lundi 27 décembre 2010

POUR QUE VIVE LE JOUR

A tâtons sur la croupe des fées,     une giroflée, en robe de bal,     saupoudre son pistil de gouttes de cristal.      Tout à côté, dans l'herbe,     une libellule, affublée de lumière,     imite la lune et son chapeau de lait.      Un moineau, qui passe par là,   y trempe un biscuit,  son bec et des pinceaux.     '' Pour dessiner une ombre au-dessus du coteau,     il est encore trop tôt, il... [Lire la suite]
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vendredi 13 août 2010

LA-BAS

    Là-bas,     il y avait la houle     et sa liturgie d'écume.      Jamais foulés,     les rivages rêvaient de larmes,     d'échappées belles.      Les branchies tutoyaient les élytres,     le rocher disait la hanche,     énigme salée.       Là-bas, aux confins de la parole,   la bouche pleine des premières étoiles,     nous chevauchions.   ... [Lire la suite]
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dimanche 1 août 2010

LES LILAS VONT MOURIR

Au fond des yeux   masques de carnaval,   prunes vertes,   manège enchanté.   Dans le noisetier   une corneille s'est posée.   Au rouet d'âge tendre   le chanvre s'est rompu,   les lilas vont mourir.   La robe rouge, écorchée,   ne veut plus gambader.   Les gestes, pliés,   dorment dans les livres.   Le jardin grappille   ses dernières groseilles.   Au bord des lèvres   un sentier s'est perdu.   Une vieille pluie   a rouillé ... [Lire la suite]
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samedi 13 février 2010

A L'OMBRE DU FIGUIER

Toutes ces chambres,   ces rives,   que le sommeil a quittées   pour dépoussiérer la pluie.   Comment nous reconnaître   dans les méandres   de la nuit ?   Comment nous rejoindre   sous les dépouilles de la soif ?   Je serai près des traces,   proche du vertige   et de l'essor du vent.   Je recoudrai l'ombre à la lumière   pour libérer des glaces   ta présence muette.   Que ma bouche recueille   l'ambre déconcertante,   la violente... [Lire la suite]
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samedi 21 novembre 2009

GRAND LARGE

Si tu passes par cette page, ce sera pour couvrir le silence de nénuphars et de bambous, ou pour poser ton rire en touches claires sur les reflets, non pour épépiner les mots. Les galets sortiront de leurs tiroirs, le saule quittera son armoire, le ciel signera ses frasques d'un autre bleu.Dans la chambre au milieu des mots,  au milieu des eaux, tu laisseras bruire écailles d'argent, feuillages d'écriture. En vareuse de lune, la voyelle la plus légère enjambera la marge, rejoindra le Sud et ses langues d'encens. Les pleins... [Lire la suite]
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mercredi 21 octobre 2009

LOIN DE CETTE TERRE

C'était loin de cette terre.C'était une cime, une épaule. L'orient, virginal,éclaboussait nos cellules,fulgurait dans les pierres.Nous étionsau seuil de la femme,prêts à souleverson rideau d'albâtre.Grouillante de sèves et de blanches orchidées,sa nuque se ployait, à peine,sous la lente caresse du fleuve.Balbutiement des moelles,éclosion du regard.Quelque chose en nouspressentait le flocon, le sang, le voyage.C'était au tempsdu gîte pluvieux,des fougères au goût aigre.Dans la tourbe,levait tout un peuplede saisons,et la femme, rendue... [Lire la suite]
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lundi 5 octobre 2009

LA MAISON D'ETE

Tu me vois passer,   sous de mystérieuses fenêtres,   le front mouillé d'étoiles.   Un beau geste de feu   enfle et s'épaissit,   et la voix est ardente   sur la pierre de nuit.   Maîtresse des lointains,   de leurs parois de verre,   je suis antre ligneuse,   ventre bombé   où s'abîme le cri.   Haute flamme rouge   qui sent l'épicéa,   je m'accouple à l'espace   et nos bouches sagaces   déchiffrent le couchant.   J'écarte l'inanimé, ... [Lire la suite]
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dimanche 9 août 2009

JUSQU'AU BOUT DE LA VIE

Tu marcherasjusqu'au bout de la page.Entre tes orteilsquelques mots oubliésressurgirontpâles, à peine mouillés.Après avoir franchides oasis, des oseraies,l'herbe et le sablete donnerontle chiffre de l'eau.Calligraphie mouvanteaux lettres caduques,signes laminéspar le sel et ta sueur.Baigne ton visagedans ce boueux limonpour ôter, à jamais,l'aridité de ton regard.Ne crainsni l'incandescence,ni la violence du verbe. Femme, plus belle que le désir, tu t'agenouilleras et écouteras se dévêtir les paroles les plus... [Lire la suite]
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mardi 4 août 2009

ORACLES DES VIEILLES EAUX

Le désir fou d'être là, A remonter sur ta nuque L'épais drap de mer, A lire, à rebours, Ton cadastre d'écume. Le temps est si lent Qui trace sur ton dos Son abécédaire de vent. Le temps est si lent Que poussent sous ses doigts La fleur de l'oranger, Une langue commune, Une promesse de ciel Pour les oiseaux. Vaste papyrus, la mer, Sans cesse, Dessine ses rouleaux, Dépoussière les langues, Déroule bras et nageoires. Cellules, tourbe, sable, Sel, sang,... [Lire la suite]
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