mercredi 25 novembre 2015

LE DOUTE

Ceux qui nous ont quitté En partant, ont laissé Un fugitif instant La porte entrebâillée... Détournant le regard Impossible de voir S'il existe une lueur Au seuil de cette demeure Juste un peu de lumière Justifiant nos prières Où bien l'immensité D'une vaine obscurité... Et si elle était réelle Cette clarté vraiment De quel brasier ardent Serait-elle l'étincelle ? Un bûcher ou nos âmes Viennent se consumer, Etoiles immolées Dans une ultime flamme Ou la douce promesse D'une nouvelle clarté, La première caresse D'une main... [Lire la suite]

jeudi 10 septembre 2015

HYMNES A LA NUIT..Extrait

" Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse Nuit. Le monde est loin - sombré en un profond tombeau - déserte et solitaire est sa place. Dans les fibres de mon cœur souffle une profonde nostalgie. Je veux tomber en gouttes de rosée et me mêler à la cendre. - Lointains du souvenir, souhaits de la jeunesse, rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris, comme des brouillards du soir après le coucher du soleil. La Lumière a planté ailleurs les pavillons... [Lire la suite]
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lundi 7 septembre 2015

JUARROZ

Les paradis perdus n’existent pas. Le paradis est une chose qui se perd tous les jours, comme se perdent tous les jours la vie, l’éternité et l’amour. Ainsi perdons-nous également l’âge qui semblait croître et pourtant diminue chaque jour. car le compte est à l’envers. Ou ainsi se perd la couleur de ce qui existe, en descendant comme un animal bien dressé marche par marche, jusqu’à ce que nous soyons sans couleur. Et comme nous savons au surplus que les paradis futurs non plus n’existent pas, il ne reste alors d’autre issue que... [Lire la suite]
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dimanche 30 août 2015

L'AUBE, L'OMBRE, LE SOIR, L'ESPACE ET LES ETOILES

L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles ; Ce que la nuit recèle ou montre entre ses voiles, Se mêle à la ferveur de notre être exalté. Ceux qui vivent d'amour vivent d'éternité. Il n'importe que leur raison adhère ou raille Et leur tende, debout, sur ses hautes murailles, Au long des quais et des havres ses flambeaux clairs ; Eux, sont les voyageurs d'au delà de la mer. Ils regardent le jour luire de plage en plage, Très loin, plus loin que l'océan et ses flots noirs ; La fixe certitude et le tremblant espoir Pour... [Lire la suite]
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mercredi 26 août 2015

CARNET I...Extrait

"Instant d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde s'élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant d'avoir désiré. L'éternité est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de moi-même à moi-même. Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. On se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de... [Lire la suite]
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lundi 17 août 2015

IMPUISSANCE

Je ne sais pas si je sais vivre. Plusieurs fois chaque jour je devrais arrêter L’instant qui se faufile et fuit, Et désespérément me cramponner à lui. Je devrais serrer sur mon cœur Les voluptés que j’ai conquises Contre les hommes et la bise, Sentir en moi, autour de moi sourdre la vie, Entendre murmurer, dans l’espace et le temps, Le cantique éternel des recommencements, Tandis qu’éparpillé, distrait, hors de mon centre Je ne puis retenir mon esprit qui combat Pour m’enlever deçà, delà Des bonheurs qui de loin sont clairs et définis... [Lire la suite]
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samedi 9 mai 2015

AU DERNIER SOIR SUR CETTE TERRE...Extrait

"Nos noms sont des arbres modelés dans la parole du dieu et oiseaux qui planent plus haut que les fusils. Ne coupez pas les arbres du nom, vous qui venez guerre de la mer. Et ne lancez pas vos chevaux flammes sur les plaines. Vous avez votre dieu, et nous, le nôtre. Vos croyances, et nous, les nôtres. N’ensevelissez pas Dieu dans des livres qui vous ont fait promesse d’une terre qui recouvre la nôtre. Ne faîtes pas de Lui un huissier à la porte du roi. Prenez les roses de nos rêves pour voir ce que nous voyons de joie ! Et sommeillez... [Lire la suite]
samedi 2 mai 2015

IL EST DES TERRES D'ORIENT

Il est des terres de brume, de pierre et de monts chauves,où la voix de l’homme s’élève sur la montagne.Des terres noires de silence, où le sang a coulé,des terres rougies, où la poussière vole au soleil sa part de nuit,— ses litanies d’amour enfoui.Des terres d’accueil, de rires et de loyaux partagesoù des filles volcaniques tournoient dans la lumière.Elles vous offrent le pain, le vin, leur vrai visage.Des terres où, — gouffre étoilé, la nuit s’effondre à l’angle d’une rue, en une longue pluie d’automne,où le vent vous parle, — tel... [Lire la suite]
mardi 17 février 2015

LA TERRE PARLE

Je te fus une mère rude. Je te faisais manger un pain dur. Je ne dorlotais pas le bébé, Je blessais l'homme. Lorsque, pour la première fois, tu ouvris tes yeux ébahis, un triste horizon s'étendait devant toi. Je parlais d'un coup dont on m'a, jadis, frappé, et que le temps ne m'a pas fait pardonner. Une ombre lourde tombait sur nous deux. Je fus une dure mère, toi, un fils dur. Tu n'as pas levé ton bras pour me défendre, Tu n'as pas pensé à moi avec amour. Quand le vent grondait, quand le froid craquait tu n'entendais pas... [Lire la suite]
vendredi 13 février 2015

ROGER HANIN

Paris. Il fait nuit. Je suis dans mon bureau. Je pense à l'Algérie. Comme elle me paraît loin. J'ai peur de ne plus pouvoir la retrouver en pensée. Je ne veux forcer ni mon coeur ni ma mémoire. Où en suis-je de l'Algérie ? J'écoute cette phrase et j'entends : " Où en suis-je de ma vie ? " Même sensation. L'Algérie, comme ma vie, m'a laissé bonheurs, souffrances, frayeurs. Et pourtant, dans le silence de mon bureau, j'ai l'impression, ce soir, que je ne la connais plus et que je n'ai ni droit ni qualité pour en parler. Et si je me... [Lire la suite]
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