jeudi 9 avril 2020

LE DEVOILEMENT ...Extrait

Et ainsi nous allons, chacun de nous,Séparés, méconnaissant ce poidsDe lumière, notre seule charge.Notre unique force.Et quand elle nous inonde, brusquement,Renvoyée par qui devient miroir, à son insu,Nous ne sommes plus que des oiseaux de nuit,Nous n'avons plus que le cri déchiréDe l'effraie qui s'arrache au rocher,Nous n'entendons plus que le raclement de terreurDe nos corps embourbés.Nous ne supportons pas la lumière,Nous ne supportons pas l'échoQui nous révèle notre propre clarté.Nous ne nous trompons pas, nous la connaissons... [Lire la suite]
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mardi 18 février 2020

UN CHANT AUX PAS D'OISEAU

  Faut-il se dépouiller jusqu'à ce rien, cette racine nue,Ce trait de l'aube où le soleil se lève ?Mais ce sera de nuit,Les eaux du fleuve n'auront pas fini de nous dérouterQuand, soudain, quelques mots, à peine un souffle :Nous nous reconnaîtrons de ce paysDont le nom est hissé au faîte du silence. L'instant d'avant, tout était noir : l'ombre, l'oubli ;Mais déjà se dessinaient de grands signes inconnus dans les paumes de l'attente ;Le poème faisait provision de nocturnes lueurs, de bruissements d'ailes,D'instants fragiles... [Lire la suite]
dimanche 22 décembre 2019

AGNES SCHNELL...Extrait

En pensée, Agnès, 4 ans....     Une toile bat dans le ventune porte s'ouvresur l'imprévisible.Entre l'autre et soil'épuisant voyagepar saccades. Des murs s'effondrentcommedans un demi-sommeil.On granditnon par désirmais par convenances On attend la fraîcheurl'inattenduun rire peut-êtreou un adieu à reculons. Faroucheon meurt un peuà peine rassasié. Aura-t-on assez touchéassez étreintavant de sombrer ?         AGNES SCHNELL       Photographie Katia Chausheva
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samedi 22 décembre 2018

EN FILIGRANE, L'ARDENNE...Extrait

En apparencerien n’a changé.Ni stridence      ni démesureseule la parole intimeivre en son flux est dénouée.En apparence rien n’a changé.La sente est raidela forêt muettela colline    dorée sous l’or froidse baigne dans le gris liquide.On dirait que tout est en attented’un retourd’une braise     d’une luciole intimeou peut-êtrede cet immense que l’on désiremais ne nomme pas.En apparence rien ne changesinon ce creux élargibien plus sombre à chaque détoursinon cette voix perduevestige déjà… ... [Lire la suite]
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mercredi 7 novembre 2018

SANS RETOUR...

On est là, en équilibre. La lumière est traversée d’ombres brèves. On reste encore pour l’espace, pour les branches, pour l’ombre bleue, pour le merle, pour les visages un instant dans le jour sans nom. Pour ce qui ne revient pas. On reste encore pour ce qui vient.   Où il y a l’attente, longtemps, et sans retour, où il y a dire, et puis ne plus pouvoir dire, où il y a écouter et puis ne plus pouvoir écouter, où il y a regard et puis tenter de regarder encore, et sans retour. C’est un chant, et... [Lire la suite]
mercredi 19 septembre 2018

L'ENFANT DE JUIN / EL HIJO DE JUNIO

C’est notre enfant.Il est né un jour de juin.Un jour de grande chaleur et de soleil lourd ; je me sens vivant et jeune et sa mère , tendre et chaude : c’est ainsi qu’il est venu au monde. Les jours ont passé.Sans doute manquons nous de courage, mais il vit, obstinément, chaque jour, un jour de vie de plus ; ainsi pousse notre enfant, notre enfant de juin ; nous ne savons pas l’écrire au futur. Notre enfant.  Ce jour de juin, soleil brûlant, bonheur : léger, il n’y aura plus d’hiver ni de... [Lire la suite]

lundi 27 août 2018

OUI, NOUS PARLONS

Nous parlons la démesurenous parlons l’appartenance à un sourire et le dédale de ses secretsnous parlons l’attente tournée vers l’horizonsans possession dissimulée dans la voixsans usage d’un lieu de la parole nous parlons entre le réel inquiet et le mystère de son appelnous parlons depuis les veilles rauques des délaissésnous parlons la mélancolie de l’étendue portant d’escale en demeure l’épreuve de chacunnous parlons l’éclair élucidé du dire vraiquand n’apparaît plus que l’attention de l’horizon au jour nous ouvrons la volière... [Lire la suite]
dimanche 19 août 2018

VRAIE LUMIERE NEE DE VRAIE NUIT

Âme soeurEntends-tu ce quiVient de l’heure, ce quiVient du coeur,à l’heureDe l’abandon, à l’heureDu crève-coeur,Ce battementdepuisLa naissanceLes entrailles maternelles,Déchirantl’écorceTerrestre, ce battementQui cherche à se dire,Qui chercheà se faireEntendre, entends-tuÂme sœurCe cri d’avant- vie, pleinD’une étrangère nostalgieDe ce qui avait étéRêvé et comme àjamaisVécu, matin de brumeD’un fleuve, nuageSe découvrantfeuillage,Midi de feu d’un pré, pierreSe dévoilant pivoine, touteLa terre embrasée, toutLe ciel incandescentEn une... [Lire la suite]
vendredi 17 août 2018

C'ETAIT DEMAIN...

  J’aime le temps d’avantEt même un peu plus tôt… Quand l’attente s’éveille…Quand le regard se croise Et que se tend l’oreille sur un sourire naissant…Un mouvement de tête, timide, sur le coté penché, complice du sourire avant de s’en aller sans penser à plus tard.. Et puis qui se retourne à l’angle de nulle part…Ici, là-bas, plus loin, ailleurs…Au détour du chemin, de la ruelle étroite, de la terrasse du Bar, pour semer un espoir, fixer un au revoir, un frêle espoir promis en guise de pourboire…Un battement de... [Lire la suite]
jeudi 21 juin 2018

JOURNAL DES ARBRES

Prends-moi dans tes bras comme si nous étions le sentiment des vierges tout en haut de cette colline du pardon. Où nous allions dans la vérité simple de l’amour consenti. Le dos contre l’arbre, échangeons un baiser dans cette langue native. Je comprends ton dialecte de femme. L’attente est subtile. Il ne faut rien brusquer. Si tu le veux, je vais explorer la nuance et les creux. Si tu le désires je serai ce jeune homme florentin avec la timidité de celui qui débute dans cette grande maison moirée du sentiment et des aveux. Et si... [Lire la suite]