samedi 11 février 2017

REFUS

Je ne parlerai pas d’amour. Le mot s’est arrêté sur mes lèvres s’est figé s’est fermé fossilisé. Je ne dirai pas l’amour ni le chant qui s’en évade chant de joie mêlée de crainte telle l’envolée soudaine de mille oiseaux dans l’émoi dans la transe. Je sens leurs battements d’ailes l’ivresse de leur vol vers les cimes toujours plus hautes. Je sens leur passage le trouble qui jaillit au tout profond. L’espace conquis est ample et lourd et inquiétant. Pulsations d’ailes et du cœur en arythmie l’amour attache s’accroche s’épingle se... [Lire la suite]
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samedi 28 janvier 2017

LES RENCONTRES DES JOURS...Extrait

Une pensée sans mots pensée sur la pointe des pieds entre sourire d’amitié caresse inachevée silence heureux A peine l’éclair vif d’une truite au torrent la trace  s’effaçant d’une étoile filante ou l’esquisse du chant d’un oiseau très petit une pensée de toi m’a effleuré en chuchotant Je ne fais que passer C’était ta voix ta voix de vent léger sur les dunes ta voix de mer qui souffle sous une lune pâle voix de pieds nus  de feu de bois de citronnelle de la mousse d’écume aux crêtes de la vague ta voix traverse-temps qui... [Lire la suite]
vendredi 27 janvier 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME...Extrait

Destination : arbre Parcourir l'ArbreSe lier aux jardinsSe mêler aux forêtsPlonger au fond des terresPour renaître de l'argile Peu à peu S'affranchir des sols et des racinesGravir lentement le fûtEnvahir la charpenteSe greffer aux branchages Puis dans un éclat de feuillesEmbrasser l'espaceRésister aux oragesDéchiffrer les soleilsAffronter jour et nuit [...] Cheminer d'arbre en arbreExplorant l'éphémèreAller d'arbre en arbreDépistant la durée.   .     ANDREE CHEDID     .  
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lundi 23 janvier 2017

A MOTS OUVERTS

 à André Chenet et Tristan Cabral . Une pluie folle arrache la chemise des arbres. Les feuilles volent au vent comme des boutons qui pètent. Je vois les mots sortir des choses. Je les attrape au vol. Je ne joue pas aux mots comme on joue au soldat. J’en fais des parapluies, des bottines, et quelques fois des vers. Pour qu’une phrase se tienne, il faut placer les mots à la bonne place. Un semblant d’équilibre met la phrase en mouvement. La phrase n’est qu’un fil traversant le néant. Un mot mal placé suffit pour que... [Lire la suite]
vendredi 30 septembre 2016

OCTOBRE...Extrait

En mémoire d'Agnès Schnell   Et viennent de nouveau les grands beaux jours... Une fois encore, la sérénité d'octobre... L'air entoure, c'est quelque chose qui n'est pas, c'est de la place, de l'espace, c'est une absence d'oppression et de murs: l'air libre. L'étendue à peine relevée sur ses bords, ses lointains bords, comme un berceau. C'est l'air qu'on ne voit pas, qu'on boit un peu comme de l'eau fraîche, c'est tout le ciel comme un grand verre d'eau, et l'air est frais, rafraîchissant, désaltérant. On taille les haies,... [Lire la suite]
lundi 8 août 2016

UN SANG D'ENCRE...Extrait

La banlieue, même black ou basanée, ce n'est pas l'autre, mais une part de nous-mêmes entrée en dissidence. La part mal logée, mal nourrie, si mal irriguée qu'elle se gangrène. Et peut-être la plus intime, parce que la plus désenchantée. Qu'on l'oublie le jour, on la retrouve le soir, à son chevet, pour entrer dans le sommeil. Qu'est-ce donc qui leur manque, qui nous manque, en secret, dans ces parages du cœur ? Le pain ? Ils en ont assez, quoi qu’on en dise, pour ne pas crever. Du travail ? Sans doute, mais encore, mais après ?... [Lire la suite]

lundi 25 juillet 2016

UN MURMURE DE LUMIERE

Il a plu ce matin et l’eau venue du ciel adoucit de rosée les ronces de la nuit. Chaque rire d’oiseau est une vague de plume sur l’océan des feuilles. Dans la maison du temps l’espace est une porte que l’on ouvre sans main. Malgré tous les faux pas j’ajoute l’espérance à la grandeur des mots. J’ai mis sur l’absence une passerelle de phrases mais l’attraction du fleuve emporte vers la mer jusqu’à l’encre des pas. Tu as laissé en moi un murmure de lumière que même la distance ne pourra pas éteindre. Derrière... [Lire la suite]
samedi 18 juin 2016

ESPACE TEMPS...

« Le temps et l'espace vivent et prospèrent aux dépens l'un de l'autre. Quand le premier s'accroît, le second diminue et réciproquement. Tout corps se prolonge dans le temps aussi bien que dans l'espace ; sa tête baigne dans la durée, ses pieds plongent dans l'étendue. L'espace est du présent visible. Le temps est de l'espace qui s'ébranle et devient avenir ou passé. L'espace, c'est du temps étendu, du temps horizontal ; le temps, c'est de l'espace à pic, de l'espace vertical. L'espace c'est du temps qui dure ; le temps, de l'espace... [Lire la suite]
mardi 14 juin 2016

DERISOIRE

Voici que déjà mon noms’effaceet rompt avec la partitionque j’avais déroulée.Je l’ai jouée à m’y perdrea cappellaà l’envers sans répit.Les mots retournent aux lettreset les lettres aux signesréseaux hâtivement bâtisentrelacs de lignes coléreusesde points évasifs ou mourants.Voici que déjà s’amenuisel’espace tel un feuque l’on couvre brusquement,des pattes d’oiseauxsur l’humidité du sable,le fantôme d’un arbreoù le vent reste prisonnier.Que c’est étrange !Alice aux cheveux blanchis,on cherchait un lieud’écriture lenteoù déposer nos... [Lire la suite]
dimanche 22 mai 2016

CE QUI FUT SANS LUMIERE...Extrait

Peintre, Dès que je t'ai connu je t'ai fait confiance, Car tu as beau rêver tes yeux sont ouverts Et risques-tu ta pensée dans l'image Comme on trempe la main dans l'eau, tu prends le fruit  De la couleur, de la forme brisées, Tu le poses réel parmi les choses dites. Peintre, J'honore tes journées, qui ne sont rien  Que la tâche terrestre, délivrée Des hâtes qui l'aveuglent. Rien que la route Mais plus lente là-bas dans la poussière. Rien que la cime Des montagnes d'ici mais dégagée, Un instant, de l'espace. Rien que le bleu... [Lire la suite]
Posté par emmila à 18:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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