samedi 17 février 2018

DEVANCE TOUT ADIEU...Extrait

"Vivre c'est aller d'une sagesse confuse à une nouvelle sagesse conquise. Mais sur cette route, sans cesse tenté par l'art et la littérature comme par le jeu d'une pensée claire sournoisement adossée à la peur et qui se construit un univers logique et efficace contre le malheur, il me semble avoir toujours été déchiré : ce doit être la part innocente de cet enfant obstiné, caché dans la forêt, qui choisit souvent Dionysos contre Apollon, Jérusalem contre Athènes, qui préfère Maître Eckhart, Jean de la Croix à Thomas d'Aquin,... [Lire la suite]
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jeudi 15 février 2018

GEOLOGIE...Extrait

Parfois je me réveille avec un goût d’écorceen bouche, un goût qui vient de la montée des sèves.Peut-être ai-je connu un grand bonheur là-hautet dormi dans la cérémonie des branchagesquand se faisait l’accouplement des eaux du cielaprès l’hiver velu dans le tronc paternel.Peut-être dans l’enfance ou sa vaine poursuitepeut-être en ce délaissement de la lumièreai-je entendu cela qui me dit à voix basse :n’espère plus. Tiens-toi ferme dans le silence.Alors de rien, ainsi qu’un saut de truite à l’aubeje bondirai dans l’espérance, un bel... [Lire la suite]
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lundi 8 janvier 2018

LES PRODIGES ORDINAIRES...Extrait

Si quelques mots voulaient venir à son secourspeut-être traverserait-il le joursans trop mourir celui quele poids des choses conduit dansles vergers sans fruits du silence Peut-être serait-il absousd’avoir été dans un même tempsl’ange et la bêtecelui qui traquait des langagesdans l’azur et dans la paille Et si quelque parole fût-elle pauvreaimait à le prendre en pitiépeut-être s’ouvrirait-il au périlde vivre encore une journéecelui qui défaille et espère     .     ANDRE SCHMITZ     .   ... [Lire la suite]
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dimanche 22 octobre 2017

PATRICK CHEMIN...EXTRAIT

Nous sommes laissés à l’abandon par l’espérance déçue et la réalité frontale des pierres. La pluie partage la rumeur du vallon en deux. Et contre la mousse des troncs sont adossées les chimères et les amours parfaites. Ce sont des eaux anciennes qui dictent la mémoire troublée de la source. Ainsi, c’était hier, nous étions heureux d’échanger et d’échanger encore, de changer, d’échanger le mystère de notre différence. Quel est ce nuage porteur des hivers précoces. Qui est celui qui rit dans la coulisse, qui se moque du silence... [Lire la suite]
jeudi 31 août 2017

LA CHEMINEE

Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu les mots des enfants qui le peuplent les mots des femmes qu’il a aimées leurs silences Un poète est un homme qui regarde partir dans le feu le mont-de-piété de ses incantations le bois de sa vie en grande quantité Il ne se consume pas il distille l’essentiel de ses moissons il se dépouille de toutes ses vies de tout son désir Il est nu quand s’avance le poème heureux ou malheureux Mais peu importe Un poète est un homme qui place son espérance dans la cheminée ... [Lire la suite]
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jeudi 3 août 2017

PERSONNE NE ME CONSOLE PLUS

 Personne ne me console plus, ma mère. Ton cri n’arrive pas jusqu’à moi même en songe. Il n’arrive pas une plume de ton nid sur cette rive.   Les soirs bleus, est-ce toi qui attends les mulets à la porte, les mains cachées dans les plis de ta robe ? Lis-tu dans le feu les combats qui dispersent tes fils aux abords des villes ?   Un abîme entre nous, un flot nous sépare qui coule entre les digues d’où s’élève de la fumée. Ces étoiles sont-elles tiennes ? Ce vent, celui de la terre ? Est-il notre... [Lire la suite]

jeudi 3 août 2017

LA MONTAGNE PREND LA PAROLE

Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit qui ose. Je souffre de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs difficiles Où je ne puis offrir qu'une hospitalité accrochée, Moi qui tends toujours vers la verticale Et ne me nourris que de la sécheresse de l'azur. Je vois les sapins qui s'efforcent, en pèlerinage immobile, vers l'aridité de ma cime. Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m'en veuillez pas de mes arêtes hautaines ! J'ai la plus grande avidité de la mer, la grande allongée toujours mouvante que les... [Lire la suite]
samedi 22 juillet 2017

NOS MAINS DANS L'EAU

Nous remuons cette eau. Nos mains s’y cherchent, S’y effleurent parfois, formes brisées. Plus bas, c’est un courant, c’est de l’invisible, D’autres arbres, d’autres lumières, d’autres rêves.   Et vois, même ce sont d’autres couleurs. La réfraction transfigure le rouge. Était-ce un jour d’été, non, c’est l’orage Qui va « changer le ciel », et jusqu’au soir.   Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs.   Nous... [Lire la suite]
samedi 15 juillet 2017

TANT DE CORPS ET TANT D'ÂME

Captifs de l'étrange machine Qui nous mène de vie à trépas En quel lieu de ce corps en fonction De ce sang qui déambule Se fixe l'être Bâti d'élans de songes de regards Qui parle les langues du silence Qui devance mots et pensées? Qui prononce notre mort Qui instaure notre vie Qui présence ou absence Dans la mêlée des vallées et des gouffres Nous prodigue Cette sarabande de rixes et de roses Nous assigne Ce pêle-mêle de discordes et d'harmonies? Qui tissant ensemble tant de corps et tant d'âme Nous imprègne de passé Nous génère... [Lire la suite]
dimanche 2 juillet 2017

YVES BONNEFOY...Extrait

Nous plongions nos mains dans le langage, Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes Que faire, n’étant rien que nos désirs. Cette eau, notre espérance. D’autres sauront chercher à plus profond Un nouveau ciel, une nouvelle terre.   .     YVES BONNEFOY     . Oeuvre Xavier http://rlass.over-blog.fr/article-reflets-dans-l-eau-comme-des-pierres-de-lune-56464165.html
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