vendredi 8 décembre 2017

UN GOÛT DE FRUIT MÛR...Extrait

Pensées vers Agnès  . Crois-tu que le bleu de l'encre couvrira les cris ? Crois-tu que l'encre couvrira le gris ?   C'est dire qui fait mal. C'est mettre en mots cette longue nécessité cette respiration hachée jamais apaisée.     C'est dire les angles morts les poussées   les passages de travers l'encore informe qui fait mal.     C'est crever les ombres éprouver les figures enfanter le chant supporter la lenteur du silence.     C'est s'abandonner à la... [Lire la suite]

mercredi 6 décembre 2017

SOLEIL DES GREVES...Extrait

Faut-il que flamboie la blessureafin que germe la parole Ta vie à jamais lestéedu poids d’un silenceRestent pour le regardquelques traces d’oiseaux sur le sable Et pour le chantla musique du nom gravé Soleil des grèves   .   JEAN  LAVOUE Ed. Calligrammes, 1996 www.enfancedesarbres.com   .  
Posté par emmila à 18:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mardi 24 octobre 2017

LE CHANT DES CIGALES...Extrait

On dit donc que les cigales étaient des hommes avant la naissance des Muses. Quand le chant naquit avec les Muses, plusieurs des hommes de ce temps furent si transportés de plaisir que la passion de chanter leur fit oublier le boire et le manger, et qu'ils moururent sans même s'en apercevoir. C'est d'eux que naquit ensuite la race des cigales, qui a reçu des Muses le privilège de n'avoir aucun besoin de nourriture. Du moment qu'elles viennent au monde, elles chantent sans boire ni manger jusqu'au terme de leur existence, puis elles... [Lire la suite]
Posté par emmila à 10:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 23 octobre 2017

IL Y A DES JOURS COMME CA

... On attend le frissonà nos pulsations agrippéou terré plus loinquand la paroleéchappe.On attend le soufflele balbutiementla note perduela voix vagabondant Il y a des jourscomme çaoù rien ne vient.On attend le poèmele chant puren équilibreentre deux mondes.On attend le silencel’écriture du silenceou son illusion.On aimerait être prochede l'immense.La rage au cœuron attend l’espace étroit.Un rythme alterneforce à s’immobiliserà dériverancrage ratéentre les racines et la terregriffures au-dedansharpon de colèrerouge tapageur... [Lire la suite]
vendredi 20 octobre 2017

COMMENT

Comment n’entends-tu pas mon amour silencieux et muet La mer le dit pour moi en battant son jeu de vagues bavardes La pluie l’étale au carrefour Le répète à chaque citerne assoiffée Ou bien le chante en notes discrètes au feuillage surpris Comment n’entends-tu pas le silence du soleil La cadence du silence Ce qui vit en silence dans le jardin des yeux La rancune gonflée d’absence Et la valse immobile des élans étouffés Comment Dire Suggérer Faire comprendre Mes bras toujours tendus Mon corps toujours malade Mon... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
jeudi 19 octobre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Tels des naufragés de haute mer certains souvenirs s'arrachent à l'oubli par vagues folles aux crocs d'écume, gueules hurlantes d'incendie Longtemps après, je les retrouve parmi les coquillages sur le sable brûlé, paroles exténuées, paroles nues -- lavées de tout. Un chant de femme très doux, la lyre d'une ancienne muse, le vent peut-être...     .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .        

dimanche 1 octobre 2017

PASSENT LES NUAGES

Entends-tu, entends-tu dans les taillis le chant des enfants, ces voix qui s’élèvent au-dessus des arbres d’argent se perdent dans la nuit prochaine, se taisent lentement et se confondent avec le ciel qu’efface la nuit. Les fils brillants de la pluie s’entrelacent aux arbres et bruissent en silence dans l’herbe blanche, entends-tu leurs voix, as-tu vu leurs cheveux aux peignes rouges, et leurs paumes ouvertes, tendues vers le feuillage humide ? « Passent les nuages, les nuages passent et meurent. » Ainsi chantent les... [Lire la suite]
mardi 26 septembre 2017

CHANT NOIR..

Le silence des pierres je l'entends chanter parfois quand la pluie pianote en rythme sur leurs têtes grises Et la mer mugir quand le vent fouille le ciel en vrac désempile les draps blancs des nuages brise au sol les vases fanés de la colère Le tonnerre je l'entends mille chevaux au galop sur l'eau noire mille soldats en armure déchiquettent l'horizon J'entends battre le coeur de la terre parfois quand il s'arrête en ondes confuses sourdre d'entre les morts battant les champs le sang des fleuves des fleurs des tempes Je... [Lire la suite]
samedi 23 septembre 2017

POURQUOI DES POETES EN TEMPS DE MANQUE ?

" La poésie de nos jours est-elle un sujet d'étonnement ? De dérision plutôt. Non pas aux yeux des autres : à ceux d'abord des poètes. L'écriture, son agonie.Ne fallait-il pas découvrir les pièges où la poésie facilement se laissait prendre ? Ce mythe de l'innocence ou de l'unité grâce auquel les poètes ont pu vivre en ces temps du manque, ou survivre, angélisme, a-t-on dit, respectant, perpétuant le schéma reli­gieux : poésie, paradis. Le poème avait mission de purifier, il le pouvait, ses mots parti­cipaient à l'être et tendaient... [Lire la suite]
dimanche 17 septembre 2017

JACKY MICAELLI...UMAGGIU

        ... Cependant ce que je sais, et dont je peux témoigner, c’est que cette voix est unique, qu’elle vous bouleverse, et que quand elle vous surprend sur les bancs d’une église ou sur un strapontin, quelque-chose d’indéfinissable se joue, de l’ordre du viscéral, de l’intime résonance ; que quand sa note décroche dans le vertigineux abîme d’un mélisme hérité de nos plus anciennes traditions (et que beaucoup aujourd’hui négligent), c’est la voix de l’enfant affamé qu’on entend, le berger qui, avec son... [Lire la suite]