lundi 26 février 2018

LETTRE A LA GHOUTA

Il y a eu une révolution en Syrie, c’est cette évidence que toute la géopolitique de comptoir, que tout l’immonde conspirationnisme de clavier, dénient depuis maintenant des années. Cette lâcheté de bistrot qui se répand sans mal du sommet de l’État jusqu’au coeur d’une certaine extrême gauche, elle ne sera pas oubliée pas plus que la dignité des habitants de la Ghouta insurgée   .   Chère Ghouta,     C’est le cœur empli de honte que je t’écris. La honte de faire partie de deux communautés qui, lâches ou... [Lire la suite]

lundi 26 février 2018

NOUS AVONS PERDU NOTRE ACCASTILLAGE D'HUMANITÉ

Nous avons perdu notre accastillaged’humaniténotre âme cassée en morceauxpar nos propres poingsnous n’avons plus de mains tenduesvers les populations civiles ciblées par des barils de clouspar des déversements de chlore nous les abandonnons Syriens vos enfants dans des couveusesn’ont pas le temps de commencer à vivreque déjà la mort guerrière les décimeimpossible de sortir de l’hôpitalvisé par des bombes incendiaireset les médecins à l’humanité sans frontièresgisent sur le sol avec leurs bistouris leurs forcepsleurs peu... [Lire la suite]
samedi 24 février 2018

ACCOINTANCES

La poussière des bombes m’étouffe, m’écrit une amie ce matin, et j’ai envie de lui répondre la poussière des bombes et celles sur ces langues sèches qui ne bougent plus, dans nos bouches brûlées de trop d’images, de trop de chiffres monstrueux derrière lesquels on ajoute Enfants Tués Enfants Cassés Humains Écrasés, la poussière de Paris, de Londres, de Berlin, de New York, je vous épargnerai Beijing où la poussière est noire, Moscou où elle est rouge de sang frais qui coule, la poussière qui est devenue notre... [Lire la suite]
vendredi 23 février 2018

SAVE GHOUTA...!

Je vous écris des entrailles de la mort... Voilà vingt ans que mon scalpel et moi sommes les meilleurs amis. Il dansait entre mes doigts et moi je faisais mon travail avec un calme olympien. À la fin de chaque journée, je soufflais au creux de son oreille : « Tu as bien œuvré, bon travail, grâce à Dieu, nous avons sauvé beaucoup de vies »Mais les choses ont changé, et mon scalpel n’est plus ce qu’il était. Mes doigts n’ont plus la force de le porter. On dirait qu’une partie de mon âme s’est enracinée entre les plis de son tranchant,... [Lire la suite]
vendredi 23 février 2018

LE DERNIER JOUR DE MA VIE

Je n’éteindrai jamais l’incendie qui m’habite, ni la chaux vive de mes ailes, ni l’incandescence sur ma peau qui se souvient de caresses anciennes. Je ne désarmerai jamais mes saines colères autour des cercueils d’enfants, ni mon dégoût de toute l’injustice arrogante des hommes. Mes fatigues traverseront ce désert où seul je cherchais l’ombre d’une oasis et l’eau fraîche d’un frère choisi. Non je n’effacerai jamais les mots absents de mon père, leur naïve ferveur sur des pages sans voix. Pour que revienne l’enchantement d’une autre... [Lire la suite]
Posté par emmila à 00:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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jeudi 22 février 2018

MOMENT VITAL

Plus que deux mots Dans ma besace de misère, à côté du couteau au manche d’olivierDont j’ai tordu la pointe dans je ne sais quelle rencontreEt de la ficelle, du mouchoir bleu, à plonger dans la merQu’il devienne rougeDe ces hontes dont nous détournons les yeuxNe sont ils pas de notre espèce, ceux qui nagent, s’étouffent et s’enfoncent,Et sont ce des statues ces enfants pétrifiés couverts de cendreDans des villes crevées par les bombes vendues par nos pays ?Quels pays ? nous n’en sommes plus que les esclaves muets,Pendant ce... [Lire la suite]
dimanche 11 février 2018

PATRICK CHEMIN ...Extrait

Les heures de la nuit sont de pâles fiancées au chevet de l’insomnie. Ce qui précède et ce qui suit. Les soucis.Je ne sais pas s’il est possible de trouver la paix dans toute cette prose archaïque de la survie. S’il suffisait d’écrire, en bas de page, des notes de lecture pour ne pas se perdre. Petits poucets égarés dans la forêt de la nécessité.Cécité du destin. Il est difficile d’apprendre quand chaque jour est opaque.Je le dis et s’il faut le dire plus fort, je porterai la voix. Ce monde manque cruellement de tendresse et de... [Lire la suite]
mardi 4 février 2014

THEATRE DE L'HORREUR

Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur On le voit tous les jours Dans des villes aux tours prétentieuses Où les plus fortunés s'emmuraillent Décor macabre d’enfants et de petits vieux En lambeaux, faim et soif Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur Pas de musique. Tumulte de pas déserteurs Qui se hâtent dans les rues des patries Expatriées Chef-d’œuvre du théâtre de l’horreur Des hommes en pierre, tendus Immobiles, hurlant au silence Des yeux ravis d’assassins armés contre les affamés Des craquements de bouches et de ventres mendiants Des... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 1 juin 2011

CLAMEUR

OUI,L'homme est un OUIMais c'est un NON aussi.Non, au mépris,Non au meurtre de ce qu'il y a de plus humain dans l'humain : la liberté.Des tonnes de chaînes,des orages de coups,des fleuves de crachatsruissellent sur mes épaules.Je sentis naître en moi des lames de couteau.Et plus violente retentit ma clameur.Eiah !Je suis nègre.Mais je n'ai pas le droit de me laisser ancrer.Non !Je n'ai pas le droit de venir et de crier ma haine.- Pas le droit,de souhaiter la cristallisation d'une culpabilité envers le passé de ma race -Dois-je me... [Lire la suite]
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