mercredi 15 août 2018

PREFACE

  La poésie contemporaine ne chante plus ... Elle rampe Elle a cependant le privilège de la distinction... elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignoreOn ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex. Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou... [Lire la suite]

mercredi 25 juillet 2018

ON M'APPELLE L’ANGE DÉCHU

Le cosmos m’a enfanté J’ai quitté l’éther pour un ventre de femme J’ai quitté l'éden pour capter le chant des hommes     Je suis   La spirale de plumes éventant vos baisers Les ailes abritant vos membres emmêlés Les rémiges blanches éclairant vos alcôves Je vois vos corps frémir à l’appel Sombrer dans cet or dont je ruisselle Vous ployez sous tant de chatoyances Et je taraude vos fibres dérobées Les griffe et les lisse les tords et les caresse   Je suis le Désir qui jamais n’est comblé ... [Lire la suite]
mardi 10 juillet 2018

MON CORPS ET MOI...Extrait

 Je ne recollerai pas les morceaux du souvenir. Le ciel craquelé des puzzles ne ressuscite point la féerie. Ce que je me suis rappelé ne m'a jamais donné l'impression de vie que par de nouveaux regrets suscités. Aussi, de tous les hommes, les plus tristes et les plus malheureux m'apparaissent ceux qui naquirent doués des meilleures mémoires. Ils ne triomphent point de la mort mais, par la plus inexorable fatalité, chaque transsubstantiation qu'ils essaient, au lieu de prolonger leur passé, tue leur présent. Victimes de leur... [Lire la suite]
lundi 21 mai 2018

LE PASSANT D'ARGILE...Extrait

Je ne sais pas devenir. Je ne sais pas réussir. Je suis depuis toujours cette même question posée à la vie et ce que le poème répond.Je cherche au travers du bruit froissé des mots le chemin d'un silence. Mais je ne suis pas écrivain, ni bavard, je suis inquiet. Je suis de l'inquiétude des pauvres gens, de leurs cités et pour sûr maintenant Je ne serai plus jamais poli J'ai tant de temps d'enfance à rattraper. Je ne sais pas devenir, je suis des passants Et nous arpentons le même décor grotesque et... [Lire la suite]
dimanche 13 mai 2018

MINERAI NOIR

Quand la sueur de l'Indien se trouva brusquement tarie par le soleil Quand la frénésie de l'or draina au marché la dernière goutte de sang indien  De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d'or On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique Pour assurer la relève du désespoir Alors commença la ruée vers l'inépuisable Trésorerie de la chair noire Alors commença la bousculade échevelée ... [Lire la suite]
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jeudi 8 février 2018

LETTRE DE ROBIN RENUCCI A MADAME LA MINISTRE DE LA CULTURE

Madame la ministre de la Culture,   .Vous avez convié certain.e.s d’entre nous à la fin de l’automne à un dîner pour parler de nos différentes actions auprès des exilé.e.s qui cherchent actuellement refuge en France.Nous vous avons proposé alors d’organiser une commission dont nous étions prêt.e.s à prendre la charge, afin d’établir un dialogue avec le ministère de l’Intérieur. Nous avons insisté sur la nécessité et l’urgence d’ouvrir ce dialogue entre les artistes, les acteur.trice.s culturel.le.s et le ministère de... [Lire la suite]

vendredi 24 novembre 2017

J'ATTENDS TA VOIX

J'attends ta voixQui rompe le silenceJe t'attends toiQui brise l'absence.Dans ma solitudeJe répète ton nomA ma lassitudeJe sais mon abandon.Au seuil du désespoirJe mesure ma tristesseA l'aune de mon espoirJe te tais ma détresse.Toi l'enfant de ma chairTu m'as oubliéeMoi ta mère amèreAu désamour, condamnée.     . PALOMA GUERAN .      
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vendredi 24 novembre 2017

L'OUVERTURE DU MIROIR ET AUTRES...Extrait

Le désespoir même s’est lassé désormais de rejouer la partie que je perds toujours où il m’attend sans surprise embusqué au bord du chemin pour m’offrir un moment sa compagnie glacée et s’éloigne laissant entre nous la distance de son ombre qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide dans l’abîme des rêves sans lumière que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube tremblant au fond du chemin.   .   DELPHINE POPOVIC   .   Photographie Bernard Liégeois
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mardi 14 novembre 2017

LA FIN SE LEVE

La fin se lève. Qui a parlé. Moi, un inconnu, un fantôme. Nous habitons une terre féroce où les « Droits de l’homme » sont au mieux notre misérable butin. Dans la mort qui monte, j’entends tourner les roues maléfiques qui broientvictimes et bourreaux, pêle-mêle.Le flanc percé d’une lance longue et fourbe, l’homme saigne.La lumière a rétréci dans notre regard jusqu’à épouser la dimension de la plus minuscule piécette d’argent.La fin se lève ?Mais  nous  n’avons  pas  encore  donné ... [Lire la suite]
vendredi 3 novembre 2017

AFIN QUE NUL NE MEURE…

A la mémoire de François-Xavier Verschave et pour que la Grande Mort reste rêvée, rêvée seulement.. .   "Je t’offre ce dossier afin que nul ne meure, ni les morts d’hier, ni les ressuscités d’aujourd’hui. Je veux ma voix brutale, je ne la veux pas belle, je ne la veux pas pure, je ne la veux pas de toutes les dimensions. Je la veux de part en part déchirée, je ne veux qu’elle s’amuse car enfin, je parle de l’homme et de son refus, de la quotidienne pourriture de l’homme, de son épouvantable démission. Je veux que tu... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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