dimanche 12 novembre 2017

GRAVEMENT MALADE...Extrait

J’ai peur, petite mère, ne souffle pas sur moiFaisant, refaisant tes prières, la nuit.Je suis malade, mais comme c’est beauUne part de mon corps s’en va, comme en nageant.Pourquoi m’a-t-on ainsi tout recouvertSi soigneusement que cela me rend triste.Tandis que dans les vents lointains la villeComme des jouets d’enfants s’éclaire.Mes yeux sont fermés mais mon visage voitTu pleures, comme la lumièreEnsemble nous écoutons, dans les images lentes,Solitaires sur le mur, le destin.Petite mère, maintenant je grandis.Le roseau grandit dans le... [Lire la suite]
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vendredi 3 novembre 2017

PALESTINE II

C’est un jeu d’enfer que ce jetde pierreset de grenadesmais j’auraisaimé te lancer mon cœurdans un jeu d’enfant . ALI EL HADJI TAHARin Terres d’Afrique anthologieNDZÉ, 2011 .  
vendredi 3 novembre 2017

L'ENFANCE LUCIDE...Extrait

Mes poches craquent de montagnesJe porte l’océanle vent et la douceurla violence des rougeset le tourment des eauxLa rumeur des courées et le cri des étoilesme pèsent dans les yeuxLe rire des chevaux et le poids d’une enfance meretiennent au paysJe n’irai pas bien loinDites à la lumière qu’elle ne m’attende pas. . ARLETTE CHAUMORCELin L’enfance lucide anthologieUnimuse, 1989   .     Oeuvre Philippe Charpentier    
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vendredi 3 novembre 2017

CONGO

Fleuve essentiel me voici debout entre deux âges tu épouses toujours cette terre ensemble avec la foudre ton nom n’a pas vieilli tu me connus espiègle à la pêche debout sur ton dos tes allées de roseaux escortant ma pirogue dans le parc de tes eaux les écoliers de Poto-Poto* ont grandi à te voir au bout de leur maison nous aimions vivre de ton corps tes cils s’étendaient à l’infini au-delà de l’île-rônier maintenant que ton nom se confond avec la liberté fleuve essentiel trop tôt parti à l’Océan tu deviens l’écriture de notre soleil... [Lire la suite]
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mercredi 1 novembre 2017

ANECDOTES

En ce jour saint comme en d'autres je pense à Simon Paul et Léontine, mes chers père et mère - Henri-Louis Pallen . Mon père parlait aux grives, aux merles, aux moineaux et il avait une main droite qui savait tout faire, des objets petits ou grands, avec ingéniosité. Bricoler, comme susciter le chant d’une guitare. Ma mère aimait le café bien frais, c’est-à-dire chaud qu’elle sucrait rarement, avec du miel de lavande, ses yeux s’émerveillaient devant les roses du jardin. Elle avait des robes élégantes, elle était... [Lire la suite]
lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
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vendredi 20 octobre 2017

LA SOLITUDE DE L'ENFANT

C’est souvent tard dans la vie que nous découvrons, en leur profondeur, nos solitudes d’enfant, les solitudes de notre adolescence. C’est dans le dernier quart de la vie qu’on comprend les solitudes du premier quart en répercutant la solitude du vieil âge sur les solitudes oubliées de l’enfance. Seul, très seul, est l’enfant rêveur. Il vit dans le monde de sa rêverie. Sa solitude est moins sociale, moins dressée contre la société, que la solitude de l’homme. L’enfant connaît une rêverie naturelle de solitude, une rêverie qu’il ne faut... [Lire la suite]
samedi 7 octobre 2017

ANTHOLOGIE 3 ( 1977-2017 )

Pour mon amie Evy Aegerter (1959-2005)   . Tu n’as plus à plonger dans le puits Tu es le puits Tu n’as plus à te défier De la pluie Tu es devenue la pluie Ton corps fracassé peut se passer De souffrir Tu peux marcher sur le versant De la montagne Tu peux marcher Je ne sais qui pourra nous dire Pourquoi Je ne sais pas qui pourra nous prévenir Et si nous pourrons refaire le chemin Différemment La page se referme sur tes années d’enfance Les hommes de ta vie s’éloignent Le silence La difficulté d’aimer Tu pousses la porte... [Lire la suite]
mardi 3 octobre 2017

UNE AUTRE NAISSANCE

Toute mon existence est un verset obscur Qui se répète et te ramène À l'aube des éclosions et des croissances perpétuelles. Dans ce verset Je t'ai soupiré, j'ai soupiré Dans ce verset Je t'ai greffé à l'arbre, à l'eau, au feu. La vie, c'est peut-être, Une longue rue où une femme passe chaque jour avec un panier La vie, c'est peut-être, Une corde avec laquelle un homme se pend à une branche La vie, c'est peut-être, un enfant qui revient de l'école La vie, c'est peut-être, allumer une cigarette Dans la langueur qui s'étire entre deux... [Lire la suite]
mardi 3 octobre 2017

DANS LE JARDIN

J'enfouis mes mains dans le jardin pour y grandir...   Je suis sûre, sûre que je grandirai et qu'entre mes doigts tachés d'encre les hirondelles feront leur nid...   Je prends comme boucles d'oreilles des cerises rouges assorties.   Je colle aux ongles de mes doigts des pétales de dahlias ... Ces jours-là s’en sont allés Ces beaux jours Les jours purs et majestueux Les cieux pleins de paillettes Les branches chargées de cerises Les maisons appuyées les unes contre les autres A l’abri vert... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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