dimanche 8 juillet 2018

DERRIERE LA PORTE

Un jour sur terre, le swing de la misèreDégoulinant de l’étagère à ampères Illuminera les dernières miettesLes restes d’un festin et les verres videsDe la clémence enlacée en paupiettesSur la table « nostre » dépitée de lipidesLe flux du pain chaud aux rizières du pauvreLe combat du ventre chez le concierge du criDes images flottent entre les dents du loupCe n’est pas chez toi, mais chez les autresCe n’est pas du blé, cela ne fait pas un pli Des images flottent encore où l’hostie n’est plus La souffrance efface la... [Lire la suite]

mardi 5 juin 2018

CHERCHEURS D'EAU

Ils ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les nuagesEt nous on manque d'eauIls ont sorti les armesIls disent qu'on est de tropOn n'a même plus de larmesTellement on manque d'eauOn était des nomadesOn menait les troupeauxAux maigres pâturagesOn était chercheurs d'eauOn nous a mis en cagesDans des parcs à bestiauxMême dans les miragesOn ne trouve plus d'eauLe monde nous regardeCertains chantent pour nousUne goutte de sableDans une mer de caillouxIls ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les... [Lire la suite]
dimanche 20 mai 2018

MEMOIRE DES SUDS

A Dom Gabrielli     De l'oignon cru de l'huile d'olive du pain et une pincée de sel tel est ton repas aujourd'hui succulent en ces jours de disette et tu te souviensd'une colline devant Jérusalemoù un petit chevrier te souriaitassis sur un rocher sous le ciel radieux de Palestinetu te souviens du paysan crétois aux yeux bleu clairqui remplissait ton verre de rakiun jour de Pâque inondé de lumièreavec la mer éblouissante à perte de vuetu te souviens au bord d'un chemin de caillouxsous un... [Lire la suite]
lundi 30 avril 2018

WITHOUT END...Extrait

Cherche à chanter le monde mutilé.Rappelle les longues journées de juinEt les fraises, les gouttes de vin rosé.Les orties qui, méthodiquement, recouvraientLes maisons abandonnées par ceux qui en avaient été chassés.Tu dois chanter le monde mutilé.Tu as regardé des bateaux et des voiliers élégants,Attendus d’un long voyageOu seulement d’un néant saumâtre.Tu as vu des réfugiés aller vers le néant,Tu as entendu les bourreaux chanter allègrement.Tu devrais célébrer le monde mutilé.Rappelle ces instants, quand vous étiez ensembleDans une... [Lire la suite]
mercredi 28 février 2018

LUIS CERNUDA

... Je rencontrai cette forme devant la mienne À l'heure du crépuscule, Quand les disparitions Confondent pour les yeux les couleurs, Quand le dernier amour Cherche l'ultime corps. Une angoisse sans fond hurlait entre les pierres ; En route vers l'air, des hommes sourds, Tête oubliée, Passaient au loin, libres ou morts ; Honteux cortège de fantômes Et leurs chaînes brisées qui pendaient à leurs mains. Alors la vie posa une lampe Sur des murs sanglants ; Le jour déjà fatigué séchait tristement Les futures aurores,... [Lire la suite]
dimanche 25 février 2018

BRUNO ODILE...Extrait

A mon tour, si je savais pleinement déverrouiller mes lèvres, il me faudrait plonger plus loin que mes cris condamnés à l’exil. Peut-être, arriverais-je ainsi à ciseler tous les sourires anciens qui remontent comme des rots chargés de rouille fiévreuse. Je sais à présent qu’il n’y a pas d’heure et qu’il n’est pas de temps exact pour que les mains déliées ne se replient sur la poitrine du jour. Chaque mot se recroqueville sur les commissures desséchées de l’espoir. Il n’existe pas de temps pour mourir ivre de nostalgie, il n’y a... [Lire la suite]

mercredi 14 février 2018

GEOFFREY ORYEMA, UN AUTRE REGARD SUR LES REFUGIES...

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samedi 27 janvier 2018

LE RETOUR DE WALLADA...Extrait

J’habite ta demeure moi qui n’ai pas de demeureMoi qui depuis mon départvagabonde dans les ruelles de la mémoireErrant comme une bergèrequi perdit son troupeau Moi qui pour patrie n’ai plusQue les mots et le papierMoi qui pour lit n’ai plusQue le trottoir de l’espoirJe reviens à toiAfin que tu me consoleset me fasses renaîtreaprès l’immense chagrin ...   .   MARAM AM MASRI   .   Oeuvre Zuhair Hassib, Syrie
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dimanche 7 janvier 2018

ON M'APPELLE " SANS-PAPIERS

On m’appelle sans papiersPourtant j’avais pris soin de me munir de feuilles vertesComme une offrande à la forêt lointaineMais la forêt grondait comme une jungleJ’avais pris soin de me plier dans les coinsDe n’habiter nulle partEt de courtiser les trottoirsDe bien tendre la main aux guichetsDe me fondre dans la nuit du métroMalgré toutOn m’appelle sans papiersConnaissez-vous la minorité visible d’un sans papiersCela ressemble à l’invisibleAux contrôlesAux refoulésJe vis ma vie de rats dans les égouts du malheurJ’habite au fond de... [Lire la suite]
jeudi 10 août 2017

AU FIL DE L'HEURE PÂLE

Un jour, au crépuscule, on passe, après la pluie, Le long des murs d’un parc où songent de beaux arbres... On les suit longtemps. L’heure passe Que les mains de la nuit faufilent aux vieux murs... Mais qu’est-ce qui vous trouble au fil de l’heure pâle Qui s’ourle aux mains noires des grilles ? Ce soir, le calme après la pluie a quelque chose Qui fait songer à de l’exil et à la nuit... On entend le bruit nombreux Des feuilles partout Comme un feu qui prend... Des branches clignent. Le silence Épie Et il passe des odeurs... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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