mardi 5 février 2019

LES RACINES DU CIEL...Extrait

Il faut absolument que les hommes parviennent à préserver autre chose que ce qui leur sert à faire des semelles, ou des machines à coudre, qu’ils laissent de la marge, une réserve, où il leur serait possible de se réfugier de temps en temps. C’est alors seulement que l’on pourra commencer à parler d’une civilisation. Une civilisation uniquement utilitaire ira toujours jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux camps de travail forcé. Il nous faut laisser de la marge. Et puis je vais vous dire… il n’y a pas de quoi être tellement fier,... [Lire la suite]

samedi 8 septembre 2018

ARNAUD RIOU...

La semaine dernière, j'ai rencontré pour notre film en Mongolie plusieurs familles d'éleveurs. Elles nous ont partagé leur quotidien, je leur ai raconté le nôtre. Pour eux, les centaines de chevaux sauvages, les troupeaux paissant dans des steppes sans limites, un quotidien dédié à un mode de vie nomade. Leur sourire est brillant. Ils sont en bonne santé et n'ont pas besoin de lunettes, tant ils sont habitués à scruter l'horizon à tout âge. "Pourquoi ne mangez-vous pas de viande ?" me demande l'homme curieux... Les Mongols sont... [Lire la suite]
vendredi 7 septembre 2018

MARGES

Toi qui vas ton chemin, t’arrêterais-tu entre des vignes à l’abandon si, droit devant, tu entrevoyais dans la tombée du jour, parmi l’intense éclat de petits cyclamens, une oreille pointue dressée, dodinant sur le bas-côté de la route ? Croirais-tu qu’un animal à museau fin est là, reins peut-être brisés, écrabouillé à demi, implorant ton secours ? Admettons que tu prennes le temps, souhaites vivre et le permettre aux autres, que tu sortes de la voiture tout en pestant contre cette imbécile de bestiole et que tu t’aperçoives qu’il ne... [Lire la suite]
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jeudi 29 mars 2018

JOURNAL D'UN POETE...Extrait

...   Bêtes, venez à moi ! venez bêtes farouches épancher toute haine dans la coupe de mes mains ! Il est grand temps que la lune là-haut cesse enfin de laper les nuages.   Sœurs chiennes, frères chiens, traqué comme vous parmi les hommes qu’ai-je à faire de caravelles haridelles ou des voilures de corbeaux.   Si la faim suintant de murs en ruine vient à s’agripper à ma chevelure, je mangerai la moitié de ma jambe et vous offrirai l’autre en pâture.   Je n’irai nulle part avec les gens, mieux vaut... [Lire la suite]
jeudi 29 mars 2018

POURQUOI LES BÊTES MEURENT-ELLES ?

Pourquoi les bêtes meurent-elles comme les enfants ? Pourquoi mourons-nous en elles ? Est-ce par la loi d’un dieu, sous le poids de son pas sur les choses ? Pourquoi ne distinguons-nous pas les mots ? Pourquoi cette pitié ou cette loi ne sauvent-elles pas ? Pourquoi mourons-nous dans les fleurs dans la lumière du jour nécessaire ? C’est ainsi que je sors dans la lumière pour me soustraire aux ombres où j’écris. tels seront la reddition, le temps : la destruction de tout style la lumière frontale qui nous brûlera tous. ... [Lire la suite]
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dimanche 4 février 2018

AFFINITES ELECTIVES

Plus j’avance, immobile, sur le tapis roulant De cette vie brouillonne, partie dans tous les sens,Plus l’on s’entend, les animaux et moi, les plantes et moiLes enfants aussi, sans doute parce que nous ne sommes pasTravestis d’oripeaux, bardés de faire semblant, Qu’on se cause de là où est la vie, ce petit machin rouge palpitant,Peut être aussi que je les rassureComprenant qu’ils n’ont rien à craindre si je suis làJ’appartiens à la meute des VivantsDe ceux et celles Qui parlent aux caillouxA la pluie à la folie et ramènent les... [Lire la suite]

samedi 26 août 2017

POEMES MORTELS...Extrait

Ces joies qui sont comme des douleurs N’en parlons plus laissons ce monde mort écouler ses ruisseaux De sang jusqu’à la mer Laissons la nuit monter et pénétrer le ciel De fulgurante nuit Monde obscur et maudit dont le poids me soulève Je vous charge des peurs, je vous charge des maux Et du feu qui me ronge Et je reste un vaincu au bord de ce présent Fatal et dépouillé de gloire et de révolte. Je meurs lentement de vivre entre moi-même Et la malédiction de ces jours inutiles.   . . .   JACQUES PREVEL .   . ... [Lire la suite]
mercredi 16 août 2017

LES AUBES SONT CERTAINES

Marche allègre et vive sur les passerelles de l’aube Le sang dormant s’ébroue L’écriture coule drue Verticale La pluie a ravivé les feuilles J’ai troqué mon pays contre le rire immense De chutes de cascades de torrents vers la mer J’ai traversé des fleuves qui n’avaient pas de nom J’ai reconnu le ciel au tremblement des feuilles Troqué des cimetières contre des chemins d’or J’ai tenu tête à l’âme elle s’en est souvenue J’ai marché sans compter sans mesurer mes pas J’ai senti le pollen de mes aurores vives J’ai bougé des écluses dans... [Lire la suite]
vendredi 4 août 2017

FOURNAISE

Voilà que tu te défends contre l'air du temps défiéAu-delà des étés d'antandu repos mérité de l'attelageet de l'aire de battage  qui s'est tue rien ne va plus Vers le ciel gris des cimeschauffées à blanc au coeur des vallées de la fournaisela vie suffoqueles estives ont perdu la sourceet le ruisseau Il monte des hameaux de pierresdes campanilesqui vacillent entre d'âcres  touffeurs un silence brûlantLes paupières rougies tu entrevois le spectre de la soif Désertiques nuées sombres augures plus rien ne te rappelle aux... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

LES PETITES PERSONNES: EN DEFENSE DES ANIMAUX ET AUTRES ECRITS...Extrait

 Je considère les Animaux comme des Petites Personnes, des “frères” différents de l’homme, des créatures dotées d’un visage, de beaux et bons yeux qui expriment une pensée, et d’une sensibilité enclose, mais qui a la même valeur que la sensibilité et la pensée humaines ...   Torturer ou tuer la vie vivante, c’est se mettre du côté de la non-vie, du côté des cavernes ou des apocalypses. Qui aime vraiment l’homme l’aime tout entier, avec ses oiseaux et ses racines de rêve. ... En quantité désormais apocalyptique, ils... [Lire la suite]