jeudi 6 septembre 2018

ON ENTEND LES OISEAUX/ SE OYEN LOS PAJAROS

  L’aube. On entend les oiseaux comme perdus dans la brume; le silence élève leurs chants jusqu’à la pénombre de la pièce. Il perçoit un très faible tremblement qui fait frémir la peau qu’il aime, douce dans son rêve. Très lentement il la recouvre du drap pour éviter qu’elle ne s’éveille. Mais déjà des bras l'enveloppaient et s’accrochaient à son corps: éternité fut ici douceur miel et jasmin. Bien plus tard on entendait encore le chant des oiseaux.      .     El alba. Se... [Lire la suite]

dimanche 2 septembre 2018

LE COFFRET DE SANTAL....Extrait

C’est moi seul que je veux charmer en écrivant Les rêves bienheureux que me dicte le vent, Les souvenirs que j’ai des baisers de sa bouche, De ses yeux, ciels troublés où le soleil se couche, Des frissons que mon cou garde de ses bras blancs,De l’abandon royal qui me livrait ses flancs.Or que le vent discret fait chuchoter les chênes Et que le soleil soûle, aux clairières prochaines, Vipères et lézards endormis dans le thym, Couché sur le sol sec, je pense au temps lointain. Je me dis que je... [Lire la suite]
Posté par emmila à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,
lundi 27 août 2018

LES LARMES...Extrait

Un jour, des doigts osent, de façon circonspecte, lente, timide, furtive, muette, une seconde, se poser sur l'avant-bras de l'autre corps qui se trouve en face des yeux. Un autre jour, la paume de la main forme comme une coque qui se referme sur le dos de la main qu'elle regarde et la main, sous la main, ne se retire pas. Les corps se font soudain plus proches de façon mystérieuse, d'un coup, sans qu'ils s'approchent en aucune façon. Un jour, ils semblent à jamais proches, sans qu'ils aient besoin de bouger. Puis la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 17 août 2018

ECLATS ET BRECHES...Extrait

Est-ce bien nousce tremblement fragile du cielce rire évanoui ?Nous sommes brèches, éclats ,explosions éphémères Les creux laissés par nos corpssur la plagese sont remplis de sableplus d'une foisNos cris ont la fragilité de la craie,la vitesse du goéland Nos tendresses sont torturées Nos mots s'ėcaillentNos rêves n'ont pas toujours le tempsde nous parvenirEt c'est dans cette incertitudeque nous nous plaisons à vivre. .     COLETTE GIBELIN       .   Oeuvre Max Gasparini
mardi 7 août 2018

LA MAISON PRES DE LA MER...Extrait

  Et il s’agit bien de ce peu Que j’ai vu vibrer sur une aile Allumer l’inconnu d’un corps                          Il y a eu des échanges si simples Entre un silence en nous que l’on tourne Brève rafale de l’esprit  Dehors le calme revenu La mer ravaudait ses filets                             Matins où le monde s’étonne Mu par la main d’un nouveau-né Entre rai lumineux... [Lire la suite]
Posté par emmila à 01:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
lundi 30 juillet 2018

LE CORPS UTOPIQUE...Extrait

Or, si l'on songe que l'image du miroir est logée pour nous dans un espace inaccessible, et que nous ne pourrons jamais être là où sera notre cadavre, si l'on songe que le miroir et le cadavre sont eux-mêmes dans un un invincible ailleurs, alors on découvre que seules des utopies peuvent refermer sur elles mêmes et cacher un instant l'utopie profonde et souveraine de notre corps. Peut-être faudrait-il dire aussi que faire l'amour, c'est sentir son corps se refermer sur soi, c'est enfin exister hors de toute utopie, avec toute sa... [Lire la suite]

mardi 24 juillet 2018

ALORS BEAUTE

Alors beauté tu es venue tu m’as je crois demandé l’heure je resterais là dans la rue devant toi pour l’éternitéEt devant toi voir-être vu et pénétrer dans l’inconnu devenir ta raison secrèteEtre éclairé par le mystère et être admis par l’interdit être écouté par l’inouï et reflété par la merveille et le mirer aussi bien qu’elle Tes yeux d’enfant enclos dans l’ombre deviendrais-tu plus belle en montant l’escalier et de grâce parfaite au septième palierEt les fleurs du mancenillier sur le papier peint de sa Chambre Tes yeux jardins... [Lire la suite]
mardi 24 juillet 2018

LES FLEURS DU MAL...Extrait

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,Et revis mon passé blotti dans tes genoux.Car à quoi bon chercher tes beautés langoureusesAilleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux ?Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses   .     CHARLES BAUDELAIRE     . Oeuvre August Macke
Posté par emmila à 08:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mardi 29 mai 2018

CARNETS DE MARCHE...Extraits

  Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couchesencore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre. Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine. Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le... [Lire la suite]
mercredi 23 mai 2018

ODES RETROUVEES...Extrait

  " Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;Si je pense, si je ressens, j'ignoreQui est celui qui pense, qui ressent.Je suis seulement le lieuOù l'on pense, où l'on ressent. "   .   " Nous habitons la vie en hôtes, nous usonsPour un temps de son cours,D'un amour douteux, d'un bref sommeil, et d'un jourEn mal de tous les jours. "     .     RICARDO REIS Héteronyme de Fernando Pessoa  Traduction du portugais par Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel ... [Lire la suite]