jeudi 7 février 2019

LA PLUIE MAUDITE ET AUTRES POEMES...Extrait

Sur la plage où l'ombre de la baie s'allongeIl est couché tel une vigne en son clos,Solitaire et tourné du côté des vagues.Son visage est empreint d'une grâce grave,Le vent de midi à ses traits se caresse,Il est plus beau que branche de grenadierGorgée de pépiements d'oiseaux, et sa taillePlus souple que l'ondulation d'un lézard.J'écoute la rumeur basse de la merQui surgit de la vague et se répercute,Masquée par un agave antique, j'épieSa gorge qui se change en une mouettePour s'envoler avec un gémissementVers l'or des nuages. Et de... [Lire la suite]

dimanche 6 janvier 2019

L'ETRANGE DOUCEUR

  Comme un oiseau dans la têteLe sang s'est mis à chanterDes fleurs naissent c'est peut-être Que mon corps est enchanté Que je suis lumière et feuillesLe dormeur des porches bleusL'églantine que l'on cueilleLes soirs de juin quand il pleut Dans la chambre un ruisseau couleHorloge aux cailloux d'argentOn entend le blé qui rouleVers les meules du couchant L'air est plein de pailles fraîches De houblons et de sommeilDans le ciel un enfant pêcheLes ablettes du soleil C'est le toit qui se soulèveSemant d'astres la maisonJe me... [Lire la suite]
mercredi 28 novembre 2018

LAMBEAUX...Extraits

Un soir d'été, tu t'échappes en cachette avec une couverture sous le bras. Tu déplies ceĺle-ci au milieu du pré, t'étends sur le dos et passes la nuit à contempler ce ciel où frémissent des millions d'étoiles. Tu interroges, scrutes, demeures longtemps dans une stupeur émerveillée. Puis soudain, la foudroyante conscience que tu n'es rien. Qu'un être humain n'est rien. Que ta vie n'a pas plus d'importance que ces brins d'herbe pris entre tes doigts. Grelottante, déprimée, tu regagnes ton lit quand le jour se lève, te demandant si l'on... [Lire la suite]
dimanche 5 août 2018

BRIGITTE BROC...Extrait

Ce soir d’été,Epicé jusqu’à la moindre ramure,Dégouline, ivre et lourd,Dans la gorge Des dernières roses. L’allée, solitaire,Caracole entre les cyprèsEt va se perdre,De l’autre côté du mur,Là où la merInvente ses vagues. Aller au cœur de la Vieille nuit,Douce et fidèle compagne,La saisir à pleine peau,Fouiller son bois,Jusqu’à l’aubier. A force d’entêtement,De ciel blessé parD’impossibles paroles,De tout ce bleu quiNe demande qu’à déborder, Elle est venue. Devant les cris tombésAu seuil de la maison, Elle s’est mise... [Lire la suite]
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dimanche 22 juillet 2018

ANDRE HARDELLET...Extrait

Le mystère - c'est la voix étouffée des ramoneurs derrière les murs et le parcours de la Grange- Batelière sous l'Opéra.La peur - c'est un roulement de tombereau, la nuit, dans un bois où ne passe aucune route.La douceur - c'est un vol de chouette, sous le taillis, au crépuscule.Le contentement - c'est l'odeur d'une blonde qui, lente, efface ses bas noirs.L'angoisse - c'est la congestion, comme une émeute violette, sur le bitume où bouge un soleil ahurissant.L'été - c'est l'ombre de la jarre qu'emperle son frais et cette parole qui... [Lire la suite]
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mardi 13 février 2018

AU TEMPS DU POEME

II y eut autrefois des choses sans musiquedes pays qui fondaient comme un fruit dans la bouchedes étés haletantsdes silences plus frais que neigedes êtres qui entraient en nous et qui sortaientsans qu'on s'en rendît compte,nourritures, paresses savantes, jus d'oiseauxidiomes heureux, échanges,de sorte qu'on était ce qui entrait en nousparfois un cil, parfois un angeparfois un baobab où la hache faisaitdes blessures délicieuseset quand, souvent, des femmes ou des sangsues rosesse collaient à nos corpson éprouvait soudain la joie d'être... [Lire la suite]
Posté par emmila à 17:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 5 septembre 2017

LENTEUR ET PLAISIRS DE LA PROMENADE, LA LIBERTÉ DE L'ÂNE...Extrait

 Sur les chemins ombragés de l'été, parsemés de tendres chèvrefeuilles, avec quelle lenteur nous avançons ! Moi, je lis, ou je chante, ou lance des poèmes au ciel. Et Platero mordille l'herbe rare des haies à l'ombre, la fleur poussiéreuse des mauves, les épines-vinettes jaunes. Il est plus de temps arrêté qu'en train d'avancer. Mais je le laisse...   .   "Por los hondos caminos del estío, colgados de tiernas madreselvas, ¡cuán dulcemente vamos! Yo leo, o canto, o digo versos al cielo. Platero mordisquea la hierba... [Lire la suite]
samedi 26 août 2017

RETOUR AU POEME

Retour au Poème, À la demeure en soi, À la ferveur sans frontière Et au Chant fraternel : L'été se ressource Au jardin rajeuni. Après cris et douleur, La rumeur qui s'efface Et l'effroi qui s'inscrit ; Août aura reçu Ses violences arides : Sur le front des humains Cette folie sans âme, Cette plaie sans remède. Puis les jours diminuent Dans l'attente de ce silence Que brode l’amitié, Déjà soleil, déjà matin Perçant les brumes de l'automne, Et ces mains bienfaisantes, Et ces musiques d'ange, Et cette voix qui concélèbre Au... [Lire la suite]
dimanche 28 mai 2017

LE PLUS BEAU TEMPS DU MONDE

 L’été respire au bout de ce récif de toits, L’été de ton amour plein de mélancolie, L’été qu’on voit mourir un peu dans chaque jour Qui roule jusqu’ici ses falaises de suie. Églogue fatiguée, l’on entend la chanson Très pure d’un oiseau au milieu du silence. Regarde s’enfuir le plus beau temps de la vie, Le plus beau temps du cœur, la mortelle saison De la jeunesse aux noirs poisons. Voici la route, Ce saut de feu dans le délire des cigales Et de bons parapets pour reposer tes bras. Dans le ciel campagnard meurt le... [Lire la suite]
mercredi 24 mai 2017

PATRICK CHEMIN...Extrait

Quand les mots s'envoleront du texte pour visiter la vallée aux mille mémoires. Quand j'aurai fini d'écrire, c'est à dire compter toutes les étoiles du ciel dans ces nuits profondes de l'été. Quand la grande valse brillante de l'herbe s'ouvrira aux mains du silence. J'aurai fait une part du chemin. Quand mes mots rejoindront la grande rivière des mots de tous les humains. J'aurai été utile un court instant. J'aurai joint ma voix aux chants des hommes. Et alors mon corps de passant pourra de nouveau s'incarner dans celui de ces... [Lire la suite]