mercredi 18 novembre 2015

HERITAGE DE LA STUPEUR ...Extrait

Il faut quelqu'un pour mourir. Et quelqu'un pour regarder mourir. Une fleur, un vase. Un baiser, une bouche. Un regard pour celui qui part, un regard pour celui qui veille. Ce don des larmes retenues, ce mouvement secret des sources au centre des pupilles, inachevé jusqu'à la mort et longtemps après, tissé du premier au dernier souffle entre la mère et l'enfant, laisse fléchir le monde doucement dans sa sagesse. Il s'agenouille devant le dieu de celui qui part. De celui qui s'éloigne sans se retourner. Sans revenir sur ses pas. Même... [Lire la suite]
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samedi 19 septembre 2015

LEÏLA ZHOUR

La solitude est comme du chocolat. Amère et douce à la fois, elle a l'âpreté de notre condition, tout comme la cocotte de pâques garde trace de la dureté du cacao brut. Etre seul, c'est parfois être confronté à un insoutenable isolement. Enfermé dans la ronde des pensées, on se heurte aux barreaux du silence, et même un cri dans les montagnes n'est encore que de la solitude. Confiné dans le secret de l'esprit, les sentiments entrent en guerre avec les mots. Plus on parle, plus on rencontre de monde, plus on mesure combien hermétique... [Lire la suite]
jeudi 10 septembre 2015

N'OUBLIE PAS LES CHEVAUX ECUMANTS DU PASSE...Extrait

"Lorsque nous confondons le passé avec ses désastres et ses faillites, sa poussière et ses ruines, nous perdons accès à ce qui se dissimule derrière ; à l'abri des regards : le trésor inépuisable, le patrimoine fertile... Car bon gré mal gré nous vivons sur l'acquis multimillénaire de ceux qui nous ont précédés. Nous foulons la terre des morts, habitons leurs maisons, bien souvent ensemençons leurs terres, cueillons les fruits des arbres qu'ils ont plantés, terminons les phrases qu'ils ont commencées. Pas un coin de rue, pas une... [Lire la suite]
mercredi 26 août 2015

CARNET I...Extrait

"Instant d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde s'élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant d'avoir désiré. L'éternité est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de moi-même à moi-même. Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. On se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de... [Lire la suite]
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samedi 1 août 2015

AGNES SCHNELL...Extrait

Mémoirede ronces encombréede fleuves prisonnière.Mémoire de poussièresde terre marneused'enfance excessiveégarée parfois. Mémoire bleu profondoù le regard de l'autrecomme un espace à conquérirse révèle.  Levée de l'odeur dominanted’altéré et de moisi opiniâtres.Des images s'opposenttu choisis l'étroitela plus brèvetu t'y accroches.  De vieux villagesbâtis de suie,aux fenêtres avaresdes femmes uséeset d'autres crucifiéespar l'habitude.  Mémoire insistanteagressiveballe traçantedans la conscience.Un... [Lire la suite]
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lundi 10 novembre 2014

DERRIERE LE DOS DE DIEU...Extrait

Avoir conscience de ma vie finie. De l’infinité infinie immanente des mondes. De la relativité de toute connaissance. Le plaisir et le déplaisir parfois de regarder, d’entendre de sentir de penser les choses, humaines et non humaines, l’obscurité et la lumière. Trouver des mots pour essayer de dire. Écrire ce quelque chose qu’on appelle un poème, sachant qu’on ne sait pas ce que c’est .   .   LORAND GASPAR   .      
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samedi 25 octobre 2014

LETTRE A FRANCOIS HOLLANDE...Extrait

La poésie n'est pas qu'un jeu gratuit sur les mots. Même si cette dimension ludique fait partie de ses possibilités. Ou si c'est un jeu, il est vital, comme est vital le jeu pour le développement de l'enfant et sa aptitude à grandir. La poésie est la manifestation de la capacité des êtres humains à « habiter le monde », à le faire leur, à s'ouvrir aux autres, à ressentir plus vivement le réel en même temps qu'à le rêver, à le transformer par le recours à l'imagination. Elle est, au meilleur d'elle, une lucidité sensible, une des... [Lire la suite]
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samedi 4 octobre 2014

L'INCURIE INCREMENTEE A LA SEVE DU JOUR

Crier à bout de souffle revient à déchirer les derniers copeaux d’ombre qui éclaboussent mes landes dévastées. Hurler sa rage clôture l’étouffement des griefs portés en bandoulière comme la nonchalance de son amour-propre. L’espérance prodiguée par la perte, n’est-elle pas sans conditions ? Je veux dire, l’espoir n’est-il pas fondé à partir du moment où il rivalise avec la réalité qui nous opprime ?   Consentir à quoi, à qui ? Je ne souscris pas forcément à mon ressenti. Comment se percevoir soi-même et de... [Lire la suite]
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mardi 12 août 2014

GAZA...LA TERRE REMISE

  .   Je vais m’enregistrer… pour exprimer quelque chose que j’ai du mal à exprimer… mon témoignage de mère… que l’on dit indigne. Je n’ai pas envie qu’on s’apitoie sur mon sort, ni qu’on sache si j’ai raison ou si j’ai tort d’exposer mes enfants… de ne pas craindre pour eux… la mort. Je suis à bout de souffle… de les voir vivre toujours au bord du gouffre. C’est l’air qui nous manque et on en souffre… terriblement. Je voudrais témoigner… et je ne sais plus par où commencer… Peut-être parce que je sens que la fin... [Lire la suite]
dimanche 1 juin 2014

JULIO CORTAZAR

Pas de larmes si les plantes poussent sur ton balcon, pas de tristesse si de nouveau la course blonde des nuages t’est donnée pour preuve de l’immobilité, de cette permanence parmi tout ce qui fuit. Car le nuage sera ici, constant dans son inconstance, quand toi, quand moi – mais à quoi bon nommer la poussière et la cendre. Oui, nous nous abusions, croyant que passer dans le jour relevait de l’éphémère, l’eau qui glisse sur les feuilles jusqu’à se perdre dans le sol. N’a de durée que l’éphémère, cette plante idiote que ne connaît pas... [Lire la suite]