mardi 21 novembre 2017

ANNE MARGUERITE MILLELIRI...Extrait

Un grand silence en brise l'âme pousse vers l'oubli toujours à ses mots ravalés la douleur obtuse. Au-delà sur l'arc bleu des glaciers Il y a cette étincelle qui rosit l'amour et le ciel et le froid et l'effroi. En dérive vers le sud une voile balbutie Quel sera son chant neuf ? Parmi les herbes déjà mortes dans le vent tranchant des dunes ne me laisse pas mourir si tu m'aimes.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .   Photographie Raoul Ubac  

vendredi 18 août 2017

CINQUIEME MEDITATION...Extrait

Les arbres de l'infinie douleur,Les nuages de l'infinie joie,Se donnent parfois signe de vie,À la lisière du vaste été.Les alouettes passent à traversSans rien saisir de leurs paroles,Une source les retiendra seulePour donner à boire aux morts.   .     FRANCOIS CHENG   .   Photographie Thami Benkirane  
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mercredi 26 juillet 2017

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE SA VIE

Ce jour-là, je ne me doutais pas que mon appétit pour la vie changerait à l’effet d’autant de brutalité. L’heure n’est donc pas à la réthorique, ni à la figure stylistique, vous me pardonnerez. Il était à peu près quatorze heures quand mon collaborateur posa ses bagages dans ma modeste demeure, empruntée pour mes congés. Nous ne manquions pas de travail, mais avec le soleil pour gouvernail, nous fumes guidés -contre notre volonté, c’est évident- au restaurant de la plage pour y déjeuner, avec la résolution d’ensuite échanger nos... [Lire la suite]
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mercredi 26 juillet 2017

TOUTE PERSONNE QUI TOMBE A DES AILES...Extrait

Mes doutes, amers et inassouvis,s'écoulent dans les profondeurs du soir.La fatigue chante à mon oreille.J'écoute...Ce n'était pourtant qu'hier!Cela vient et toujours repart!Je connais les chemins du sommeil jusqu'aux contrées  les plus tendres.Je ne veux jamais plus y aller.Je ne sais pas encore où le lac sombreaccomplira mon tourment.Il y aurait là-bas un miroir,clair et impénétrable,désireux de nous montrer,étincelants de douleur,le fond et la raison des choses.   .     INGEBORG BACHMANN     . ... [Lire la suite]
mercredi 26 juillet 2017

LA CLARTE DES HEURES INHIBEES

Tu es présente comme une dérobée aux vestiges du bleu. Je suis friable à la nuit qui m’ensorcelle. Tout ce qui disparaît est une clarté dans de l’eau sèche. Dans ce court-circuit de vide, la parole est une fusillade du langage. Chaque mot devient un projectile vivace. Nos adolescences nous ont chargés des fièvres qui augurent la brûlure. Sac à dos de tourments que nous n’avons pas eu le temps de défaire. Notre enfance commune siffle sur les parois de ma mémoire. Tantôt comme des étourneaux joueurs, tantôt comme des coups de rasoirs... [Lire la suite]
samedi 8 juillet 2017

ICARE OU LA CHUTE...Extrait

Les ailes pèsent sur ses veines.Debout le corps tendu de désiril se détache du stablese projette vers le vide.Muscles os souffles'allongent jusqu'à la douleur.Il s'arracherejette les entravesemporte l'aride de ses désertssa haute solitude aussi.Long cri d'oiseaucoléreux impatient.Long cri d'avidité de terreur.Bras étendushappé par l'invisibleil rythme battements et souffle.Le poids inerte des ailes- si pesant puisqu'il est étranger -le poids le freine un peu.Lente montéetrop lente pour l'exalté,ce n'est pas l'ivresse attenduemais des... [Lire la suite]

vendredi 16 juin 2017

HYMNE A LA NUIT...Extrait

"Un jour que je laissais couler des larmes amères, que mon espérance, décomposée, s’anéantissait en douleur et que je me tenais solitaire près du tertre aride qui dérobait en son étroite et sombre dimension la Figure de ma vie - solitaire comme nul solitaire encore ne le fut, étreint par une angoisse indicible - sans force, n’étant plus qu’une pensée de détresse. - Comme je cherchais une aide des yeux, que je ne pouvais ni avancer ni reculer, et que je m’agrippais avec un regret infini à la vie fuyante qui s’éteignait : - alors... [Lire la suite]
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samedi 8 avril 2017

JE VAIS PARLER DE L'ESPERANCE

« Je contemple la douleur de l’affamé et m’aperçois que sa faim est tellement éloignée de ma souffrance que je pourrais bien jeûner jusqu’à en mourir, de ma tombe jaillirait toujours au moins un brin d’herbe. Il en va de même de celui qui aime. Quel sang que le sien, si bien engendré pour le mien qui n’a ni source ni fin ! » Je n’éprouve pas cette douleur en tant que César Vallejo. Je ne souffre pas de moi en tant qu’artiste, en tant qu’homme, ni même en tant que simple être vivant. Je n’éprouve pas cette douleur en tant que... [Lire la suite]
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samedi 25 mars 2017

LE FOU DE LA CASBAH...Extrait

Merci à Adéla pour m'avoir fait connaitre ce poète   Amour de Lumière étends tes ailes Et vaccine les âmes nues pour les immuniser contre le courant du mal . Amour de Lumière étends tes ailes Et rafraichis le visage brulant De celui qui pleure le deuil de sa Terre natale meurtrie . Amour de Lumière étends tes ailes Et allège la douleur de la plaie Recouverte par la voie de la consolation . Amour de Lumière étends tes ailes Et guide les âmes indécises Vers l'horizon des vastes connaissances . Amour de Lumière n'as- tu pas... [Lire la suite]
jeudi 2 mars 2017

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Recroquevillée dans ta solitude, l'amie, tu replies doucereusement tes flammes sur l’hameçon d’un cœur froid tel un voilier qui amarre, capturant timidement la sensualité insipide du mauvais port. Ravagée par les serres rapaces des aventures grossières enivrées de goujateries, ta colère sonne l’hymne pesant du temps qui se brise sur le temple où sèchent tes prières. Tu chantes et bouges d’illusions, vibrante et attendrie comme une pitié sacrée. Les amours sont d’essences mortelles quand l’idylle est contrefaite ; ainsi, d’irréel en... [Lire la suite]