mercredi 11 mars 2020

KHAL TORABULLY...Extrait

Mère, j'ai lu un livre écrit par un hommeÀ la plaie béante. Le premier chapitre débute par une terre fertile.Il décrit le silence des oasis sous un croissant de lune.La terre se moque de l'humeur des poètes,L'histoire n'écrit pas la mort des étoiles. Je tourne la page à la porte d'une ville fortifiée.Un étranger sonne à la porte ciselée.Il se dit persécuté par l'aigle sanguinaire du donjon.Il ouvre sa main. Il est déjà trop tard pour lire. Un livre n'attend pas la fin de l'exil.Un livre n'attend pas le retour des saisons.Un livre... [Lire la suite]
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mercredi 22 janvier 2020

LE BOIS D'EPAVE

Il y a des lieux qui nous mènent ailleurs, un arrêt sur image, une page arrachée, une tache blême sur un mur où il y avait un cadre, le sillage d’un bateau, les murs d’un village, une ornière de boue, le sourire d’une plage, la fadeur d’une fadaise, la hauteur d’une falaise, un mot d’auteur. Mon chant est trop petit pour les oreilles du monde. Mes pieds boitent comme un verbe éclopé qui se conjugue mal. Le même paysage accroche les regards. Chacun le voit à sa façon. Je n’ai rien demandé, mais le malheur rôde autour de moi. J’ai... [Lire la suite]
jeudi 16 janvier 2020

JARDINIER DE MA MEMOIRE...Extrait

Ils sont morts à plusieursC'est-à-dire chacun seulsur une même potence qu'on nomme territoireleurs yeux argiles ou cendres emportent la montagneen otage de vie.Alors la nuitla nuit jusqu'au matinpuis de nouveau la mortet leur souffle dernier dépose dans l'espace la fin du mot.Quatre soleils montent la garde pour empêcherle temps d'inventer une histoire.Ils sont morts à plusieurssans se touchersans fleur à l'oreillesans faire exprèsune voix tombe: c'est le bruit du jour sur le pavé.Crois-tu que la terre s'habitue à tourner?Pour plus de... [Lire la suite]
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dimanche 8 décembre 2019

AGNES SCHNELL...Extrait

Afin de rappeler ton jour de naissance, Agnès...     Tu marches pieds nus par déférencepour ton exil sans fintu marches sur une terrelourde de silences. Voix égaréesd’un pays d’herbes amèresoù tu t’es meurtri bien avant,bouches agacées d’où le chant se retirevers la nuée d’ombreou la canopée des oiseaux siffleurs… Jours de sableque dans le désordre tu égrènesjours fiévreuxd’images craqueléesd’orages lents à mourir. Quelque part remiséstes mots aux courbes doucesaux balancements d’ailestes mots seront cet indéfiniqui... [Lire la suite]
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lundi 2 décembre 2019

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Comme un vieux navire au mouillage, hésitant à lever l’ancre pendant que ses lumières vibrent sous les eaux, mes pensées prennent le large pour accoster sur mon étoile avec l’exigence qu’elle se nomme de mes éclats antérieurs à mon départ d’Alger. Seule Alger, l’amante, la muse, connaît mes aversions et mes penchants. J’avais pris contrat, la nuit, avec ses puits de silences et avais fait de son jasmin ma clause intime. Ainsi, je combinais ma vie à des surprises délicates qui m’enjolivaient continûment d’éclats immenses et... [Lire la suite]
mercredi 25 septembre 2019

YEHUDA AMICHAI

Ne deviens pasune épine.Prends exemplesur les pleurs, le grain de blé,ou l’obliquede tes yeux, toi. Nous ne sommes pas immuniséscontre le défaut des choses. Toujours partir.Monde de séparations,le coeur, les vêtementsapprovisionnent les valises. Quand nous élargissonsjardins et visages,nous détruisonsla règle des temps, futur et passémort et usure du temps,seul le sourire du sommeilcompte.     .     YEHUDA AMICHAI     .       Oeuvre Thor Lindeneg
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lundi 9 septembre 2019

ALEXO XENIDIS ...Extrait

Où sont-elles les voix qui me hantentLes appels de brume lourde des bateaux bercés contre les quaisRésillés de filets jaunes qui agaçaient le bleu des portes et l’âme du popeOù est le pélican qui arpente le port de son pas de notaire repuLes parfums de bois et de poussières fauves de la terre brûlée de grisLorsque le soleil l’abandonne, cruel amant, horloge rouge,Pour plonger vers le ventre mouvant de la mer offerte.Où est mon paysOù est mon paysLes voix s’éloignentHappées par les engrenages de la mémoireBroyées par les dents... [Lire la suite]
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dimanche 1 septembre 2019

PLANETE TERRE: VIVRE OU MOURIR ? REFLEXIONS A PARTIR DE L'ÎLE DE CORSE

LE VILLAGE PREMIER EST L'ENTITE SUPERIEURE ... Le berceau des origines, nous le voyons ici en Corse avec beaucoup d'acuité, est constitué par le village premier.C'est avec lui que le dialogue intime est le plus fort, avec lui que nous ouvrons notre cœur sans restriction et de la manière qui nous convient.Le village est à la fois un ensemble de maisons, un ensemble de familles, et son pourtour naturel, accolé à la montagne. Cette montagne qui fait partie du village comme un confident tutélaire.Ce périmètre naturel et atavique qui est... [Lire la suite]
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jeudi 22 août 2019

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Bonjour la rue des sottes nuits hivernalesPavée de mes pas et mes détours mauditsMes soupirs, mes plaintes et mes râlesReviennent ombrager tes accès interdits Vieux drille je suis, assidûment étrangerTel un Oyat des plages de colères arrachéObviant vaille que vaille aux vergetures Et à l'essor guindé des vaudevilles futurs Du village qui m’a vu naître et les déconvenues Passant par les cités d’ombres que j'ai connuesJusqu'à Paris où j'ai chaviré de mes ails d’agamiÉtranger là où j'ai été et chanté, là où j'ai dormi. ... [Lire la suite]
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mercredi 31 juillet 2019

ICI LA AILLEURS ET AUTRE PART

Que de douleur, que de souffrance, et ces petits, tout petits, cœurs palpitants que l'on a envie de cajoler, de bercer et consoler. Petits éclats de chair si tendre, entends-les pleurer leur sang si rouge, "et que la grenade est touchante dans nos effroyables jardins"(*). Un baptême et une bague, et au cou l’opulence de la mort et du noir. Une absence, une présence, un collier de souffrance. Dans la tête une voix qui tamise le silence, et le noir de la nuit dans le cœur de l’enfant qui se noie dans son sang. Une chemise... [Lire la suite]
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