mercredi 26 juillet 2017

DISSOUDRE

Regarde les tes pierres grises et sales Tu dis qu’en les retournant on y trouve Des grenades tranchées des rouges qui ruissellent Et l’or des fous qui pleure le long de la blessure Vive Regarde ce que tu vois et que personne Ne veut voir et remets les pierres en place Garde pour toi les cris le feulement et l’herbe Couchée sous les deux corps qui s’enlacent La trace de l’étreinte et le goût sombre du baiser Toutes les Eurydice dans les bras de Maman Perséphone Concierge de l’Enfer qui fait cuire ses poireaux Le monde qui a l’odeur des... [Lire la suite]
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dimanche 2 juillet 2017

NIZAR QABBANI

" Je bruis de tes mots, de ton souvenir, comme se gargarise de ses eaux la fontaine de la maison andalouse. Je ne peux plus garder ton prénom pour moi. Que peut faire la rose de son parfum, que peuvent faire les champs de leurs épis, le paon de sa queue et la lampe ancienne de son huile? Les gens te voient en goutte de pluie sur mon épaule, en bouton doré à la manche de ma chemise, en livre sacré accroché à mon porte-clés, en blessure oubliée sur les rives de mes lèvres: non je ne peux plus te cacher a personne. Trahi par la touffeur... [Lire la suite]
lundi 22 mai 2017

RINA LASNIER...Extrait

On n’enterre pas le sang décharné de la servitudeni le sang désarmé de l’amour inutilisé ;on ne retire pas le cri de la bouche comme une clef,on ne suture pas la pierre fissurée d’une soif.La chaux vive du sang qui n'a point dormi,tu l'entendras liquéfier la dalle des morts,traverser ses étapes de neige étoufféeet siffler en remarchant tout son hiver.On n'enterre pas le talon poudreux de la foudreni la fureur tendre du fruit piétiné ;le sang retourné sur sa racine comme un décombres'est armé tout droit d'une moisson fruste de... [Lire la suite]
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dimanche 5 mars 2017

VISITEURS AUX PORTES DU JARDIN

Pareils à ces arbres qui voyagent dans les textes ils se mettent en marche à la lueur des amandiers pressés d’atteindre l’eau qui flambe depuis un millénaire dans un village en mal d’oiseaux et qui à contre-orage repart à vide. Visiteurs aux portes du Jardin leur cercle s’élargit comme des chats miroitants que dessine la peur sur les murs des cathédrales abandonnées. Toujours la même ligne infranchissable toujours la même errance le même mort la même griffe la même blessure une botte sur le cœur et cette lune qu’ils tiennent serrée... [Lire la suite]
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vendredi 27 janvier 2017

POEMES A SAMUEL WOOD...Extrait

Feindre d’ignorer les lois de la nature,Réincarner en songe la forme abolie,Prêter au mirage les vertus d’un miracleEst-ce pour autant faire échec à la mort ?Tout au plus douter qu’elle nous sépare,Que soit un fait le fait de n’être nulle part Irréparable cassure. Prenons-en acte. Nous voilà désolés la vie durant,notre mémoire ouverte comme une blessure,C’est en elle que nous la verrons encoreMais captive de son image, mais recluseDans cette obscurité dévoranteOù, pour lier son infortune à la nôtre,Nous rêvions d’aller nous perdre... [Lire la suite]
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mardi 17 janvier 2017

NE PARLE PAS AUX SOLEILS GRIS

Ne parle pas d’amour aux oiseaux des murs Tiens-toi tranquille ne dérange pas l’horizon du silence Sois secret comme l’île peuplée de totems et de lances Retiens ce qu’il reste de nuit sous tes paupières En cas de détresse danse danse danse Jusqu’à ce que Mère Terre écoute ta blessure Danse jusqu’à ce que tes dents blanches rient Mais ne parle pas d’avenir infini aux soleils gris aux lunes de tristesse et d’errance.   .   ANDRE LAUDE   .   Oeuvre Qin Tianzhu

dimanche 30 octobre 2016

L'ÂME BLESSEE D'UN ELEPHANT NOIR...Extrait

  C’est de l’étoile que naissent toutes les légendes   la légende de la lumière dans le ciel noir dans la clairière de l’ombre dans l’éclair des tempêtes   la légende de la nuit à l’heure des ténèbres   Ô mon fils !   tu apprendras à la forêt à être fière de l’arbre   Mamonomé ! eh Da ! l’âme blessée d’un éléphant noir reconnaît en toi son adresse ... Si ton intinéraire te désavoueaccepte de tomber sans précaution. La chuteest humaine. Ne pleure pas. Elle est le témoinde la... [Lire la suite]
mercredi 12 octobre 2016

NE T'EXCUSE PAS...Extrait

Pour notre patrie, proche de la parole divine, un toit de nuages. Pour notre patrie, distante des attributs du nom, une carte de l'absence. Pour notre patrie, petite comme un grain de sésame, un horizon céleste...et un abîme caché. Pour notre patrie, pauvre comme les ailes de la grouse, des Livres saints...et une blessure à l'identité. Pour notre patrie, aux collines assiégées déchiquetées, les embuscades du passé nouveau. Pour notre patrie, butin de guerre, le droit de mourir consumée d'amour. Pierre précieuse dans... [Lire la suite]
lundi 19 septembre 2016

LE LIVRE DES QUESTIONS...Extrait

Le passé a la voix de chaque empreinte, de chaque caresse ou blessure laissées par nous au sol et autour ou faites à un être. Une chambre est peuplée de bruits divers qu'ordonne le silence. Tu les écoutes à l'instant où, pareils à un vol de voluptueux phalènes, ils s'approchent de la lampe pour être brûlés. Ton corps, comme le mien, répond de mille marques invisibles dont nous sommes seuls à connaître et à taire l'histoire.   .   EDMOND JABES   .
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dimanche 18 septembre 2016

PROSES ANDALOUSES...Extrait

... Je te porte en moi, Grenade, ma blessure. Je t’investis de mémoire et de songe Quand luit, sous le feuillage des paupières, Ta lente parabole. Je te confère une évidence de pierre Dans la profuse exaltation des myrtes, Et tes créneaux lacèrent une légende Où vont rêvant d’indicibles sultanes Je te porte en moi, ma blessure, Grenade Couronné d’ombre et de fontaines, J’écoute Dieu s’épandre Dans l’or obscur des arabesques Tandis qu’un pas envoûte l’Albaïcin Entre des fronts de neige dure Et monte aux grottes où... [Lire la suite]