vendredi 19 janvier 2018

SOLEILS DES GREVES...Extrait

Aucun motne dira jamaisla joie apaisée du passage Il y eut tant de douleurssur ces rives du monde Tant de bonheursmuets Pour un printempsqui ressusciteje donnerais l'étéet l'automneet l'hiveret toutes les saisons dénudéesde mon cœur Je couvrirais de renonculesles terres obscuresde nos nuits   .     JEAN LAVOUE Soleil des grèves, Calligrammes 1996 www.enfancedesarbres.com   .  
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vendredi 5 janvier 2018

LA VENUE...Extrait

J'aime les jardins quand ils sont silencieux,Éventuellement décorés d'une roseOu d'un merle en dessous du laurier ; quand les hêtresDeviennent roux et les bouleaux dorés. Ne ditesPas ce qu'à vos yeux sont la nature et l'esprit ;Écoutez le silence où se fait la musiqueSans prétendre y figurer vos impressions.Entre nous et le ciel il y a les nuages,La plume de ceux qui volent sous les étoilesSe nourrissant des saisons du soleil. Nos pasNe laissent pas d'empreinte où nous posons le pied,Tel est le propos des muses qui ont laisséDerrière... [Lire la suite]
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vendredi 8 décembre 2017

UN GOÛT DE FRUIT MÛR...Extrait

Pensées vers Agnès  . Crois-tu que le bleu de l'encre couvrira les cris ? Crois-tu que l'encre couvrira le gris ?   C'est dire qui fait mal. C'est mettre en mots cette longue nécessité cette respiration hachée jamais apaisée.     C'est dire les angles morts les poussées   les passages de travers l'encore informe qui fait mal.     C'est crever les ombres éprouver les figures enfanter le chant supporter la lenteur du silence.     C'est s'abandonner à la... [Lire la suite]
mardi 28 novembre 2017

UN ENFANT

Où attend celle qui t’a mis au monde,Comment sourit celle qui t’a bercée,Qui a enroulé flottante une feuilleAutour de ton bourgeon,Qui t’a jeté dans la douleur et la terreHors de replis de son sein,Qui a eu le droit de te boire avec ses lèvresEt de tenir avec ses yeux ?Pour toi le jardin, des fruits le plus chéri, est suspenduAux arbres de son matin.Ô suavité ! Ô jalousie !Ô écume des ruisseaux blondsAutour du vallon herbeux et du foyer radiculaireVers la lointaine fosse ténébreuse !Ô filet à billes et dadaDans un habitacle de cloches... [Lire la suite]
samedi 4 novembre 2017

LA TRANSFIGURATION DE L'HOMME...Extrait

Il faudrait pouvoir restituer au mot « philosophie » sa signification originelle : la philosophie —- l'« amour de la sagesse » — est la science de tous les principes fondamentaux ; cette science opère avec l'intuition, qui « perçoit », et non avec la seule raison, qui « conclut ». Subjectivement parlant, l'essence de la philosophie est la certitude ; pour les modernes au contraire, l'essence de la philosophie est le doute : le philosophe est censé raisonner sans aucune prémisse (voraussetzungsloses Denken), comme si cette condition... [Lire la suite]
lundi 23 octobre 2017

L'HOMME, LA PAIX ET LES LARMES...Extrait

N’oublions pas que les premiers poètes et les premiers imagiers ont été d’instinct les chantres des sources, des gerbes, des faucilles, des charrues et des poteries. Ce n’est point que l’abstraction manquât de leur temps. Non, les richesses inscrites et comme fumantes dans le spectacle des choses leur semblaient suffire à tout emportement de plus haute essence. Aussi ce ne sont ni les peintres ni les poètes qui ont rompu toutes relations avec les simples, mais les ministres, mais ceux qui croient que la conception, les spirales de la... [Lire la suite]

dimanche 17 septembre 2017

JACKY MICAELLI...UMAGGIU

        ... Cependant ce que je sais, et dont je peux témoigner, c’est que cette voix est unique, qu’elle vous bouleverse, et que quand elle vous surprend sur les bancs d’une église ou sur un strapontin, quelque-chose d’indéfinissable se joue, de l’ordre du viscéral, de l’intime résonance ; que quand sa note décroche dans le vertigineux abîme d’un mélisme hérité de nos plus anciennes traditions (et que beaucoup aujourd’hui négligent), c’est la voix de l’enfant affamé qu’on entend, le berger qui, avec son... [Lire la suite]
mercredi 30 août 2017

BRUNO ODILE...Extrait

Souverain, l’échange naît dans la déchirure de soi, là où dans un renfoncement de l’esprit, le neuf et l’ancien font orage.   Les phrases transportent des fagots aux allures martiales. Un escadron de mots traverse le brouillard des plaines matinales avant de glisser sur des plaies mal refermées. Je sens la matière proche et pénétrable. Des centaines de serments demeurent attachés les uns aux autres dans l’attente d’une libération providentielle.   Il m’aura fallu sarcler, puis labourer encore et encore pour extraire de... [Lire la suite]
mercredi 16 août 2017

LES AUBES SONT CERTAINES

Marche allègre et vive sur les passerelles de l’aube Le sang dormant s’ébroue L’écriture coule drue Verticale La pluie a ravivé les feuilles J’ai troqué mon pays contre le rire immense De chutes de cascades de torrents vers la mer J’ai traversé des fleuves qui n’avaient pas de nom J’ai reconnu le ciel au tremblement des feuilles Troqué des cimetières contre des chemins d’or J’ai tenu tête à l’âme elle s’en est souvenue J’ai marché sans compter sans mesurer mes pas J’ai senti le pollen de mes aurores vives J’ai bougé des écluses dans... [Lire la suite]
mardi 1 août 2017

SONATINE POUR PIANO

Viens ici, faisons une poésie qui n’ait senteur de rien et cependant tout dise, et soit ruisseau de sons grêles qui dans les sables se perd et meurt quand son murmure s’amenuise ; faisons une sonatine pour piano à la Maurice Ravel, petite musique incohérente mais sans complications, de toute façon crois bien qu’à gratter le fond point de sens ; faisons quelque chose d’un genre léger.   Viens ici, point même besoin d’aller déranger la Nature avec ses graves paysages et les pyrotechniques astrales ; nous n’irons... [Lire la suite]