ce que je vois,Il vous en souvienne: si je sombre dans la rigoleMon spectre vous appellera.Miroir, je t'ai offert mon visage:Tu l'as lapidé de balafres.Me dressant pour affronter mon désir,Il exigea de moi ceci:Mon sang ou le sien;C'était ainsi: c'était lui ou moi.La feuille de basilic se terrorise,Se terrorise à la sécheresse accourant.Mon coeur est creusé des brûlures,Du feu qui souffle sur lui.Voici que le vent du malheur s'affraîchit,Ils veulent en nous bannir jusqu'à... [Lire la suite]
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vendredi 13 février 2015

ROGER HANIN

Paris. Il fait nuit. Je suis dans mon bureau. Je pense à l'Algérie. Comme elle me paraît loin. J'ai peur de ne plus pouvoir la retrouver en pensée. Je ne veux forcer ni mon coeur ni ma mémoire. Où en suis-je de l'Algérie ? J'écoute cette phrase et j'entends : " Où en suis-je de ma vie ? " Même sensation. L'Algérie, comme ma vie, m'a laissé bonheurs, souffrances, frayeurs. Et pourtant, dans le silence de mon bureau, j'ai l'impression, ce soir, que je ne la connais plus et que je n'ai ni droit ni qualité pour en parler. Et si je me... [Lire la suite]
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samedi 27 septembre 2014

LES OS BRISES DE LA TERRE

Décharnées les crêtes hérissées de la terre ossue et montueuse et pourtantDe part et d'autre trois mers les parent de leurs  douces voiles de brumesElles retiennent le souffle des vents, la marée des nuages en volutesEt la lumière altière inlassablement recompose le jour, borde la nuit.  Je livre mon âme à l'errance, à l'esseulement de la roche lisse et nue ;Là-haut la terre criblée de la lune et ses lointains de planète morte ! L'aurore et le soleil couchant jouent avec les créatures fantasquesD'un imaginaire qui n'aurait... [Lire la suite]
samedi 1 juin 2013

RAISON DU CRI

 S’il n’y avait ce cri, en forme de pierre aiguë et son entêtement à bourgeonner s’il n’y avait cette colère, ses élancements génésiques et son soc constellant, s’il n’y avait l’outrage, ses limaces perforantes et ses insondables dépotoirs, l’évocation ne serait plus qu’une canonnade de nostalgies, qu’une bouffonnerie gluante,   le pays ne serait plus qu’un souvenir-compost, qu’un guet-apens pour le larmier.       .       TAHAR DJAOUT       .     ... [Lire la suite]
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