samedi 2 mai 2015

ELLE NE SUFFIT PAS L'ELOQUENCE

Elle ne suffit pas l’éloquence.Mon cœur ce soir se balanceEt glisse au fil d’une paupièreLampion de misèreQui n’éclaire pas ma nuit.Homme noir mais non d’onyx,Homme couleur de dépitTitubant par le marais des petites haines,Tu voudraisComme une alouette son miroirUn soleil où mourir avec ta peine.Tu cherches mais trop inquietPour trouver ton Reposoir.Rien ne brilleNi les yeux, ni le fer, ni l’aimant anonymeQui libèrent de mille clousTes douleursOù l’essaim des mouches au vol boiteuxDes mouches qui n’ont qu’une aileAllument de piètres... [Lire la suite]

vendredi 7 novembre 2014

LES DESESPERES

Se tiennent par la main et marchent en silence Dans ces villes éteintes que le crachin balance Ne sonnent que leurs pas pas à pas fredonnés Ils marchent en silence les désespérés Ils ont brûlé leurs ailes ils ont perdu leurs branches Tellement naufragés que la mort paraît blanche Ils reviennent d'amour ils se sont réveillés Ils marchent en silence les désespérés Et je sais leur chemin pour l'avoir cheminé Déjà plus de cent fois cent fois plus qu'à moitié Moins vieux ou plus meurtris ils vont le terminer Ils marchent en silence les... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
dimanche 17 novembre 2013

PAMPHLET CONTRE MOI-MÊME

Il est vrai que, bien vite, il me faudrait reconnaître l'outrecuidance.Pamphlet contre moi-même.Si rien ne se fait que contre quelqu'un, quelque idée ou quelque chose, encore importe-t-il que la personne, l'idée, la chose aient, pour l'esprit ou le corps en mouvement, de la précision.Mais ce serait un nuage et non un pushingball bien dur, bien net, bien exaltant que j'aurais désigné à mes propres coups de poing, de tête, de cœur.Si je me déclarais à moi-même mon propre ennemi, j'espère que, devenu d'un coup champ de bataille et point... [Lire la suite]
vendredi 9 novembre 2012

MOTS DE BRAISE ET DE SANG

Aux suicidés du travail   Je ne sais que dire devant la tragédie de ce temps temps d’humanité brisée brûlée étripée perdue   Je ne sais plus où donner de la tête que condamner encore de cette lave bouillante de crimes de meurtres de génocides de viols et de violences   Je ne sais plus quels mots dire qui rendent audible mon dégoût devant l’indifférence le silence   Quel véhicule choisir qui fasse entendre le cri des suppliciés des désespérés   Quelle voix prendre qui hurle assez fort... [Lire la suite]
vendredi 1 juin 2012

JE PENSE QUE TOUT EST FINI

Je pense que tout est finiJe pense que tous les fils sont cassés qui retenaient la toileJe pense que cela est amer et durJe pense qu’il reste dorénavant surtout à mourir. Je pense que l’obscur est difficile à supporter après la lumièreJe pense que l’obscur n’a pas de finJe pense qu’il est long de vivre quand vivre n’est plus que mourir. Je pense que le désespoir est une éponge amèrequi s’empare de tout le sang quand le cœur est détruit. Je pense que vous allez me renvoyer à la vie qui est immenseet à ce reste des femmes... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 12 mars 2012

LA VIE IMMEDIATE ...Extrait

 Au terme d’un long voyage, peut-être n’irai-je plus vers cette porte que nous con­nais­sons tous deux si bien, je n’entre­rai plus dans cette cham­bre où le déses­poir et le désir d’en finir avec le déses­poir m’ont tant de fois attiré. A force d’être un homme inca­pa­ble de sur­mon­ter son igno­rance de lui-même et du des­tin, je pren­drai peut-être parti pour des êtres dif­fé­rents de celui que j’avais inventé. A quoi leur ser­vi­rai-je ? . PAUL ELUARD .
Posté par emmila à 13:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 12 février 2012

SONNET DE LA DOUCE PLAINTE

J'ai peur de perdre la merveille de tes yeux de statue, et l'accent que, pendant la nuit, pose sur ma joue la rose solitaire de ton haleine.   J'ai peine à n'être en cette rive qu'un tronc sans branches; et ce qui me désole est de ne pas avoir la fleur, pulpe ou argile, pour le ver de ma souffrance.   Et si toi tu es mon trésor occulte, si tu es ma croix, ma douleur mouillée, si je suis bien le chien de ton domaine,   ne me laisse perdre ce que j'ai gagné et décore les eaux de ton fleuve avec des... [Lire la suite]
samedi 18 juin 2011

JE BÂTIS MA DEMEURE, POEMES 1943 - 1957...Extrait

                                                                                      Je parle de toinon de ma lampe... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 15 juin 2011

MADRID

Cette ride sinistre de la Sierra et l'horizon cerné d'un orage de fer: le ciel n'a plus un sourire plus un seul tesson d'azur pas un arc à lancer l'espoir d'une flèche de soleil les arbres déchiquetés se redressent gémissent comme des violons désacordés tout un village endormi dans la mort s'en va à la dérive quand la mitrailleuse crible la passoire du silence quand explose la cataracte de fracas que le plâtras du ciel s'écroule Et les flammes tordues lèchent dans la cité les blessures des lézardes calfatées de nuit et dans... [Lire la suite]
Posté par emmila à 14:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 20 avril 2011

LA COMPAGNE DU VANNIER

Je t'aimais.J'aimais ton visage de source raviné par l'orage et le chiffre de ton domaine enserrant mon baiser. Certains se confient à une imagination toute ronde. Aller me suffit. J'ai rapporté du désespoir un panier si petit, mon amour, qu'on a pu le tresser en osier. . RENE CHAR .  
Posté par emmila à 21:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,