mardi 4 novembre 2014

L'ESPERANCE

Dans l’obscurité pressentir la joie, Savoir susciter la fraîcheur des roses, Leur jeune parfum qui vient sous vos doigts Comme une douceur cherche un autre corps. Le coeur précédé d’antennes agiles, Avancer en soi, et grâce à quels yeux, Eclairer ceci, déceler cela, Rien qu’en approchant des mains lumineuses. Mais dans quel jardin erre-t-on ainsi Qui ne serait clos que par la pensée ? Ah pensons tout bas, n’effarouchons rien, Je sens que se forme un secret soleil.   .   JULES SUPERVIELLE   .     ... [Lire la suite]
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mardi 4 novembre 2014

L'OMBILIC DES LIMBES....Extrait

Là où d’autres proposent des œuvres je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit. La vie est de brûler des questions. Je ne conçois pas d’œuvre comme détachée de la vie. Je n’aime pas la création détachée. Je ne conçois pas non plus l’esprit comme détaché de lui-même. Chacune de mes œuvres, chacun des plans de moi-même, chacune des floraisons glacières de mon âme intérieure bave sur moi. Je me retrouve autant dans une lettre écrite pour expliquer le rétrécissement intime de mon être et le châtrage insensé de ma vie, que... [Lire la suite]
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lundi 14 avril 2014

JE N'AI PLUS MAL, JE M'ACCOMPAGNE

Je ne répugne pas à marcher dans ma tête. Seul dans ma chair, l’infirmité danse comme une gitane autour d’un feu. Mon corps et moi, nous tenons l’humiliation du handicap à bout de bras, loin des flammes et des pas incertains. Un bateau à l’amer grince toujours dans la cruauté de mes rêves. Dans les bulles d’une brume opiniâtre, résiste la morsure faite aux formes pures. Mais, j’accepte la laideur qu’inflige la peine. Reste à convaincre les autres, tous les autres, que malgré l’infirmité, il n’y a pas péril en la demeure.   ... [Lire la suite]
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samedi 29 mars 2014

AU JOUR LE JOUR 5, CARNETS 2000-2005...Extrait

   Le sentiment de la nature, de son "étrangeté" est peut-être le degré le plus bas  de la perception du non-humain, de la perception de puissances qui ne relèvent pas de l'espèce humaine. Oui, c'est peut-être quelque chose de très primaire, mais c'est du moins quelque chose qui vous arrache à la toute puissance de nos sociétés humaines, faisant craquer les bornes d'un univers artificiellement clos, tel celui de la "ville tentaculaire".    Je me suis dit soudain que le Louvre était mes sentiers, mes bois,... [Lire la suite]
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jeudi 20 février 2014

FEUILLES D'HERBE...Extrait

« Voici ce que tu feras : aime la terre, le soleil et les animaux, méprise les richesses, fais l’aumône à qui la demande, consacre ton argent et ton travail aux autres, hais les tyrans, ne discute pas de Dieu, aie patience et indulgence pour les autres [...], réexamine tout ce que tu as appris à l’école ou à l’église ou dans les livres et rejette tout ce qui insulte ton âme. Alors ta chair deviendra un grand poème et aura la plus belle éloquence, pas seulement dans ses mots, mais dans les plis de tes lèvres et de ton visage et jusque... [Lire la suite]
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dimanche 2 février 2014

VERS DORES

 Merci Adelita...   Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensant Dans ce monde où la vie éclate en toute chose : Des forces que tu tiens ta liberté dispose, Mais de tous tes conseils l'univers est absent. Respecte dans la bête un esprit agissant : ... Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ; Un mystère d'amour dans le métal repose : "Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant ! Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épie A la matière même un verbe est attaché ... Ne la fais pas servir à... [Lire la suite]
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mercredi 27 novembre 2013

TROIS COUPS SOUS LES ARBRES

Il y a la beauté qui est la vérité réussie des choses, leur dimension harmonieuse, et le bonheur qui tombe comme la foudre d'un ciel qu'on croyait sans surprise, cerné de toutes parts par des étoiles, les mêmes qui troublent peut-être l'esprit de ceux qui habitent de l'autre côté de la nuit. Comment agir pour être heureux, toujours davantage, sans trébucher, sans vieillir et sans perdre courage? Sans courir trop vite devant son amour avec la crainte de ne plus l'apercevoir en se retournant? Nous abordons cette envie comme un mur de... [Lire la suite]
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dimanche 27 octobre 2013

FULGURANCES...Extrait

Je suis né dans le désir de l'étonnement le combat et la quête dans ce lieu de l'enfance et de la mort où s'ajoutent l'épine à l'étoile le rêve à la marche l'eau à l'écho la proximité au lointain J'ai appris à travailler le silence de la lumière multiplier le vol des oiseaux tisser les nuages au vent de la tendresse de ma mère cousue sur ma rétine Je suis né perplexité du je pluriel dans la demeure du feu de l'émotion où la couleur le chant le souffle recomposent le plus lointain de mes lointains   . ... [Lire la suite]
mercredi 28 août 2013

ÊTRE LYRIQUE...

Certains ne deviennent lyriques que dans les moments décisifs de leur existence ; pour d'autres ce n'est qu'au moment de leur agonie, où tout le passé s'actualise et déferle sur eux comme un torrent. Mais dans la majorité des cas, l'explosion lyrique surgit à la suite d'expériences essentielles, lorsque l'agitation du fond intime de l'être atteint au paroxysme. Ainsi, une fois prisonniers de l'amour, des esprits enclins à l'objectivité et à l'impersonnalité, étrangers à eux-mêmes comme aux réalités profondes, éprouvent un... [Lire la suite]
jeudi 15 août 2013

LUNE ANDALOUSE...Extrait

(...) Un chant pour le chant pour les oiseaux de l’impossible le vent aveugle incrusté dans le miroir le froid brûlant nos yeux un chant pour féconder le silence la rencontre des opposés et les blessures du manque un chant pour la quadrature du cercle le corps de l’aube dans la proximité du rire de dieu pour l’air l'éternité la fleur l’abeille la seconde amoureuse de l’amour un chant dans une poignée de ciel bleu et l’invisible berceau de la vie plus loin que le lointain l’enfance ne vieillit jamais dans la mémoire du vivant un... [Lire la suite]