mercredi 12 juillet 2017

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

Ne rechigne pas à la dépense. Quand tu ne lui arracherais que des loques, il te faut écrire comme si tu devais liquider la mer. Les mots sont tout ce qu'il te reste : lance toi à l'assaut de ce bleu. Tu dois courir encore derrière la mer. Il t'appartient d'en modifier la teinte, comme de recolorer de temps en temps le ciel, et de rhabiller ses fantômes avec des vêtements neufs. Pour se perpétuer, l'invisible a besoin de figures. L'infini est avide de formes. Il ne prend corps que sur ses bords où se conjoignent le large et le rivage,... [Lire la suite]

lundi 22 mai 2017

LES SECRETS DE L'ECRITURE

Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe Ni pour les habitués d’une cité lacustre Pour l’écolier attentif à son cœur Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille Entre mes bras depuis cent ans Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage N’entend pas la rumeur terrestre de son sang Ni l’herbe le flatter doucement au visage J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons La neige pure ainsi qu’une main féminine Et le pollen éparpillé sur les gazons Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes J’écris pour dépasser la... [Lire la suite]
samedi 6 mai 2017

ART POETIQUE

Sur les voies où tu tentes d’avancer en écriture tu voudrais effleurer les mots de la pointe des pieds, t’efforçant d’allégir ton être le plus possible, diminuer le poids de ta chair et de ton esprit. Retenir pour mieux donner n’est chose paradoxale que pour adeptes de raccourcis embobelineurs, de traits d’arc et de couleurs vives, éclats de paroles dont l’enjeu prioritaire est sans doute de briller comme les étoiles, qu’on sait cachées dans leur lumière. Alors, précaution première : écrire un minimum. Bizarrerie : exprimer avec... [Lire la suite]
jeudi 4 mai 2017

FRENCH DREAM...Extrait

 « Je ne sais pas enfin, quand je relis le mot destin qui s’est glissé sur la page un peu plus haut sans que je le pense réellement, si je dois fondre en sanglots ou rire aux éclats, sautantsottement en cognant ma tête contre le mur le mieux serait d’alterner rires et larmes engrimaçant ,tant ce mot est dans mon esprit associé à la grandeur, la gloire, l’immortalité. Il est inapproprié en fait de nommer destin une chienne de vie menée sans laisse au jour le jour,dont une grande partie est consumée dans des bars sordides « trous à... [Lire la suite]
lundi 24 avril 2017

DERNIER POEME

" Mon dernier poème au Peuple Haïtien avant de quitter le sol qui m’a vu naître écrit le 29 novembre 2016. Ce Peuple en gestation d’une nouvelle victoire contre l’obscurantisme." Gérald Bloncourt . La colèreest en moije hume l’existenceje me heurteaux fils de fer barbelésde la désespéranceje franchis les ruisseauxboueux de l’inquiétudeMartissant, Carreour-feuille,Bizoton, Jérémie, Jacmel,Pétionville, Port-au-prince,l‘Ile de la Gonave,bruissants de misèreL’azur est en folieTout se mêleS’entrecroiseEt se noueJe sonde l’espace... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

LE DANSEUR DE CORDE, PORTRAIT DU POETE EN FUNAMBULE ...Extrait

Il avance dans la langue avec la main, en faisant aller et grincer la plume sur le papier, puisque telle est l'écriture.Qu'y a-t-il dans la main qui trace des lignes, sinon, encore, des lignes : de vie, de coeur, de chance dit-on... Que fait le poète qui écrit, sinon déposer à même la blancheur l'empreinte de ces lignes-là, jusqu'à signer un texte de son identité? Elle est celle d'un destin (ligne de vie), et d'une parole destinée (ligne de coeur d'une voix « tendue vers un autre »).« Je ne fais pas de différence entre un poème et une... [Lire la suite]

dimanche 19 mars 2017

J'ECRIS

J’écris avec la tyrannie des misères J’écris avec mes processions de poète errant J’écris avec les jachères sèches de la terre J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent J’écris avec cent milliards de balles à tirer Dans la cervelle des bobards les jambes des voleurs La couronne des bavards la bourse des guerriers Le calcul des imbéciles sur l’échelle des grandeurs   .   MONCEF GHACHEM    .     Oeuvre Luisa Sartori  
dimanche 12 mars 2017

LA VAGABONDE...Extrait

"Écrire, pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de flêchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé de papillon-fée… Écrire… C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 7 mars 2017

MOTS FRUITS, MOTS SAUVAGES

Certains livres étaient des pêches dont je buvais le jus   la tête renverséed’autres des coquillages d’où s’évadaient les fables. Frissonnaient sur mon front telle une frange de   cheveux sombresles neiges, les mirages, les criquets pèlerins de   l’inconnaissable.Je dérivais dans l’ombre au sein d’une glace sans tainétrangleuse d’imagescaressant au passage le pelage des monstresguidé par la volupté à tête chercheuse éperdue de   liqueursavide de froisser les dessous mauves de... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 15 février 2017

LE LIVRE OUBLIE

Des souris des morts je te sauve ô livre innocent qu’a laissé le fugitif fantôme d’un peuple passager fatigué de ses songes Avec toi tes lettres bouclées ont côtoyé la vérité du pain ont coulé même dans l’haleine lente du cèdre sont devenues passions saveurs de mondes musique dans le registre figé des deuils la théorie des morgues où les morts attendaient leur nom sont devenues silence pour ceux qui apprenaient la cruelle leçon du deuil devant la mère diaphane deviendront procédures d’aurore pour alléger le monde On t’avait oublié... [Lire la suite]