samedi 26 août 2017

POEMES MORTELS...Extrait

Ces joies qui sont comme des douleurs N’en parlons plus laissons ce monde mort écouler ses ruisseaux De sang jusqu’à la mer Laissons la nuit monter et pénétrer le ciel De fulgurante nuit Monde obscur et maudit dont le poids me soulève Je vous charge des peurs, je vous charge des maux Et du feu qui me ronge Et je reste un vaincu au bord de ce présent Fatal et dépouillé de gloire et de révolte. Je meurs lentement de vivre entre moi-même Et la malédiction de ces jours inutiles.   . . .   JACQUES PREVEL .   . ... [Lire la suite]

mercredi 16 août 2017

LES AUBES SONT CERTAINES

Marche allègre et vive sur les passerelles de l’aube Le sang dormant s’ébroue L’écriture coule drue Verticale La pluie a ravivé les feuilles J’ai troqué mon pays contre le rire immense De chutes de cascades de torrents vers la mer J’ai traversé des fleuves qui n’avaient pas de nom J’ai reconnu le ciel au tremblement des feuilles Troqué des cimetières contre des chemins d’or J’ai tenu tête à l’âme elle s’en est souvenue J’ai marché sans compter sans mesurer mes pas J’ai senti le pollen de mes aurores vives J’ai bougé des écluses dans... [Lire la suite]
vendredi 4 août 2017

FOURNAISE

Voilà que tu te défends contre l'air du temps défiéAu-delà des étés d'antandu repos mérité de l'attelageet de l'aire de battage  qui s'est tue rien ne va plus Vers le ciel gris des cimeschauffées à blanc au coeur des vallées de la fournaisela vie suffoqueles estives ont perdu la sourceet le ruisseau Il monte des hameaux de pierresdes campanilesqui vacillent entre d'âcres  touffeurs un silence brûlantLes paupières rougies tu entrevois le spectre de la soif Désertiques nuées sombres augures plus rien ne te rappelle aux... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

LES PETITES PERSONNES: EN DEFENSE DES ANIMAUX ET AUTRES ECRITS...Extrait

 Je considère les Animaux comme des Petites Personnes, des “frères” différents de l’homme, des créatures dotées d’un visage, de beaux et bons yeux qui expriment une pensée, et d’une sensibilité enclose, mais qui a la même valeur que la sensibilité et la pensée humaines ...   Torturer ou tuer la vie vivante, c’est se mettre du côté de la non-vie, du côté des cavernes ou des apocalypses. Qui aime vraiment l’homme l’aime tout entier, avec ses oiseaux et ses racines de rêve. ... En quantité désormais apocalyptique, ils... [Lire la suite]
dimanche 28 mai 2017

LE CYGNE

Dans toute société, soit des animaux, soit des hommes, la violence fit les tyrans, la douce autorité fait les Rois : le lion et le tigre sur la terre, l’aigle et le vautour dans les airs, ne règnent que par la guerre, ne dominent que par l’abus de la force et par la cruauté ; au lieu que le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur ; avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n’en pas abuser, et de ne les employer que pour la défense : Il sait... [Lire la suite]
lundi 22 mai 2017

LES SECRETS DE L'ECRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe Ni pour les habitués d’une cité lacustre Pour l’écolier attentif à son cœur Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille Entre mes bras depuis cent ans Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage N’entend pas la rumeur terrestre de son sang Ni l’herbe le flatter doucement au visage J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons La neige pure ainsi qu’une main féminine Et le pollen éparpillé sur les gazons Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes J’écris pour dépasser la... [Lire la suite]

samedi 15 avril 2017

ARMEL GUERNE...Extrait

Ici, où le silence nous a rendu le pas des heures du jour et de la nuit, nous marchons heureusement de saison en saison sans quitter un instant la communion immense de la création, cette prière qui vit en nous, silencieuse, et qui nous rend à notre état vivant de créatures. Sans aller jusqu'à l'humilité, certain éclat de la modestie supprime les barrières et ouvre sur les dimensions universelles pour la joie comme pour la gravité. Les fleurs et les moucherons de l'herbe me parlent souvent d'une terrible colère du ciel. J'écoute.... [Lire la suite]
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mercredi 5 avril 2017

ALBERT AYGUESPARSE...Extrait

Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.La nuit même se cueille avec des gants de suieEt son bouquet se fane entre les mains des pluiesEt l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.Le monde surprenant des bêtes endormiesGlisse dans les chemins et laisse un long remousDe sueur et de lait à la robe des loups.Les pieds dans les cailloux, je t'attends, mon amie.Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,Si tu lèves le bras, les murailles d’ortiesN’arrêtent plus le sang de... [Lire la suite]
lundi 20 mars 2017

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Il vous naît un poisson qui se met à tourner Tout de suite au plus noir d'une lame profonde, Il vous naît une étoile au-dessus de la tête, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.   Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge, En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur Puisqu'il n'y a que son cri d'oiseau pour la montrer. Il vole sur les bois, se choisit une branche Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres.   Où courent-ils ainsi ces... [Lire la suite]
lundi 13 juin 2016

HOMMES ET BÊTES...

A toi Centaure, à ta moitié humaine ; A vous chimères, et monstres incomplets ; A vous, hybrides, à vous énergumènes, que l'on traite d'impurs ou d'imparfaits ; Nous rallions nos cœurs, nos âmes pleines, Tous dans un même élan pour entonner Cette chanson où l'on s'est retrouvé A ce refrain toujours nous ramène : Hommes et bêtes, venez dessiner La carte de notre voyage immense, A l'impossible on est destiné Sur tous les chemins de TransHumance La terre sous nos pieds comme semelle Sur nos têtes les cieux comme chapeau... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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