jeudi 7 décembre 2017

MEMOIRES DES PLUIES

Combien de fois les pluies de l’aube m’emportèrenten rêve sur leur chemin lentement et heureuse,vers le cristal des champs, entre des files de pins,recherchant les bienfaits d’une lumière étonnante ;   Combien de fois les ai-je vues revenir aux fenêtreséteintes, parmi les arbres égarés dans les tumultespurs de leurs ondes, enlacées aux rubansdu souvenir qui peuple ces murs transparents.   Je les entendis, éblouie, frapper sur les lucarnesavec la suave insistance qui précède les éclairs,alors que dans le feuillage... [Lire la suite]

mercredi 29 novembre 2017

JEAN-MICHEL MAULPOIX...Extrait

La promenade n'est pas aussi éloquente que le voyage. Un murmure lui suffit, c'est pourquoi elle aime tant longer les ruisseaux. Attentive, elle écoute et ne parle guère. Son allure est légère, son souffle est régulier, rien n'affole son haleine. Si parfois son cœur bat plus vite, ce n'est pas qu'elle se précipite, mais qu'elle s'immobilise. Tout près, le monde a sursauté : l'envol d'un oiseau tressaillant dans les feuilles, un rayon de soleil ou quelque coup de vent, coup d'amour, coup de grâce...La promenade aime les surprises, ces... [Lire la suite]
mardi 28 novembre 2017

MORCEAUX DE CIEL, PRESQUE RIEN...Extrait

Ecarte cette pierrede mon chemin, car ma fatigueest devenue trop vieille, j’ai perdu le sommeilje ne sais où, j’hésiteentre une chose et son contraire, jeje veux l’espaceet quelqu’un me repousse contre un mur,y a-t-il du bruitdans le dehors, du feu, des fruits très lourdssur les arbrestoutest si loin, tout me blesse, et cette pierreque je porte au ventre,arrache-là.     . CLAUDE ESTEBAN   .     Photographie Raoul Ubac      
vendredi 24 novembre 2017

L'OUVERTURE DU MIROIR ET AUTRES...Extrait

Le désespoir même s’est lassé désormais de rejouer la partie que je perds toujours où il m’attend sans surprise embusqué au bord du chemin pour m’offrir un moment sa compagnie glacée et s’éloigne laissant entre nous la distance de son ombre qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide dans l’abîme des rêves sans lumière que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube tremblant au fond du chemin.   .   DELPHINE POPOVIC   .   Photographie Bernard Liégeois
Posté par emmila à 22:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 19 novembre 2017

CAROLE DAWSON

J'écris sur une peau de brume Pour effleurer l'instant Comme on apprivoise le vent Un soupir Me glisse entre les doigts Et me ravit un peu de moi J'erre sur le chemin Où silence est roi Sans bruit, je me dessine un destin Mais je marcherai toujours avec espoir Jusqu'aux froissements des petits matins Pour déposer des bouquets d'aurores Dans la paume de tes mains Et ainsi entrevoir Ta lumière Cousue de bleu et d'or Avant que ne s'effacent les mémoires De ces jours éphémères   .     © CAROLE  DAWSON   ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
vendredi 10 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Il est étroit ce chemin de vie bordé de squelettes d'arbres noirs comme les aubes mortes. Il est étroit et froid de neiges enlacées ce chemin à l'écart où nos visages se perdent comme des mains des lèvres pour jamais.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI     .    

vendredi 3 novembre 2017

L'ENFANCE LUCIDE...Extrait

Mes poches craquent de montagnesJe porte l’océanle vent et la douceurla violence des rougeset le tourment des eauxLa rumeur des courées et le cri des étoilesme pèsent dans les yeuxLe rire des chevaux et le poids d’une enfance meretiennent au paysJe n’irai pas bien loinDites à la lumière qu’elle ne m’attende pas. . ARLETTE CHAUMORCELin L’enfance lucide anthologieUnimuse, 1989   .     Oeuvre Philippe Charpentier    
Posté par emmila à 11:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 30 octobre 2017

MA VIE GRAPILLE DE CI DE LA

Au bout de l’heure tragique, j’ai perdu le contrôle de ma vitesse intérieure. Je me suis abandonné à l’hégémonie du souffle et il m’a percuté de sa lame tranchante.  La différence n’est pas toujours là où on le croit. Etonnant ce corps qui vieilli et dont on conserve la sensation d’avoir toujours vingt ans. Sans doute, pour tous ceux qui ont connu l’handicap dès la première heure, la notion de différence n’égale pas celle de la comparaison. Le déchirement de nos pensées et de l’estime que l’on se porte peut nous être fatal.... [Lire la suite]
vendredi 27 octobre 2017

RECHERCHE

N’entre que dans la cathédrale des hommes qui doutent. C’est largement suffisant pour s’y perdre et trouver le sens d’une route. Tu trouveras en eux la flamme des silex, la caresse des corps en larmes, l’édifice indispensable des vieilles villes. Les ports n’existent que parce qu’il y a des océans. Là-haut n’est qu’une catastrophe de mensonges et d’à-peu-près. Préfère-lui la complexité des étoiles, le vertige des trous noirs, l’opiniâtreté des chercheurs de langues et la douceur nommée des longues soirées d’automne. Mais ne crache... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
dimanche 22 octobre 2017

LA NAISSANCE DU JOUR...EXTRAIT

 …Un faible sirocco, silencieux, va d’un bout de la chambre à l’autre. Il ne ventile pas plus la pièce que ne ferait un hibou prisonnier. Quand j’aurai quitté ces pages, couleur de jour clair dans la nuit, j’irai dormir sur le matelas de raphia, dehors. Le ciel entier tourne, sur la tête de ceux qui reposent à la belle étoile, et, si je m’éveille une ou deux fois avant le grand jour, la course des larges étoiles, que je ne retrouve plus à la même place, me donne un peu de vertige… Certaines fins de nuits sont si froides que la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,