vendredi 21 juillet 2017

L'HEURE PRESENTE...Extrait

Tu regardes vivre le soir. Le ciel, la terreNus, allongés sur leur couche commune.Et lui, rien que nuées,Il se penche sur elle, prend dans ses mainsSa face respectée.Dieu ? Non, mieux que cela. La voixQui se porte, essoufflée, au-devant d'une autreEt riante désire son désir,Anxieuse de donner plus que de prendre.Ne vas-tu pas penser, ce soir encore,Que puissent devenir un même souffleLa matière, l'esprit ? Que de leur étreinteApaisée, desserrée,De la couleur, de l'or retomberait,Quelque débris de verre, taché de boue,Mais à briller,... [Lire la suite]

vendredi 7 juillet 2017

JEAN LAVOUE...Extrait

Ce sel de nos vies Si lent à se former À éclairer nos pas À révéler nos nuits Cette lampe des jours Si fermement tenue Ce brasier à l'intime Cet Amour en surplus Ce sable que rien n'étreint Ni le tic-tac des heures Nul rivage nulle enfance Pas un battement d'ailes Ce mystère en secret Dont le rien nous enfante Ce fil jamais rompu Ce souffle si ténu La bonté sans calcul Ce fruit inattendu Cette joie d'héritage Cette chance en éclats Ce matin sans limites Où le ciel est donné Du soleil aux racines Où deux ne font plus qu'un Ce... [Lire la suite]
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mardi 27 juin 2017

JONAS

Jeu dérisoire de celui - d'une espèce oubliée sans doute - qui d'un chaos de lettres continue à faire des mondes qui désire écrire limpide comme vient un simple bonjour comme tinte un matin toscan & qui dans les ténèbres du grand poisson biblique fait clignoter son morse obstinément - pour qui? - Pour quelques enfants que fascinent d'étranges robots occupés à pulvériser des planètes Ou pour le dieu omniscient qui a tout conçu de travers & qui cherche à tâtons dans son fouillis céleste ses lunettes qu'il a une fois de plus... [Lire la suite]
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samedi 24 juin 2017

EXPRESSION DU VOYAGE INTERIEUR

«Aux dernières tables de la nuit Et pour en être là que faut-il Je rêve à des femmes comme des poèmes Dans l’alphabet des oiseaux Lorsque l’amour est une momie Les gens qui dorment comme des oiseaux Chacun un cristal de nuit Sont des petits jardins Plongés dans l’eau des rêves Où tout est fou Rêves  à de grandes lunes Qui les éclairent  du dedans A perte de vue Et l’amour est une allée Jonchée de baisers  Et d’aube Ne réveillez pas l’enfant qui dort La folie est aux cimes des arbres belle de... [Lire la suite]
samedi 24 juin 2017

AUX SILLONS DU LIRE

«Toi qui sais pétrir la «pierre errante» La ciseler au ciel de l’enfance De «la semence de l’eau » surgit Transparence à l’aube des solitudes tues Faut-il attendre la moisson des orages Pour décloisonner éclairs et appels de la mort ? Ceux qui illuminent les ténèbres de l’exil Miroir fugace à la parole risquée Ton verbe tranche la fulgurance mue Afflue la source de l’immuable agonie Le Poème la reflue gravée entre mer et désert Ainsi rayonne une obscure clairvoyance Polyphonique le poème sonate Retrace la... [Lire la suite]
vendredi 16 juin 2017

JE COURS LES MAINS VIDES

J’ai l’intention de toucher à la larme des fleurs, à l’épaisseur du moindre souffle empoté comme une confiture de muguet. Certains creusent, d’autres amassent la terre du trou. La terre, notre terre est à chacun. Je glisse sur le dos du monde et mon corps avance tout seul. L’enfance que je n’ai pas eue se cache dans le foulard de son anniversaire. Je tiens la vie comme une culbute, comme une dégringolade du vertige que le chaos embrassait. Je porte en moi l’immense récipient de la foudre et des feuilles mouillées. Dans le parfum du... [Lire la suite]

jeudi 15 juin 2017

MA VALISE

À mon ami, Aziz Farès . . J'ai dans ma valise des souvenirs Une broche kabyle de ma mère Le henné qui fleurait sa main Et le souak de ses lèvres embaumées J'ai aussi une pierre muette Des ruelles discrètes de la Casbah Criblées des traces de mes rires Et de mes chroniques d'enfant J'ai dans ma valise des larmes De la pluie qui tombe sur Alger Et celles des justes râlants Sur la hampe d'un drapeau brûlé Dans le dessous de ma valise S’étend l’injuste addition de l’exil Que je règle de mes pleurs d’apatride À l’émotivité... [Lire la suite]
mardi 13 juin 2017

POUR MILA...

Pour ma petite Mila qui fête ses 13 ans aujourd'hui . Comme il s'atténue vite Le bruit sourd qui cogne À la porte du cœur, Dès que la vie nous hèle, Dès que l'espace est là, Fruit ouvert tout entier, Ce printemps de feuillages, De balançoires et de ramiers, Ce feu d'enfances éblouies, Cet orchestre habité, Comme il devient ténu Le tic-tac du temps, Et comme on rejoint vite Cette passion gourmande Et cette rage de vivre, Nougaro au piano, Les trompettes du vent Et les tam-tam maudits, Mais rien n'arrête en fait Le... [Lire la suite]
mardi 13 juin 2017

ANDRE LAUDE...Extrait

... Le paysage de l’enfance morte s’étend devant nos yeux En pure perte nous cherchons le visage du père, le visage de la mère Cette solitude n’a pas de nom, Rien qu’un immense désert ossifié. Nous avions vécu, par instants miraculeux, d’herbes folles, de fruits sauvages, acides Puis vînt le temps de la grande famine Alors nous entrâmes dans les villes avec l’allure superbe de ces lions aux ongles coupés aux crocs limés. Tout meurt sous les paupières des rêveurs obstinés, Y compris la mort. ... . ANDRE... [Lire la suite]
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lundi 12 juin 2017

LE TEXTE NATAL

Ne désespère pas d’enfin trouver la métaphore de ce qui apparaît sans naître et n’ose vraiment apparaître : vie de plume, vie de vent, vie soufflée, vie rêvée, en filigrane ou murmurée et quand la séquence s’efface dans les brumes d’et caetera, fatigué de ces tropes qui le tirent vers le Sensible, retourne vers son lieu, texte flou, texte trouble, son texte d’origine, traduit de ce qui pourrait être une langue ou un idiolecte d’un âge présymbolique, linéaire B d’une enfance qui cherche vainement son sens dans les yeux éteints d’un... [Lire la suite]