vendredi 28 septembre 2018

CONTRE-JOUR

  Revenir    pieds nus dans les traces trop larges comme si on rentrait chez soi.   Glisser sur le sol se laisser écorcher par les échardes de la mémoire et rendre grâce à la source à la leçon de l’humus à l’éclatement végétal.   Il faut murmurer d’une voix profonde les rêves éteints la cendre lavée de tout l’ocre humain. Il faut dire à voix froissée ce qui hurle en soi avant de se taire.   Dire les chemins tortueux dans la terre lasse de nos migrations. Dire aussi l’adagio... [Lire la suite]
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jeudi 6 septembre 2018

ON ENTEND LES OISEAUX/ SE OYEN LOS PAJAROS

  L’aube. On entend les oiseaux comme perdus dans la brume; le silence élève leurs chants jusqu’à la pénombre de la pièce. Il perçoit un très faible tremblement qui fait frémir la peau qu’il aime, douce dans son rêve. Très lentement il la recouvre du drap pour éviter qu’elle ne s’éveille. Mais déjà des bras l'enveloppaient et s’accrochaient à son corps: éternité fut ici douceur miel et jasmin. Bien plus tard on entendait encore le chant des oiseaux.      .     El alba. Se... [Lire la suite]
samedi 18 août 2018

QASIDA DE LA FEMME ETENDUE/ CASIDA DE LA MUJER TENDIDA

Te voir nue c'est se rappeler la terre.La terre lisse, dégagée de chevaux,la terre sans roseaux, forme purefermée à l'avenir : confins d'argent. Te voir nue c'est comprendre l'enviede la pluie à la recherche d'une taille fragile,ou de la fièvre de la mer à l'immense visagesans trouver la lumière de sa joue. Le sang sonnera dans les alcôves,et viendra avec l'épée flamboyante,mais tu ne sauras où se cachele cœur du crapaud ou la violette. Ton ventre est une bataille de racines,tes lèvres sont une aube sans contour,sous les roses... [Lire la suite]
samedi 14 juillet 2018

JOINTURES

Entre la nuit et l’aube le choc des pierres comme mots mats lancés par la vague puis restés sans réponse (lettres passées sur papier jauni au fond d’un tiroir qui sent la cire) Épris de ce goût du vent où roulent les nuages À l’infini de fenêtres fermées À tâtons Nous cherchons sur la couture d’un drap Le fil d’une histoire qui s’épuise Et le nom de ces choses très simples qui s’échappent glissent (bleue et grise l’eau de la mer et sur la peau l’odeur du... [Lire la suite]
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lundi 25 juin 2018

D'ARGILE ET DE SOUFFLE...Extrait

A Geoffrey Oryema        .   Feuilles, petites aiguilles qui claquentcomme claque le vent contre les jourset perce peu à peu le brouillard   Voici le temps, mon âme. Retourne-le sans hâte.Traverse chacune des arches qu’il érige ;prends dans ta main les pierresqui jalonnent le passagede la terre jusqu’au cielet de nouveau à la terre       Il n’existe aucun chemin ;la quête que nous poursuivonsrepose en chaque chose approchéeen chaque instant qui délivre ses clartés.   Le... [Lire la suite]
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lundi 25 juin 2018

ETERNITE

En mémoire de Geoffrey Oryema   . Mes pieds sur ma savane inscriront des cheminsl'Aube douce éclate dans ma gorgeje peins la nuit pour que le jour soit éternité   .   TCHICAYA U'TAMSI   .          

samedi 5 mai 2018

DANS LE DOUTE ET LA FERVEUR...Extrait

...   Le monde, oui, dans sa beauté cruelle, je ne veux pas le dire Si je me tais, c'est colère et défi, incandescence   Pourtant je pourrais dessiner les dentelles du possible, ombres chinoises sur l'écran du réel, le rêve, suraigu, d'une île de soleils éblouis, sans férocité L'amour, s'il existe, je pourrais le dire L'énigme au coeur du vivre, comme un ver dans le fruit, je pourrais l'approcher   Cette parole surgie de nulle part, brûlante et sauvage Cette parole d'origine, je pourrais la tenter Un... [Lire la suite]
jeudi 19 avril 2018

PIERRE GABRIEL...Extrait

Je dis : Chaque aube tient promesse,Elle te rend ce que la nuitAvait effacé pour toujours,Les fleurs, l’espoir, le goût du ventSur les plages bleues du matin. Je ne dis pas : Les sources sont taries.Je dis que rien jamais n’est perdu,C’est à toi de creuser plus profondPour que l’eau pure à nouveau jaillisse.   .   PIERRE GABRIEL   .   Photographie Emmila
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vendredi 6 avril 2018

L'AMER NOUS GUIDE...

Je suis né d’une erreur du vent et de la mer c’est pourquoi j’ai vécu au rythme des marées entre les hommes et dieu je n’ai pas pu choisir poisson-lune égaré sur un trottoir vitreux je n’ai fait que passer sans pouvoir respirerun enfant replié s’est pris dans ma mémoire qui m’empêche d’atteindre au pays d’où je viens quand trouverai-je enfin de quoi crever mes yeux sur le plancher glissant d’une barque fantômesi je viens à mourir qu’on me jette à la mer dans l’aube bleue des sables je trouverai... [Lire la suite]
jeudi 7 décembre 2017

MEMOIRES DES PLUIES

Combien de fois les pluies de l’aube m’emportèrenten rêve sur leur chemin lentement et heureuse,vers le cristal des champs, entre des files de pins,recherchant les bienfaits d’une lumière étonnante ;   Combien de fois les ai-je vues revenir aux fenêtreséteintes, parmi les arbres égarés dans les tumultespurs de leurs ondes, enlacées aux rubansdu souvenir qui peuple ces murs transparents.   Je les entendis, éblouie, frapper sur les lucarnesavec la suave insistance qui précède les éclairs,alors que dans le feuillage... [Lire la suite]