dimanche 28 mai 2017

LE PLUS BEAU TEMPS DU MONDE

 L’été respire au bout de ce récif de toits, L’été de ton amour plein de mélancolie, L’été qu’on voit mourir un peu dans chaque jour Qui roule jusqu’ici ses falaises de suie. Églogue fatiguée, l’on entend la chanson Très pure d’un oiseau au milieu du silence. Regarde s’enfuir le plus beau temps de la vie, Le plus beau temps du cœur, la mortelle saison De la jeunesse aux noirs poisons. Voici la route, Ce saut de feu dans le délire des cigales Et de bons parapets pour reposer tes bras. Dans le ciel campagnard meurt le... [Lire la suite]

mercredi 24 mai 2017

PATRICK CHEMIN...Extrait

Quand les mots s'envoleront du texte pour visiter la vallée aux mille mémoires. Quand j'aurai fini d'écrire, c'est à dire compter toutes les étoiles du ciel dans ces nuits profondes de l'été. Quand la grande valse brillante de l'herbe s'ouvrira aux mains du silence. J'aurai fait une part du chemin. Quand mes mots rejoindront la grande rivière des mots de tous les humains. J'aurai été utile un court instant. J'aurai joint ma voix aux chants des hommes. Et alors mon corps de passant pourra de nouveau s'incarner dans celui de ces... [Lire la suite]
vendredi 14 avril 2017

LES MOTS SONT DES CHIENS D'AVEUGLE...Extrait

Voici l'arbreroyal et solitaireen son ultime déploiementde fin du jour Le vent qui le traversey fait trembler les yeuxd'une lumière de larmes L'été s'y jette à corps perdul'été rayonne comme un paonEt l'arbre dit que tant de cielsans pesanteurne saurait être quel'analogie de Dieu Je caresse son écorceSous mes doigts une fourmilièrecharrie sa crasse de cadavres A mes pieds une pie ouvertelaisse voir son cœurnoir et racorni Et l'arbre dit que nous sommes les frèresdu rat de la mouche de l'hyène du scorpion Vienne la nuit qui n'est... [Lire la suite]
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mercredi 12 avril 2017

RENCONTRE

L'été longe ses haies vives,pique un verger au revers de sa veste.Dans ses cheveux, un pré s'est endormi.Le moineau, tout surpris, y cherche ses petits.Sous l'enclume du ciel jaillissent des rousseurs,arrosant, de leur jus, le dos des chemins.Barbouillés de résine, pris en flagrant délitde chahut fastueux,les pins rattrapent les oiseauxqu'ils avaient lancés trop loin.Le clapotis de leurs aiguillesinvoque la merqui, là-bas,rutile et patauge,enfant doré dans les flaques vermeilles.Toi, je ne te connais pas encore.Mais, déjà, à l'angle... [Lire la suite]
vendredi 10 mars 2017

RAG-TIME...Extrait

On ne refera plus les sapins aussi vertsma sœurNi les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêlesni les goudrons fondants des routes de l'éténi les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,à l'ombre insigne des vieux mortsd'autres guerresMa foion ne refera plus la gaieté d'autrefoisma sœurje n'y crois guèrePas plus qu'aux longs comas de nos douillets hiversmon cœurni aux calmes maisons avec leurs demoisellesroses pour vous servir une tasse de théles seins jeunes dessous des corsages bouffantsDe tout cela qui a étéma... [Lire la suite]
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mardi 7 mars 2017

PARIS NAIT DE PARIS

Paris des braseros, Paris des barricades,Paris qui s’émerveille au bout de la journéeQuand l’amour fatigué des rideaux de cretonneRespire à la fenêtre un air de liberté,Paris qui ne dort pas quand le monde sommeille,Paris naît de Paris dans son décor de suie.Sous le vieux ciel rayé par le vent des émeutes,Son grand bûcher troué de rires et de perlesEclaire le sommeil paisible des amants.Les objets oubliés au fond de la campagne,Après le long travail des saisons de soleil,Viennent toucher le coeur endormi de l’enfance,Le bras des... [Lire la suite]

mercredi 28 septembre 2016

REGAIN DE SANG...Extrait

Du chemin d'herbes passées de feuilles vagabondes reste cette poussière à peine née, déjà ancienne qui est le goût de l'été. À mi-distance des adieux et de nous-mêmes. La lumière bientôt lente à s'emparer du ciel rendra aux formes leur chance, et le goût de vivre aux peintres. À cet instant où le jour est sans ordre notre chair est dans l'air perméable, tout entière au tranchant de la lame. Notre tâche c'est être et voir tout ensemble, de la branche qui a cessé de bouger à la mésange qui la quitte, des nombres sans... [Lire la suite]
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mardi 20 septembre 2016

PORTRAIT AVEC DES DONATEURS ...Extrait

 Merci Thami   J'aime au linge associer la guêpeSurtout si l'été fut clair et l'ombre striéePar les fentes des volets. Le sang court plus viteDans les vaisseaux et on voit mieux les tachesSur la peau des vipères. Même les ronces deviennentVenimeuses, les femmes descendent vers la riveEt regardent dans l'eau trembler leur corpsParmi les peupliers. Le linge à cause des guêpesSe fait ruche et guêpière, lacère les hanches,Sur la mousse s'amoncelle et débordant des brouettesLivre au courant ses taches, ses lunes, ses bouillons.... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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dimanche 7 août 2016

L'ETE A GAZA

L’été à Gaza n’est pas l’été d’ailleurs, C’est un été très particulier Un été merveilleux où surnage une beauté Qui transperce les yeux Un été lumineux , un été vivant Un été ensoleillé aux nuits tranquilles Un été plein d’espoir, Un été doux fleurit aux rayons de chaque heure. Mais c’est un été passionné, passionnant et bouleversé Qui apparaît , dans le sang et la patience, Un été que même la poésie la plus colorée Et le grondement des textes écrits Ne pourraient décrire, Un été sans vacances pour les enfermés. En été, à Gaza, A... [Lire la suite]
dimanche 24 juillet 2016

ANDRE HARDELLET...Extrait

Le mystère - c'est la voix étouffée des ramoneurs derrière les murs et le parcours de la Grange- Batelière sous l'Opéra.La peur - c'est un roulement de tombereau, la nuit, dans un bois où ne passe aucune route.La douceur - c'est un vol de chouette, sous le taillis, au crépuscule.Le contentement - c'est l'odeur d'une blonde qui, lente, efface ses bas noirs.L'angoisse - c'est la congestion, comme une émeute violette, sur le bitume où bouge un soleil ahurissant.L'été - c'est l'ombre de la jarre qu'emperle son frais et cette parole qui... [Lire la suite]