vendredi 18 mai 2018

PATMOS ET AUTRES POEMES

... le blé des corps dans la meule des ans farines que mélangent les lois éternelles pour d'autres pains et d'autres dents la nuit tu tâtes soudain sans comprendre la peur qui fouille au ventre des images cherchant à clore sur soi le mouvement et ces eaux nues de l'ardeur d'aller encore et encore plus loin dans l'ouvert? (et même et surtout quand la nuit se referme) ...   .     LORAND GASPAR     .
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lundi 22 mai 2017

PAROLE

La vie lourde battra à sa mesure la poussière Combien de blé cette année pour la saison Quelles gerbes à lier de désirs qu’on arrache à la haie Quelles tresses pour la paume nouées blessant La paresse d’été des moissonneurs On couche sur le sol les journées pour les glaneurs Ils sépareront le bon grain de l’ivraie La douceur des farines et le sec de la balle Le pain blanc pour la Ville Ce qui reste, aux oiseaux, en prévision de leur départ, A moi, la terre nue, pour y bâtir Ce fantôme de champ qui ondule Et le vent rien que Le... [Lire la suite]
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samedi 3 décembre 2016

ON NE VIT PAS LONGTEMPS COMME LES OISEAUX...Extrait

Les larmes quelquefois montent aux yeux comme d'une source, elles sont de la brume sur des lacs, un trouble du jour intérieur, une eau que la peine a salée. La seule grâce à demander aux dieux lointains, aux dieux muets, aveugles, détournés, à ces fuyards, ne serait-elle pas que toute larme répandue sur le visage proche dans l'invisible terre fît germer un blé inépuisable ?   .   PHILIPPE JACCOTTET   .  
lundi 19 août 2013

LUCIE PETIT

Merci à Lucie   L'été s'avance Tu lances des cailloux vers le ciel noir pour faire tomber une étoile Un merle blanc appelle la mer par-dessus les blés blonds qui font des vagues avec le vent Alors tu cours, tenant un drap bleu entre tes mains, en partance Sur la basse continue des mouches le temps chuchote sa chanson C'est un été qui passe les prunes seront bientôt mûres   .   LUCIE PETIT http://www.chemindemots.be/   .    
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samedi 25 mai 2013

HÖLDERLIN

"Ne faire qu'un avec le tout, voilà l'existence divine, voilà le ciel de l'homme. Ne faire qu'un avec tout ce qui vit, combler de félicité, perdre la conscience de soi même en retournant au grand tout de la nature: voilà la hauteur sacrée, le lieu de l'éternelle quiétude où midi perd son accablante chaleur et le tonnerre sa voix, où la mer démontée devient pareille aux vagues de blé."   .    FRIEDRICH HÖLDERLIN   .    
mercredi 12 décembre 2012

FEMME FRAGMENT DE BLE

Femme fragment de blé,accoudée, éblouie, dans l’aveu des bleuets, tu tisonnes les sèves sur la pointe des piedset des semences douces s’échappent de ton ventre. Quand tu parcours la terre à pas de braise en murmurant un saule rit et danse dans ta chair, les yeux ouverts. Femme initiée lointaineà l’étreinte des graines, de la pierre et des ailes dont le reflet s’est pris aux branches de ta voix, tu multiplies partout l’intensité des choses et quand tu passes près de lui le jour se lève et il te suit.   entre Ciel et Terre ... [Lire la suite]
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mercredi 31 octobre 2012

U CANTU DI L'AGHJA ou le chant de l'aire de battage

  L'aire ne chante plus Sous l'épais maquis Rochers et limon s'épanchentLarmes diluviennes Des montagnes esseuléesQui s'en seront à jamais Emparée IrrémédiablementQuelques pierres rouléesEn leurs étreintes de chaînesFabulent de loin en loinLes révolutions lancinantesDu boeuf de l'âneAoût si long et redoutéN'attends pas dans ce regardVers la vallée des ronciersLes sonnailles et les clarinesElles ne tinteront plus Qui s'en retournaientDe l'estive en flânant Et qui languissaientComme le berger et son chienLe champ bouleverséTrahit... [Lire la suite]
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dimanche 20 novembre 2011

COMME UNE MAIN QUI SE REFERME...Extrait

Quand nous reverrons le blé battu par des mains d'hommeQuand nous reverrons flamber les tayolles dans le soleilQuand les trois chevaux du futur iront de front sur l'aire netteAlors nous ferons de colline à colline des feuxDes feux en souvenir du pan nocturne et de nos frères. Ils avaient en ce temps de l'été des supplicesJeté dans l'air leurs bras cassés, les durs fléauxDe l'avenir. On les avait battus à mort, le grain, la paille,Et l'espoir demeurait vivace ; leur sang coulait comme un soleil. Dans les champs et les rues, le... [Lire la suite]
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