lundi 31 décembre 2018

SOLITUDE

Homme égaré dans les siècles,Ne trouveras-tu jamais un contemporain?Et celui-là qui s'avance derrière de hauts cactusIl n'a pas l'âge de ton sang qui dévale de ses montagnes,Il ne connaît pas les rivières où se trempe ton regardEt comment savoir le chiffre de sa tête recéleuse?Ah! tu aurais tant aimé les hommes de ton époqueEt tenir dans tes bras un enfant rieur de ce temps-là!Mais sur ce versant de l'EspaceTous les visages t'échappent comme l'eau et le sableTu ignores ce que connaissent même les insectes, les gouttes d'eau,Ils... [Lire la suite]

vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]
dimanche 28 octobre 2018

LE BONJOUR ET L'ADIEU...Extrait

L'air au goût de saugeabeilles et lavandes dans le même soleilombre douce de l'amandier...Le vent chasse le ventmais qui parlerait d'usure ?Les distances sont au coeurcomme neige d'avrill'âcre goût d'un signeen fraude et qui s'éteintMais la brûlure sur nos visages démuniset les traces peut-être dans la mémoireô lumière suppliciante !Pour que l'herbe retienne encorece tremblement d'espace   ...   Un creux d'herbe vivanteoù le visage même du néantarrache un peu de sa tendresseau mouvement du coeur le plus vasteet le sang... [Lire la suite]
mardi 28 août 2018

LES PLUMES D'EROS...Incipit

Désormais, l’état lumineux a changé d’orientation : il est à présent isolé et n’ouvre que sur lui-même. Si j’essaie d’en préciser la nature, je n’aperçois que sa ressemblance avec l’espace qu’autour de moi ouvre le regard. Non, ce dernier est substantiellement le même que l’état ancien mais il n’est pas environné du même lieu. L’ancien est dans mon corps : c’est une poche lumineuse qui se dilate, qui envahit tout mon volume intérieur, et qui l’illumine en abolissant toute frontière entre dehors et dedans. Le bonheur est dans cette... [Lire la suite]
samedi 4 août 2018

L'AUTRE NOM DU VENT...Extrait

Les mains sont-elles vides, quand personnen’est plus là pour les guider ? Elles se tendent,se tordent, se cassent, vouées à l’impuissance.Nous regrettons les beaux hivers que la neige attiseentre deux tempêtes, les nuits nous semblent identiques,qui s’accumulent. Nous appelons « les morts »ceux qui nous ont aimés dès qu’ils échappent à la vue, nous les mettons un peu plus à l’écart.Pourquoi nous auraient-ils abandonnés ?Nous seuls les trahissons, aucun langage n’évite de mentir, aucun ne nous permet de... [Lire la suite]
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lundi 9 juillet 2018

BRUNO ODILE...Extrait

Le temps n’existe pas, n’existe plus. Il est une matière souple et non déterminée. L’heure humaine exauce l’espace dans lequel chacun se compte par le contenu de son énergie. Une multiplication de l’infini s’ouvre au bout de nos langues et se referme sous nos pas. Ainsi, nous habitons, tour à tour, les hautes et lointaines étoiles où le cœur va, en une fraction de secondes, de la lune jusqu’à la lumière intersidérale. Et l’on passe son temps à essayer de réconcilier l’angélique regard de l’enfant à celui du vieillard aguerri de mille... [Lire la suite]
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vendredi 15 juin 2018

UNE VIE BOULEVERSEE...Extrait

Je voudrais n'écrireque des mots insérésdans un grand silence Comme cette estampeavec une branche fleuriedans un angle inférieur Quelques coups de pinceauxdélicatset tout autourun grand espace Non pas un videdisons plutôtun espace inspiré Si j'écris un jouret qu'écrirai-je au justeje voudrais tracer ainsiquelques mots au pinceausur un grand fond de silence   .     ETTY HILLESUM     .        
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vendredi 30 mars 2018

VAHE GODEL...Extrait

  Nul ne perçoit l'appel du nomade perdusans viatique en un désert sans borneshors cet oiseau sans nom dont la couleur est celledu vent – seul lui répondent sans cesse de partoutde nulle part ces invisibles oiseauxdont le chant n'est autre que celui de l'espaceaiguisé par le vent .   VAHE GODEL   .   Oeuvre Henrik Simonsen's  
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jeudi 19 octobre 2017

LA BARQUE SILENCIEUSE...Extrait

"Il n’y a pas deux aubes. Tous les matins du monde sont sans retour. Il n’y a pas deux nuits. Chaque nuit est le fond de l’espace en personne. Il n’y a pas deux fleurs, deux rosées, deux vies. Il faut dire à tout instant : Toi. Il faut dire à tout ce qui vient : Arrive."   .     PASCAL QUIGNARD     .    Oeuvre Mathilde Le Goff      
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samedi 23 septembre 2017

LE CHANT DE LA TERRE

Dans la transparence du regard, le ciel s’accouple avec la terre ; les nuages sont des sources, les feuillages, des étoiles. Depuis longtemps l’Homme s’interroge sur le fluide et sur l’opaque ; sur ce qui coule et ce qui voile ; ce qui prodigue ; ce qui recèle. Le sang provient-il des océans ; et la peau, de la glaise ? Qu’y a-t-il en deçà du commencement ? Et par delà nous-mêmes, qu’y a-t-il d’autre, qui ne soit ni le tout ni le néant ? L’Homme, arc-bouté sur ses pensées, depuis toujours se nomme,... [Lire la suite]
Posté par emmila à 23:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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