vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]

vendredi 18 mai 2018

APPROCHE DE LA PAROLE...Extrait

Langue natale. Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la parole les porte à déchirure. Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d'une langue dévore son avenir. Fouet d'une phrase sans équivoque. Ici s'est tenue la lumière d'un arbre, là s'est dissoute la venue d'un pas. Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme. Quelque flamme que tu portes - si peu cette eau qui s'évapore. Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.     .     LORAND GASPAR   ... [Lire la suite]
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lundi 21 août 2017

ECRIT SUR UN TRONC D'OLIVIER

 Parce que je ne file pas de laine Parce que je suis chaque jourAux mandats d’arrêtsEt ma maison exposéeAux descentes de policeAux perquisitionsAux « opérations de nettoyage »Parce que je suis dans l’impossibilitéD’acheter du papierJe graverai tout ce qui m’arriveJe graverai tous mes secretsSur un olivierDans la cour de ma maisonJe graverai mon histoireEt les volets de mon drameEt mes soupirsSur mon jardinEt les tombes de mes mortsEt je graveraiToutes les amertumesQu’effacerai le dixième des douceurs futuresJe graverai le... [Lire la suite]
dimanche 19 février 2017

SYMPHONIE INACHEVEE....Extrait

C’était il y a très longtemps – écoute, amer amour de l’autre monde — C’était très loin, très loin – écoute bien, ma sœur d’ici — Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.   Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes, Loin de nos montagnes heureuses. — Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume, Je me souviens,   Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue, La maison de l’enfance,... [Lire la suite]
jeudi 16 février 2017

JEAN LAVOUE...Extrait

Aux forces qui divisent Aux branches qui se lézardent Aux écorces mortes qui de partout craquèlent Saurons-nous opposer avec calme Cette poussée de sève Dans la nuit de l'arbre Ce surgissement de bourgeons Ce bruissement de rameaux et de tiges Ce remuement de terre Ce soulèvement par milliers Des crocus de l'aube Cette fine poussée en gloire D'un printemps qui n'a que faire De nos vieilles rancœurs De nos peurs attisées De nos calculs sans joie De nos slogans futiles De nos amertumes dérisoires ?   .   JEAN LAVOUE ... [Lire la suite]
jeudi 29 décembre 2016

LA LUMIERE DANS LES ARBRES...Extrait

Nous avons négligé le simple pour l'insignifiant, nous avons choisi l'or qui tache les mains au lieu de l'amour qui est sans prix. Nous avons choisi la haine, la rancœur, l'amertume et nous ne sommes plus que de maigres feux éteints dans la lande. Oui, je vois des incendies, des désastres partout et quelques pauvres gens qui osent encore, osent encore dire Non mais l'on n'entend même plus leurs voix perdues dans notre nuit commune. Ils viennent de très loin, éparpillés dans l'univers, ils viennent des massacres, des misères, des... [Lire la suite]

jeudi 30 juin 2016

PATRICK ASPE

La revanche est amère aux pas du condamné retour sans larmes éloge d'une mélopée la réalité c'est prendre possession des proximites retourner sur soi la flamme des brasiers la rose sur le chemin secourue porte frappée aux errances apparues la source le socle d'une charrue la seule page qui va au cahiers des vertiges vertu maladive maladresse tes lèvres comme tes cuisses avancent à mes lèvres reflets incertains toujours nos corps virages brefs   .   PATRICK ASPE   . Photographie Andréa Kiss ... [Lire la suite]
dimanche 28 février 2016

EL OTRO SUENO...Extrait

J’ai passé ma vie à concilier les contraires. Me disant : bien et mal ne sont pas si différents, oui est souvent non, mon amie est mon ennemie, le plaisir fait si mal qu’il s’apparente à la douleur et les jours de fête sont jours d’ennui. J’ai passé ma vie à grelotter au mois d’août Et à mourir de soif auprès de la fontaine. Mais c’est fini. Je ne veux pas que le rire se déguise en pleurs, que les baisers blessent, que la mort sauve, ni que le soleil d’été soit ombre tout au fond, et le désert océan. Je veux revenir en... [Lire la suite]
mardi 19 janvier 2016

BENIS SOIENT LES MORTS

(…) Amer sous notre langue le goût de la parolede l’appel et du baiser de la femmeNos cœurs se rétractentcomme une poignée d’air dans la mainJusqu’à quand :Rouillés, mornes, broyés par les questions ?Anges ?- Nous ne sommes pas des angesNous n’avons pas d’aileset le bleu n’est pas notre couleur(…) Renards ?- Où est le champ librela volupté de la traqueet l’assurance du retour à la grotte de la nuit ?Tyrans ?- Nous n’avons tué que nous-mêmesnos jourset l’âme décrépite de nos enfants en proie au désespoirHumains ?- Mais nous ne... [Lire la suite]
lundi 31 août 2015

PAUL CELAN

Compte les amandes, compte ce qui était amer et t’a tenu en éveil, compte-moi au nombre de tout cela : je cherchais ton œil quand tu l’as ouvert et que personne ne te regardait, j’ai tourné ce fil secret sur lequel la rosée que tu pensais a glissé en bas jusqu’aux cruches que protège une formule qui n’a trouvé le cœur de personne. C’est là-bas seulement que tu es entré tout entier dans le nom qui est le tien, que tu as marché d’un pied sûr vers toi-même, que les marteaux se sont balancés librement dans le beffroi de ton silence,... [Lire la suite]
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