samedi 15 juillet 2017

L'ECART

Souvent j'habite mon corps jusqu'aux creux des aisselles Je me grave dans ce corps jusqu'aux limites des doigts Je déchiffre mon ventre Je savoure mon souffle Je navigue dans mes veines à l'allure du sang Sur mes pommettes la brise prend appui Mes mains touchent aux choses Contre ma chair ta chair m'établit Souvent d'être mon corps j'ai vécu Et je vis Souvent d'un point sans lieu Ce corps je l'entrevois martelé par les jours assailli par le temps Souvent d'un point sans lieu J'assourdis mon histoire De l'avant à l'après je... [Lire la suite]

dimanche 9 juillet 2017

ECLAT D'UNE POETIQUE DE L'INACCOMPLI, LIVRE 5...Extrait

No siempre se puede tocar el alma profunda. — Robarte de tus labios un beso abrasador. * S.V. . Nous avons traversé des orages, des tempêtes, les hautes solitudes, les profondes douleurs. Ne fût-ce que cela la vie ? La mort, n'était-ce que cela. — Vers l'haut-delà ? Des joies, — l'éclair, du bonheur, — l'éblouissement. — Or, j'avance somnambule, entre rêve et réel. Et j'ai outrepassé le visible, — le cap vers l'inconnu, — l'invisible. Nous serions donc passés, comme des fantômes pressés. Pourquoi ce brouillard, ce perpétuel... [Lire la suite]
samedi 8 juillet 2017

SOMMEIL BLESSE

Tu respires dans un autre mondevivante à peine et soulevée par un nuage de poudretirée en arrière par des troupes de fuméeset sourde à l’eau des lèvresaux coups de grâceau beau rêve humide de la nuitqui rejette dans le sommeilles armées d’ombelles qui te lèchent les jambesla poitrine nue où batl’haleine d’une longue paresseavec des bouquets de feu dans les cheveuxdans tes mains trop grandes pour retenir la merque j’entends ruisseler au fond des routeset j’aiguise le tranchant de la viesur ta belle peau mouillée de soupirs.   . ... [Lire la suite]
mardi 27 juin 2017

LUIS CERNUDA...Extrait

J'étais étendu et j'avais dans mes bras un corps comme de la soie. Je lui baisai les lèvres, car le fleuve passait au-dessous. Alors il se moqua de mon amour. Ses épaules semblaient deux ailes repliées. Je lui baisai les épaules, car l'eau bruissait au-dessous de nous. Alors il pleura en sentant la brûlure de mes lèvres. C'était un corps si merveilleux qu'il s'évanouit entre mes bras. Je baisai sa trace: mes larmes l'effacèrent. Comme l'eau continuait à couler, j'y laissai tomber un poignard, une aile et une ombre.   .   ... [Lire la suite]
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samedi 24 juin 2017

DES ESPOIRS A VIVRE...Extrait

Pardonnez-moi pardonnez-moi si j’écris un poème c’est que je suis comme vous je ne sais où donner du corps du cœur et de la tête si ce qui est fixé sur mes épaules peut encore porter ce nom car ils l’ont pris pour une photo de fichier une photo d’identité un numéro de matricule un montant d’impôt une unité de recensement un ballon pour jouer avec des pieds et des mains c’est pour cela que j’écris pour montrer le henné de ma main avant de monter la largeur de mes épaules et la blancheur de mes talons je veux... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]

vendredi 2 juin 2017

JUDITH CHAVANNE

Pourtant, il y a de la douceur, la façon comme un sourire en avril que le prunus et le cerisier ont d’éclore ; à des carrefours, la marche suspendue le temps qu’on hésite, et le corps qui prend avec grâce une pause inconnue ; le rythme plus lent sur lequel se prononce une amie, comme pour nous laisser le temps de nous installer dans une parole partagée ; et cette place qu’on s’accorde aussi en aimant en secret, destinant des pensées que l’on sait pouvoir être reçues. Il ne suffit pas que l’âme soit effleurée mais on peut sans... [Lire la suite]
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jeudi 4 mai 2017

LE SEL DE LA VIE ...Extrait

" L'événement s'envole, mais reste l'essentiel, inscrit dans le corps, qui resurgit au charme furtif d'une évocation, au frisson d'une sensation, à la force étonnamment vive et parfois incompréhensible d'une émotion. À quoi cela tient-il sinon à cette voix intérieure brûlante, cette dynamo vitale dont nous ne savons même pas que nous l'avons élaborée au fil du temps. Le souvenir n'est plus mais la mémoire sensuelle du corps parle toujours. Nous sommes un tissu muni de capteurs qui enregistrent des empreintes tenaces lesquelles nous... [Lire la suite]
jeudi 4 mai 2017

JEAN JOUBERT...Extrait

Tout te ressemble et te chante à mi-voix, L’arbre, le vent, la gorge des collines, L’eau qui sommeille et les veines du bois, Le feu couvant au coeur d’une racine. Ton corps s’étire aux courbes du salpêtre, Dans un roseau s’apprivoise ton sang Et sur le givre affolé des fenêtres Une main s’ouvre et me jette ton gant. Rien qui ne soit ton geste, ta parole Et cette plaie toujours mal refermée Dans ma mémoire et cette parabole Que je suis seul encore à déchiffrer. Si je te fuis près d’autres amoureuses Ta bouche nue se mêle à nos... [Lire la suite]
Posté par emmila à 09:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 8 mars 2017

HOMMAGE A MAYA ANGELOU

 Je suis femme par les deux plateaux de mes mains Comme deux générosités ouvertes Je suis femme par la savane brûlée de mes yeux Et par le bouclier de mon front  derrière lequel luttent mes pensées et mes rêves Je suis femme par l’audace de mes lèvres où viennent pondre les baisers Je suis femme par l’écho de mon prénom qui roule dans les vallées de la vie Je suis femme par l’étreinte de mes bras autour du soleil Je suis femme par le berceau de mon ventre Je suis femme par la poulie de mes hanches où remonte l’eau... [Lire la suite]