mardi 15 octobre 2013

DESERT DU DESIR

Le mur qui sépare le jour de la nuit ne monte pas jusqu'au ciel ; c'est une palissade qui ceint un terrain vague où s'ébattent des corps. Seul l'enfant rieur l'escalade sans se retourner. Délaissant regrets et mélancolie, il tourne le dos au temps.   La cour est nue où l'amour consacra ses jeux.   Mais le temps ne renonce jamais. L'enfant, en un saut incompris, a refranchi l'obstacle dont il se jouait. Homme, il se sent perdu dans un corps trop grand pour lui. Sa liberté soudain s'est mise à flotter dans un costume de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

jeudi 29 août 2013

JE LIS TON CORPS...ET ME CULTIVE

Le jour où s'est arrêté Le dialogue entre tes seins Dans l'eau prenant leur bain Et les tribus s'affrontant pour l'eau L'ère de la décadence a commencé, Alors la guerre de la pluie fut déclarée Par les nuages Pour une très longue durée, La grève des vols fut déclenchée Par la gente ailée, Les épis ont refusé De porter leurs semences Et la terre a pris la ressemblance D'une lampe à gaz. Le jour où ils m'ont de la tribu chassé Parce qu'à l'entrée de la tente j'ai déposé Un poème L'heure de la déchéance a sonné. L'ère de la décadence... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 21 novembre 2012

ANTONIN ARTAUD

L’Angoisse qui fait les fous. L’Angoisse qui fait les suicidés. L’Angoisse qui fait les damnés. L’Angoisse que la médecine ne connaît pas. L’Angoisse que votre docteur n’entend pas. L’Angoisse qui lèse la vie. L’Angoisse qui pince la corde ombilical de la vie. Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n’ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit de disposer de mon angoisse, d’une angoisse en moi aussi fine... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 11 novembre 2012

MIROIR DE LA LUGE NOIRE

Tu as dit : Mon visage est navire, mon corps est une île,    et l’eau, organes désirants. Tu as dit : Ta poitrine est une vague,    nuit qui déferle sous mes seins. Le soleil est ma prison ancienne, Le soleil est ma nouvelle prison, La mort est fête et chant. M’as-tu entendu ? Je suis autre que cette nuit, autre Que son lit souple et lumineux. Mon corps est ma couverture, tissu Dont j’ai cousu les fils avec mon sang. Je me suis égaré et dans mon corps était mon errance… J’ai donné les vents aux feuilles, J’ai... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
jeudi 6 septembre 2012

LA TABLE DE VEILLE...Extrait

Mon “ devoir de lumière ”. Qu’en est-il ? Ecrire n’est jamais que l’un de mes outils. Pauvre. Peu efficace. Archaïque comme le plantoir pourrissant au bord du puits. Combien pourtant je sarcle, bine, remue l’humus, remue la croûte, remue les racines, remue le vent, les ombres, mon âme. Et rien ne bouge. Ou si peu. Habiter la chair et le verbe. Habiter la joie - si possible - d’être vivant. Habiter non pas une maison, mais le printemps à venir, qui frémit déjà au ras du sol, visible dans ces pousses de jonquilles qui crèvent la... [Lire la suite]
lundi 3 septembre 2012

CHANT III

Le verre se brisait d’une eau si pure ; il fallait un verre comme ta voix, une cruche comme le matin, ma soif autour de la terre déserte. Le jour se fêlait d’un son si clair ; il fallait un verre comme ton silence, une coupe comme l’automne, me taire d’un pôle à l’autre. La nuit se brisait d’un vol si subit ; il fallait un verre comme ta vie, un récipient comme ton sang, mon vide tombant dans le vide. Le ciel est resté derrière, le corps devance le futur, l’éternité passe. De toi à moi l’air tombe blessé. La terre est un oiseau... [Lire la suite]

lundi 12 décembre 2011

CORPS A L'HORIZON

 Et les ténèbres se sont ouvertes une nouvelle fois, et ont dévoilé un corps :   tes cheveux, épais automne, chute d'eau solaire, ta bouche et la blanche discipline de ses dents cannibales prisonnières des marécages.   Ta peau de pain à peine doré et tes yeux de sucre brûlé sites où le temps n'a pas de cours, vallées que seules mes lèvres connaissent défilé de la lune qui qui monte vers ta gorge depuis tes seins cascade pétrifiée de ta nuque haut plateau de ton ventre, plage sans fin de ton flanc   ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 19:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 21 août 2011

LA LUMIERE DU CHEMIN

 J’ai ce rêve pour aller de l’avant. Je ne sens pas la douleur, ni ne veux sentir, le soleil ni la neige, dans l’horizon brumeux. Les uns fortifient leurs bras, pas leur cœur, d’autres enrichissent leurs mains, pas leur cœur. J’ai cette Lumière pour aller de l’avant. Je ne sens ni la faim ni la soif sur le chemin, ni le vent ni la pluie ne frappent mon corps fatigué. Entre oliviers et rochers je m’assieds. Je regarde l’univers, le ciel et les nuages. J’ai ce rêve pour aller de l’avant. En silence je prends le chemin déjà... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
mercredi 8 juin 2011

VIOLON

Cette métaphore : corps-violon est belle, même si, comparé au corps, le violon est lui-même mille fois simplifié, il reste quand même, dans l’ordre de l’harmonie poétique, une équivalence. Tous deux, violon et corps, sont conducteurs de musique. Tous deux sont en somme ces purs passages : « Ce n’est que corde sèche, bois sec, peau sèche, mais il en sort la voix du bien-aimé ». La construction d’un instrument comme le violon ne peut se réaliser que par la convergence d’un savoir multiple. D’abord le bois. Le choix du bois. Le choix... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
samedi 23 avril 2011

CHOREGRAPHIES DU NU

Nus rosés Aubes descendant l'escalier Nu et son double Dans le miroir Chair contre souffle se regardent Torse majuscule Dans l'extase s'envole Esméralda Danseuse noire Papillonne rose Esmée, Alda, Parmi les signes Esméralda Se hâte, se dédouble Donne échappée au souffle Impatient En ses pas Gouffre blanc et jetés noirs Alda défie la pesanteur Esmée entrecroise nos vies Peau de la lettre, appeau de l'être Quand le corps se fait signe Calligraphe et chorège Danse affûtée sur le vide. Esmée la rose Alda la noire Esméralda... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,