vendredi 23 mai 2014

CHANT DE L'AMOUR ARME...Extrait

Il arrive un jour où le jour se termineavant que la nuit ne soit tout à fait tombée.Il arrive un jour où la main, en chemin déjà,oublie tout à coup la tendresse de son geste.Il arrive un jour où le bois ne parvient pasà allumer le feu de la cheminée.Il arrive un jour où l’amour qui était infini,soudain finit, soudain.La force est de savoir aimer avec douceur et constanceavec l’enchantement de la rose bien droite sur sa tige,afin que l’amour, blessé, ne finisse pasdans l’éternité amère d’un instant..   THIAGO DE MELLO   .... [Lire la suite]

samedi 15 mars 2014

LE DON DE LA JOIE

Qui trouve au bord du dénuementsur les remparts de sa faimune larme discrètel'amère saveur du chaosqui du fond de sa solitudetire un visage attentifune fontaine coutumièreet parle sans souci de ses propres embûchescelui-là sait que Dieu s'installe dans le corpspour une éternité premièreet rien ne peut plus le distrairede cette voix qui s'est tueau centre de l'épi.   .   JEAN SENAC   .  
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dimanche 23 février 2014

LE GRAND SOLEIL OCRE

Pour le soir du grand soleil ocre de la mort j'aurai la parole sans voix pour distraire les mots j'aurai mille ans pour rire enfin de ce grand corps tout froid désacraliser l'immobile perdre la mémoire de chaque douleur Pour le soir du grand soleil ocre de la mort j'irai m'asseoir entre mes deux dates limitrophes sur le trait d'union à califourchon sur ma tombe frugale où viendront les oiseaux Et je croirai nouveaux ces poèmes prêtés jadis au silence qu'il me rendra peut-être comme ultime sentence pour mes nuits illégales mes jours... [Lire la suite]
vendredi 21 février 2014

ART POETIQUE

Se pencher sur le fleuve, qui est de temps et d’eau Et penser que le temps à son tour est un fleuve, Puisque nous nous perdons comme se perd le fleuve Et que passe un visage autant que passe l’eau.   Eprouver que la veille est un autre sommeil Qui rêve qu’il ne rêve pas et que la mort Que redoute le corps est cette même mort De l’une et l’autre nuit, que l’on nomme sommeil.   Percevoir dans le jour ou dans l’an un symbole Des jours, des mois de l’homme ou bien des années, Et pourtant convertir l’outrage des... [Lire la suite]
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mardi 28 janvier 2014

LA VIE A FOISON...Extrait

Je sais la mort, le vide, l’angoisse suante. Je pourrais hurler au mal, à la nuit. Crier le temps à l’œuvre en moi : la lente corruption des sources, la chair qui se défait et le cœur qui s’effrite. Les pans d’ombre dévorant le soleil et la vie s’échappe et fuit par toutes les issues. Les espoirs mort-nés, les soifs mal étanchées. Les folies douces et noires, les suicides rêvés et l’usure de l’être, la solitude, le gel de l’âme, les illusions fanées, les amours avortées. Je dis la beauté du monde toujours offerte, là, sous mes... [Lire la suite]
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mercredi 4 septembre 2013

DU MOUVEMENT ET DE L'IMMOBILITE DE DOUVE

Je nommerai désert ce château que tu fus, Nuit cette voix, absence ton visage, Et quand tu tomberas dans la terre stérile Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté. Mourir est un pays que tu aimais. Je viens Mais éternellement par tes sombres chemins. Je détruis ton désir, ta forme, ta mémoire, Je suis ton ennemi qui n’aura de pitié. Je te nommerai guerre et je prendrai Sur toi les libertés de la guerre et j’aurai Dans mes mains ton visage obscur et traversé, Dans mon cœur ce pays qu’illumine l’orage.   .   YVES... [Lire la suite]
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jeudi 15 août 2013

LUNE ANDALOUSE...Extrait

(...) Un chant pour le chant pour les oiseaux de l’impossible le vent aveugle incrusté dans le miroir le froid brûlant nos yeux un chant pour féconder le silence la rencontre des opposés et les blessures du manque un chant pour la quadrature du cercle le corps de l’aube dans la proximité du rire de dieu pour l’air l'éternité la fleur l’abeille la seconde amoureuse de l’amour un chant dans une poignée de ciel bleu et l’invisible berceau de la vie plus loin que le lointain l’enfance ne vieillit jamais dans la mémoire du vivant un... [Lire la suite]
samedi 15 juin 2013

SI SEULEMENT...Extrait

sous le masqueun autre masqueplus fragile plus blancpeau toujours plus fineplus transparenteen voie d'effacementmue de chrysalidepour quelle naissanceimprobable ?au creux du sommeilneige et nuitrecousent mes paupièresneige et nuitlangent mon corpsde fines bandelettesd'éternitéchaque éveil est un exil   .   FRANCOISE ASCAL   .      
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dimanche 31 mars 2013

JE DIS TON NOM

O mon amour, tu existes en moi depuis toujours. Il y eut un temps où je t’aimais et où tu ne m’aimais pas encore, mais ce temps est mort depuis tant d’années que je ne m’en souviens plus. Il y eut un temps où je n’étais que moi-même, mais ce temps est oublié. Il y eut un temps où rien n’existait de ce que nous sommes. Et aujourd’hui, ce temps est effacé où je t’aimais et où tu ne m’aimais pas encore. Je dis ton nom et le monde connaît la beauté du matin. Et pâlissent les aurores qui baignent le front des statues de l’ennui. Je dis ton... [Lire la suite]
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jeudi 28 mars 2013

NATHAN KATZ

  On pourrait comprendre l’éternité.      Nous jetons la graine dans les champs ;      Mais qu’elle pousse,      Cela dépasse nos forces.      C’est cela qui pour nous est si incompréhensible :      La puissante vie,      Dans laquelle tout pénètre,      Tout meurt,      Dans laquelle un jour pour de bon nous retournons,... [Lire la suite]