mardi 25 avril 2017

NOUS AUTRES MEURTRIERS

...  Parce qu’il est plus facile de faire son travail quotidien et d’attendre dans une paix aveugle que la mort vienne un jour, les gens croient qu’ils ont assez fait pour le bien de l’homme en ne tuant personne directement. Mais, en vérité, aucun homme ne peut mourir en paix s’il n’a pas fait tout ce qu’il faut pour que les autres vivent et s’il n’a pas cherché ou dit quel est le chemin d’une mort pacifiée. Et d’autres encore, qui n’ont pas envie de penser trop longtemps à la misère humaine, préfèrent en parler d’une façon... [Lire la suite]

mercredi 19 avril 2017

ETAT DES LIEUX

Maintenant Je laisse ma vie fuir son cours Les heures filer dans mes doigts le sable s’entasser sous mes dents le vent Vide façonner mes dunes y bâtir des escaliers à dévaler revenir Aux sources du mal en avaler les boues Dosant habilement les vins aux goût de bois Les drogues licites des pharmacies leurs bulles opiacées leurs benzos Car je sens qu’il ne vaut mieux pas que je reprenne conscience Tout à fait Ni que la colère flambe ni qu’elle prenne une perfection de symphonie Giclant d’un seul envol de violons et de bois Ni que je... [Lire la suite]
mercredi 12 avril 2017

LETTRE DE FERNADO PESSOA A MARIO DE SA-CARNEIRO

14 mars 1916 Je vous écris aujourd’hui, poussé par un besoin sentimental — un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n’ai rien à vous dire. Seulement ceci — que je me trouve aujourd’hui au fond d’une dépression sans fond. L’absurdité de l’expression parlera pour moi. Je suis dans un de ces jours où je n’ai jamais eu d’avenir. Il n’y a qu’un présent immobile, encerclé d’un mur d’angoisse. La rive d’en face du fleuve n’est jamais, puisqu’elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci ; c’est là... [Lire la suite]
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lundi 27 mars 2017

SERGE WELLENS...Extrait

Le vent courant jouait de l’orgue dans les figuiers de Barbarie La mer trinquait à notre table puis s’en allait à reculons en nous faisant des révérences La lune venait boire à ta bouche comme à la fraîcheur d’un puits Notre amitié portait le nom intraduisible des fontaines.   .   SERGE WELLENS    .                
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dimanche 5 février 2017

POEMES DE SAMUEL WOOD...Extrait

Tout cela qui fut, qui est l’éclat d’un moment Étrange sans doute comme les métaphores des rêves Offre une vision meilleure du temps Malgré tant de figures réfractaires Qu’en dépit de plus d’un détour La langue échoue à prendre dans ses pièges, Mais bien loin de se tenir à distance Elles rayonnent assez fort pour que s’exerce Au-delà des mots leur hégémonie souveraine Sur l’esprit qui, grâce à elles, y voit plus clair Quand il ne se laisse pas dévoyer par la phrase Avec ses trop beaux accords, son rituel... [Lire la suite]
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dimanche 29 janvier 2017

MAHMOUD DARWICH...Extrait

Comme pousse l’herbe entre les fentes des rochers Nous avons rencontré deux étrangers un jour Le ciel du printemps inventait les étoiles… Et j’inventais un épisode d’amour Pour tes yeux…je les ai chantés Tes yeux savent-ils combien j’ai longtemps Comme l’ oiseau attend l’été Et me suis endormi Tel le sommeil d’un exilé Un œil s’endort pour que l’autre veille…longtemps Et pleure son frère Nous sommes des amoureux jusqu’à ce que la lune s’endorme Et nous savons que l’étreinte et les baisers Sont la nourriture des soirées de charme Et le... [Lire la suite]

samedi 28 janvier 2017

LES RENCONTRES DES JOURS...Extrait

Une pensée sans mots pensée sur la pointe des pieds entre sourire d’amitié caresse inachevée silence heureux A peine l’éclair vif d’une truite au torrent la trace  s’effaçant d’une étoile filante ou l’esquisse du chant d’un oiseau très petit une pensée de toi m’a effleuré en chuchotant Je ne fais que passer C’était ta voix ta voix de vent léger sur les dunes ta voix de mer qui souffle sous une lune pâle voix de pieds nus  de feu de bois de citronnelle de la mousse d’écume aux crêtes de la vague ta voix traverse-temps qui... [Lire la suite]
mercredi 23 novembre 2016

DEDIE A LEONARD COHEN

On a des frères, on a des sœurs, et des amis que l'on croit éternelsOn a des chansons, des bruits, des rires de cours d’écoleDes odeurs de quatre heures au chocolatL'émerveillement d'un premier NoëlDes goûts de fêteEt des années mêlées à nos années On a ces peurs au ventre des jours d’examenTous ces vieux rhumes et ces matins chagrins où l'on appelait mamanCe vieux grand-père qui ronronnait dans son fauteuilUn journal sur ses genoux mais les yeux fixés sur sa grande guerreOn a leurs voix et leurs rengaines, les ritournelles d'un... [Lire la suite]
lundi 21 novembre 2016

LA PIROGUE ET LA PETITE AMULETTE

L'amulette aura été fabriquée alors que nous parcourions, l'Ami et moi,les pistes et les rivages somptueux du Gabon, il y a si peu de temps, quelques quarante cinq années !...Signes d'un poisson qui se retrouve enfin,  après tant de cauchemars, de péripéties, d'écueils, avec lui-même  ? Je vous réponds donc depuis ma deuxième naissance, très africaine ; la toute première fut marocaine.Là-bas, vers l'Equateur géographique, le Gabon !Qui l'eût un jour imaginé, entrevu ? Hasard ou nécessité ? Une pièce rare de l'immense puzzle... [Lire la suite]
mercredi 9 novembre 2016

REGAIN DU SANG...Extrait

Midi muet sous l'ombre familière d'un noyerChardons jachères en fleursRien n'est étranger à l'absenceEt rien ne garde sa mesureLa faim est lente l'envol long à venirNous ne savons pas dire l'usure des mains amiesMidi muet sous l'ombre familière d'un frêne .   EMMANUEL  DAMON   .      
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