vendredi 3 novembre 2017

AFIN QUE NUL NE MEURE…

A la mémoire de François-Xavier Verschave et pour que la Grande Mort reste rêvée, rêvée seulement.. .   "Je t’offre ce dossier afin que nul ne meure, ni les morts d’hier, ni les ressuscités d’aujourd’hui. Je veux ma voix brutale, je ne la veux pas belle, je ne la veux pas pure, je ne la veux pas de toutes les dimensions. Je la veux de part en part déchirée, je ne veux qu’elle s’amuse car enfin, je parle de l’homme et de son refus, de la quotidienne pourriture de l’homme, de son épouvantable démission. Je veux que tu... [Lire la suite]
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samedi 14 octobre 2017

BRANCHES BASSES

 Instant qui veut durer mais sans savoir Tirer éternité des branches basses Qui protègent la table où clairs et ombres Jouent, sur ma page blanche de ce matin.   Autour de ces deux arbres d’abord l’herbe, Puis la maison, puis le temps, puis demain Pour ouvrir à l’oubli, qui déjà dissipe Ces fruits d’hier tombés près de la table.   Là-bas est loin. Toutefois, c’est surtout Ici et maintenant qui sont inaccessibles, Plus simple est de rentrer dans l’avenir   Avec, pour tout à l’heure, quelque peu De ce... [Lire la suite]
samedi 23 septembre 2017

LES PHARES

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse, Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer, Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse, Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ; Léonard de Vinci, miroir profond et sombre, Où des anges charmants, avec un doux souris Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ; Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures, Et d'un grand crucifix décoré seulement, Où la prière en pleurs s'exhale des ordures, Et d'un rayon d'hiver... [Lire la suite]
jeudi 21 septembre 2017

BRUNO RUIZ...Extrait

Je veux vivre une éternité de chat dans la soie des corbeilles, avoir des yeux immenses et verts, la souplesse du corps, l’agilité dans les pattes. Je veux dormir des heures entières dans les herbes, ronronner dans les bras de celle que j’aime, dormir sous ses broderies, rêver sur le mur quand le jour descend. Je veux me faire les griffes sur la bêtise des hommes, atteindre des cimes et m’incliner devant l'envol de l’oiseau. Je veux jouer avec les souris, m’enrouler aux balustrades, me frotter aux arbres, reconnaître mes maîtres, me... [Lire la suite]
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dimanche 20 août 2017

REMINISCENCE

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina . Revenant des piétés discrètes de la petite humanité d’une Malte absolue, quelque chose comme un appel, une prière vers Dieu sait qui :   Que nos pères soient moins célestes & nos mères plus maternelles. Que toute larme soit de joie, que soit de mai toute pensée, que tout enfin coule de source. Que paissent l’éternité verte les bêtes qui nous ont sauvés de tant de déluges d’acier & qu’on cesse de dispenser des noms de nymphettes & de fées aux typhons & aux... [Lire la suite]
samedi 15 juillet 2017

TOI MOI

Par l'univers-planète univers à toute bride Par l'univers-bourdon dans chaque cellule du corps Par les mots qui s'engendrent Par cette parole étranglée Par l'avant-scène du présent Par vents d'éternité Par cette naissance qui nous décerne le monde Par cette mort qui l'escamote Par cette vie Plus bruissante que tout l'imaginé TOI Qui que tu sois! Je te suis bien plus proche qu'étranger.   .     ANDREE CHEDID     .       Oeuvre Montserrat Gudiol  

mercredi 12 juillet 2017

UNE HISTOIRE DE BLEU...Extrait

Ne rechigne pas à la dépense. Quand tu ne lui arracherais que des loques, il te faut écrire comme si tu devais liquider la mer. Les mots sont tout ce qu'il te reste : lance toi à l'assaut de ce bleu. Tu dois courir encore derrière la mer. Il t'appartient d'en modifier la teinte, comme de recolorer de temps en temps le ciel, et de rhabiller ses fantômes avec des vêtements neufs. Pour se perpétuer, l'invisible a besoin de figures. L'infini est avide de formes. Il ne prend corps que sur ses bords où se conjoignent le large et le rivage,... [Lire la suite]
mercredi 31 mai 2017

SOURCIERS

J'aime les sourciers qui percent le secret des mondes, Échappent aux croûtes mortelles, aux rigidités stériles, aux sécheresses exemplaires, À tout ce qui retient la vie Et l'empêche de se transformer. J'aime les sourciers Qui savent prendre des risques, Emprunter des chemins audacieux Pour contourner le poids des murailles Des habitudes et des morales. J'aime les sourciers Qui font voler en éclat les portes du temple, Qui n'ont pas peur d'eux-mêmes Ni du regard inquiet qui les fige. Ils savent trouver passage, Ils connaissent la... [Lire la suite]
mardi 9 mai 2017

JOEL GRENIER...Extrait

Tu verras, tous les deux, on ira à la mer peut être pour fermer les yeux, comme quand on était jeune et qu'on s'aimait moins fort. Je tiendrai par la taille un frisson de jeunesse que tu auras gardé pour te blottir encore dans nos silences complices. Je te dirai la vague, tu me diras l'élan, on entendra le vent nous bercer d'éternité. Et l'on sera heureux comme si c'était hier, comme si c'était le temps des marées à l'étale. Et le soir venant, nous aurons de l'écume sur nos rires comme si nous avions joui une nouvelle fois.   .... [Lire la suite]
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lundi 10 avril 2017

LES ROCS...Extrait

Merci Thami Ils ne le sauront pas les rocs, Qu'on parle d'eux. Et toujours ils n'auront pour tenir Que grandeur. Et que l'oubli de la marée Des soleils rouges.     Ils n'ont pas le besoin du rire Ou de l'ivresse. Ils ne font pas brûler Du souffre dans le noir. Car jamais Ils n'ont craint la mort. De la peur Ils ont fait un hôte. Et leur folie Est clairvoyante.       Et puis la joie De savoir la menace Et de durer. Pendant que sur les bords, De la pierre les quitte Que la vague et... [Lire la suite]
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