samedi 14 juillet 2018

ANA NON...Extraits

Ma solitude, c'est quatre lits où s'épanouissaient quatre corps d'hommes, jadis. Vides, les lits. Morts, les hommes. Ma solitude, c'est une barque blessée dans son corps , qui se dessèche au bord de la mer, barque désertée que n'accueille plus le salut des mouettes tous les petits matins de la joie du retour. Ma solitude, c'est ce nom heureux que je ne pourrai pas donner à mes petits-enfants, morts avant d'être nés. Ma solitude, c'est ce nom de grand-mère que je n'entendrai jamais, sauf dans le trou noir de mes rêves. ... La main... [Lire la suite]

jeudi 7 juin 2018

LA FEMME SOLITUDE...Extrait

La peau grêlée des pierres tremble de l'intérieur --cette peau qui n'est plus frissonmais lave éteinte parmi les villes mortes.Le tonnerre gronde et mord la chair verte de la merà déchiqueter le deuil du ciel,à broyer les braises des étoiles.Toute une couvée d'oragehabite les yeux des chats errants, aimante la peur au ventretoujours bleu. Petite fleur du soir que le matin chiffonne,petite soeur des mots aimantsque les grands froids fustigent,Il existe un sol plus noir, plus fertile,une forêt d'arbres frères où les... [Lire la suite]
mercredi 6 décembre 2017

Il A NEIGE TANT DE SILENCE...Extrait

Sans autre signe, sans nul autre prologue que la nuit, sertir l’espoir du monde dans l’amande du poème. Mais en cet enclos si précaire, qui saurait lire en filigrane l’éternel ? Quelle lumière filtre et graine sans l’inflexion d’une voix si ténue ? Langes ou linceul, naissance ou deuil, comment traduire ce que les mots recèlent ? Il a neigé tant de silence sur la page, que ce qui fut jadis écrit porte le sceau des sans-visage.     .   GILLES BAUDRY   .          
mardi 5 septembre 2017

MARIO BENEDETTI

Chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie comme s'ils n'avaient jamais existé les yeux combustibles de l'âme ou les lèvres de la peine orpheline chaque fois qu'ils nous donnent des cours d'amnésie et nous pressent d'effacer l'ivresse de la souffrance je suis convaincu que ma région n'est pas le divertissement d'autres   dans ma région il y a des calvaires d'absence des souches futures/des banlieues de deuil mais aussi des candeurs de hanche des pianos qui tirent des larmes des cadavres qui regardent... [Lire la suite]
samedi 29 juillet 2017

LES OBSCURCIS...Extrait

 .. Elle s'invente un jardin    Y met un arbre avec son ombre d'origine    ses oiseaux polyglottes    ses feuilles en papier d' Arménie   des fruits mâles des fruits femelles   qui se battent comme des chiffonniers   se réconcilient sur l'oreiller  et cette fleur riche d'une aile qui fait son miel dans la couche du  bourdon      Elle sort de ses poches des objets qu'elle aligne par ordre de... [Lire la suite]
vendredi 28 juillet 2017

EPITRE LANGUE LOUVE - FRAGMENT I - UN BESOIN DE LUMIERE

…où l’homme ne loue plus les immortels qu’en soupirant sans cesse Hölderlin . De lumière un besoin de lumière dans une obscurité un sentiment d’obscurité un besoin de lumière lucide au vif argent des oliviers d’une lumière équitable dans une obscurité où passe le noir de femmes endeuillées un besoin d’ouvert de la lumière Qu’arrive-t-il lorsque la vie se déserte ? questionne-t-elle. Quand la vie se déduit d’elle-même ? Et qu’elle éclabousse ou de sang ou de larmes. Lorsque les mots vont comme chat à la litière.... [Lire la suite]
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vendredi 16 juin 2017

HYMNE A LA NUIT...Extrait

"Un jour que je laissais couler des larmes amères, que mon espérance, décomposée, s’anéantissait en douleur et que je me tenais solitaire près du tertre aride qui dérobait en son étroite et sombre dimension la Figure de ma vie - solitaire comme nul solitaire encore ne le fut, étreint par une angoisse indicible - sans force, n’étant plus qu’une pensée de détresse. - Comme je cherchais une aide des yeux, que je ne pouvais ni avancer ni reculer, et que je m’agrippais avec un regret infini à la vie fuyante qui s’éteignait : - alors... [Lire la suite]
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jeudi 30 mars 2017

COLETTE GIBELIN...Extrait

Le monde est éblouissant et insaisissable Il passe de mains en mains, s'échappe, oiseau de feu et de glace mêlés Ses mille visages se confondent Ta voix de tambour ou mon clavecin Mes cerisiers, ou tes pommes cannelle Mille éclats de couleurs, cristal brisé, transparences perdues et regagnées Tu prends mon deuil et m'offres la lumière en ses moissons de ciel Je porte ta souffrance et te donne ma joie conquise sur l'effroi Le monde, mon ami, C'est toi, c'est moi, Même regard d'aubes froissées, Même ténacité De toute nuit faire... [Lire la suite]
samedi 25 mars 2017

LE FOU DE LA CASBAH...Extrait

Merci à Adéla pour m'avoir fait connaitre ce poète   Amour de Lumière étends tes ailes Et vaccine les âmes nues pour les immuniser contre le courant du mal . Amour de Lumière étends tes ailes Et rafraichis le visage brulant De celui qui pleure le deuil de sa Terre natale meurtrie . Amour de Lumière étends tes ailes Et allège la douleur de la plaie Recouverte par la voie de la consolation . Amour de Lumière étends tes ailes Et guide les âmes indécises Vers l'horizon des vastes connaissances . Amour de Lumière n'as- tu pas... [Lire la suite]
vendredi 16 décembre 2016

JE ME SUIS RECONNU...Extrait

Le tyran a posé devant lui ses mains nues et, seul devant ces mains étrangères, ces Mères presque exsangues sur le drap pourpre des nations, seul contre ces ménades pâles de l’histoire dont l’ombre lacère sans trêve l’univers, il fixe leur blancheur funèbre dans les âges il sent la nuit grandir derrière elles, le sang les soulever jusqu’au regard de dieu qui juge ! Les siècles neigeront en vain sur ces déserts et le sang vainement saturera leur poudre, ils sont blancs jusqu’au sang même dont ils sont teints et nus, jusqu’à la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 15:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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