mardi 26 mars 2013

DEUX MILLE ET DES POUSSIERES

je raye un millénaire sur le calendrier. - Comment trouvez-vous cette vie? - Palpitante! - Et ce siècle? - Passable. L'éternité ne fait pas son âge, ce matin Et moi, poète confidentiel d'une langue partout étrangère, Je vous dis que les rues regorgent d'êtres qui n'ont jamais vécu Et prennent néanmoins la mort en marche ainsi qu'un autobus Pour des odyssées sans issue vers d'abstraites Sibéries ou de scabreuses Babylones. Ceux qui n'existèrent qu'à reculons, nourris d'absence et d'avenir posthume Savent combien il est dangereux de... [Lire la suite]
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jeudi 21 mars 2013

FRANCOIS CHENG

Lorsque l’âme se fait entendre Cette voix murmurante, ponctuante       Qui est source de tout chant Basse continue ne connaissant       ni borne ni arrêt Le temps est aboli et l’espace vaincu Mais l’âme ne se fait entendre Qu’en résonance avec une âme autre Lèvre à lèvre                      cœur à cœur Deux voix mêlées, reliantes, ruisselantes Joignant les feuilles... [Lire la suite]
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jeudi 7 février 2013

L'ENCHANTEMENT SIMPLE...Extrait

Là où nous sommes - dans l'instant éternel - il n'y a pas de mots, puisque tout est là. Là où nous ne sommes pas - dans la suite des heures - il n'y a plus rien que des mots, enroulés sur eux-mêmes, comme ces duvets d'oiseaux oubliés par le vent dans l'ornière des chemins. .   CHRISTIAN BOBIN . .
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mercredi 12 décembre 2012

FEMME FRAGMENT DE BLE

Femme fragment de blé,accoudée, éblouie, dans l’aveu des bleuets, tu tisonnes les sèves sur la pointe des piedset des semences douces s’échappent de ton ventre. Quand tu parcours la terre à pas de braise en murmurant un saule rit et danse dans ta chair, les yeux ouverts. Femme initiée lointaineà l’étreinte des graines, de la pierre et des ailes dont le reflet s’est pris aux branches de ta voix, tu multiplies partout l’intensité des choses et quand tu passes près de lui le jour se lève et il te suit.   entre Ciel et Terre ... [Lire la suite]
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vendredi 7 décembre 2012

L'INTERVALLE...Extrait

" Venus de plus loin que l’enfance À bout de départs et de retours De chutes et d’assauts Nous basculons dans la blancheur unanime Ni sanglot Ni amertume Pas même un bruissement Mais l’intervalle. Nous nous réveillerons peut-être En une danse de sable À l’écart de nous-mêmes Avec un visage anonyme L’éternité au fond de la gorge. Nous revenons de tant de comas De la conjonction des voix et des silences Du lointain et du proche De ce lieu où quelqu’un marche Si léger, si invisible Qu’il traverse nos murs de part en part Sans... [Lire la suite]
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dimanche 4 novembre 2012

LE CHÂTEAU DES PAUVRES

Dans le château des pauvres je n’ai pu t’offrir Que de dire ton cœur comme je dis mon cœur Sans ombre de douleur sans ombre de racines En enfant frère des enfants qui renaîtront Toujours pour confirmer notre amour et l’amour   Le long effort des hommes vers leur cohésion Cette chaîne qui sort de la géhenne ancienne Est soudée à l’or pur au feu de la franchise Elle respire elle voit clair et ses maillons Sont tous des yeux ouverts que l’espoir égalise   La vérité fait notre joie écoute-moi Je n’ai plus rien à te... [Lire la suite]
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jeudi 11 octobre 2012

COLETTE SEGHERS

Tu me cherchais ? Ne me cherche jamais, Je suis là, Embrassée du cœur aux chevilles Dans tes mains d’homme et ta mémoire Et nouée comme une pièce d’or Dans le trésor confidentiel de ta vie, Brigandée dans l’envers du temps… Ne me cherche jamais, Je suis là, La nuit peut bien sécher ses grands trains d’herbes fauves Et lancer sur ses rails le convoi des saisons, Elle peut bien passer de l’une à l’autre Sur ses passerelles d’orages ou le ventre sans ciel Des froids, Elle peut bien apporter ce qu’elle voudra, Ce qu’elle pourra, Sa rançon... [Lire la suite]
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lundi 1 octobre 2012

N'A DE PRIX

N’a de prix      n’a de poids que ces mains plus légères que l’air         et qui jouent les variations sur la jeune lumière sur fond d’éternité la musique n’est rien         que ce frisson qui nous dépasse d’une épaule où l’on pressent l’illimité intime dès que l’un         touche l’autre du bord de son silence. . GILLES BAUDRY Sur http://terresdefemmes.blogs.com  in τhαumα,... [Lire la suite]
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lundi 24 septembre 2012

YEHUDA AMICHAI

Si on photographie la mer ou le désert à perte de vue on doit mettre quelque chose de grand tout près : la branche d'un arbre, une chaise, un coin de maison, un rocher, pour sentir l'infini et oublier la mer et le désert. Quand je t'aime, j'aime ta main ton visage, tes cheveux, ta voix toute proche et j'oublie l'éternité de la distance et les fins illimitées. . . . YEHUDA AMICHAI . . . Photographie Cok Friess        
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lundi 24 septembre 2012

ARMAND ROBIN

Sur les blessures que les montagnes clament aux quatre vents Se pose le baume rose, oscillant du couchant. L’éternité fredonne un vol de scarabée, Aux fontaines se déride un ciel en peine Et l’herbe se décide à l’embrasser . ARMAND ROBIN .  
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