dimanche 1 mai 2011

L'OEUVRE EN FRAGMENTS...Extrait

Toi, ma belle, en qui dort un parfum sacrilège Tu vas me dire enfin le secret de tes rires. Je sais ce que la nuit t'a prêté de noirceur, Mais je ne t'ai pas vu le regard des étoiles. Ouvre ta bouche où chante un monstre nouveau-né Et parle-moi du jour où mon cœur s'est tué !… Tu vas me ricaner Ta soif de me connaître Avant de tordre un pleur En l'obscur de tes cils ! Et puis tu vas marcher Vers la forêt des mythes Parmi les fleurs expire une odeur de verveine : Je devine un relent de plantes en malaises. Et puis quoi que me dise... [Lire la suite]
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samedi 30 avril 2011

Ô CASBAH MA PEAU

je lègue mon âme aux mille acres de terres vaillantesmes yeux mes mains mon sexe ma peau et mon ocrej'offre mes arcanes ancestrales des blancs de la chauxau feu qui réanime mes doigts griffeurs sur le miroirqui reflète les vestiges de la sphère évanouiechaque rêve muré de sursauts étreint ma gorgej'ai franchi le seuil de l'impasse Médéedans mon lit dort la tenaille du vieux sabrevient à ma rencontre la filante lueur de la rue du chagrintoutes les nuits elle danse nue sur mes épaules excédéeselle forme les voutes imbibées de tourments... [Lire la suite]
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lundi 18 avril 2011

PERENNES...Extrait

(....) Les enfants piétinés– tiges cassées dans un éclaboussement de sève –,ils ne donneront pas leur blé,ne goûteront pas au pain de liberté.ils n’exhiberont pas– seule arme de leur protestation –leur jeunesse belle d’impertinenceet d’espoirs entêtés. leur voix avait beau tonner,jamais elle ne fut écoutée;on lui tendit non l’oreille mais le fusil,maintenant,elle n’est plus que plainte qui balbutie dans la mort. les autres– les maîtres des chars, des journaux et des haut-parleurs –enjambent les corps convulsés comme moissons... [Lire la suite]
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jeudi 14 avril 2011

C'EST VIVRE

Fanon, Amrouche et Feraoun Trois voix brisées qui nous surprennent Plus proches que jamais Fanon, Amrouche, Feraoun Trois source vives qui n’ont pas vu La lumière du jour Et qui faisaient entendre Le murmure angoissé  Des luttes souterraines Fanon, Amrouche, Feraoun Eux qui avaient appris A lire dans les ténèbres Et qui les yeux fermés N’ont pas cessé d’écrirePortant à bout de brasLeurs oeuvres et leurs racines Mourir ainsi c’est vivre Guerre et cancer du sang Lente ou violente chacun sa mort Et c’est toujours la même Pour ceux... [Lire la suite]
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jeudi 24 mars 2011

POUSSIERES DE JUILLET

Le  sang Reprend  racine Oui Nous  avions  tout  oublié Mais  notre  terre En  enfance  tombée Sa  vieille   ardeur  se  rallume  Et  même  fusillés Les  hommes  s’arrachent  la  terre Et  même  fusillés Ils  tirent la  terre  à  eux Comme  une  couverture Et  bientôt  les  vivants  n’auront  plus  où ... [Lire la suite]
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mardi 4 janvier 2011

LA MORT HEUREUSE...Extrait

C’était encore les oliviers, les linges bleus du ciel entre les branches, et l’odeur des lentisques le long des prés roussis où séchaient des étoiles violettes, jaunes, rouges (…) Depuis la baie à la courbe parfaite tout en bas, une sorte d’élan brassait les herbes et le soleil, et portait les pins et les cyprès, les oliviers poussiéreux et les eucalyptus jusqu’au pied de la maison. Au cœur de cette offrande fleurissaient, suivant les saisons, des églantines blanches et des mimosas, ou ce chèvrefeuille qui des murs de la... [Lire la suite]
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mercredi 10 novembre 2010

LE CHEMIN DE TETOUAN

« Mange  » disait grand-mère…Mais il y a si longtemps déjà…Grand-mère venait d’antiques hivers et de mémoires berbères. Un reste de Tétouan lui rappelait des moments heureux et de noires frayeurs.Un sultan avait coupé les oreilles de ses ancêtres pour les reconnaître, il les avait chassés du mellah, avait violé, volé du sang, volé leurs biens, les avait exposés nus dans la ville…Un brin de mémoire au travers du ciel, je traverse la marge.Un cri éculé comme un silence brode la frange laiteuse d’un café posé eu bord de table. J’ai... [Lire la suite]
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dimanche 31 octobre 2010

ALGERIE 1993 EN KABYLIE

Dans les piétinements la grand-mère de Kahina est en train de s’éteindre d’aversion. Elle vient d’être mutilée des jambes. Derrière la porte elle égrène le chapelet de ses doigts nus en direction de la Mecque où elle ne pourra jamais aller. Elle psalmodie des versets en vomissant toutes ses entrailles. Elle se souvient des décombres qui continuent de l’écraser. Les murs ne sont plus revêtus de printemps. Plus d’argile. Il ne lui reste même plus de bétail. Le métier à tisser est défait, ses dernières laines brûlées, ses fils et roseaux... [Lire la suite]
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lundi 9 août 2010

JE SUIS JEAN ET EL MOUHOUB

«Depuis dix-huit mois passés des hommes meurent, Des hommes tuent. Ces hommes sont mes frères. Ceux qui tuent. Ceux qui meurent. Je me nomme El Mouhoub, fils de Belkacem, Petit fils d’Ahmed, arrière petit fils d’Ahcène. Je me nomme aussi, et indivisément, Jean, fils d’Antoine. Et El Mouhoub chaque jour traque Jean et le tue. Et Jean chaque jour traque El Mouhoub et le tue. Si je me nommais simplement El Mouhoub, ce serait presque simple. J'embrasserais la cause de tous les fils d'Ahmed et d'Ali, j'épouserais leur raisons et il me... [Lire la suite]
lundi 19 juillet 2010

CAMUS

 "A midi sur les pentes à demi sableuses et couvertes d'héliotropes comme d'une écume qu'auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d'un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu'on ne peut tromper longtemps sans que l'être se dessèche, je veux dire aimer et admirer. Car il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd'hui, mourons de ce malheur. C'est le... [Lire la suite]
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