vendredi 14 septembre 2018

DJAFFAR BENMESBAH...Extrait

Le chant des vagues est l’ivresse raffinée des flots quand ils symphonisent le silence des océans pour le confier en murmure à la chronique du temps qui passe. C’est une œuvre d’inspiration tendre dans laquelle la mélopée se lie indissolublement aux paroles de l'évasion où l’amour tient une part plus large que l’éloignement, la séparation, l’exil, la tristesse et la nostalgie. Une œuvre qui, dans le rideau du soir, livre par déclamation libre et notée les secrets de pérennité.    .   DJAFFAR  BENMESBAH   ... [Lire la suite]

mardi 4 septembre 2018

LA POESIE

Il faut de l'amour et de la poésie pour sauver l’espoir et vice-versa. De l’espoir, de l’amour et surtout de la poésie avec des poings d’acier pour riposter convenablement aux sociétés de courtage administrées par des puissants, tel Jules Ferry, qui s’adressent aux peuples brocantés par l’oubli comme se dédicaçait Zeus aux divinités mineures. Il faut de la poésie face à la réplicabilité violente des hâbleurs qui sèment la brouille dans les cœurs afin de les fermer à double tour après les avoir détroussés des Si qu’ils gardent en... [Lire la suite]
mardi 21 août 2018

LA TERRE DES ORANGES TRISTES

Lorsque nous avons dû quitter Jaffa pour Acre, il n’y a eu aucune sensation de tragédie. Cela ressemblait à un voyage annuel pour passer les fêtes dans une autre ville. Notre séjour à Acre ne semblait pas étonnant : peut-être même, étant jeune, m’en suis-je réjoui car ce déplacement me faisait rater l’école… Pourtant, la nuit de la grosse attaque sur Acre, la situation devenait plus claire. Ce fut, je pense, une nuit cruelle, passée entre le silence rigide des hommes et les invocations des femmes. Mes pareils, toi et moi, étions trop... [Lire la suite]
mardi 21 août 2018

NOUS ENSEIGNONS LA VIE, MONSIEUR

Aujourd’hui, mon corps était un massacre télévisé.Aujourd’hui, mon corps était un massacre télévisé censé ne pas aller au-delà des brèves citations et des limites des mots.Aujourd’hui, mon corps était un massacre télévisé censé ne pas aller au-delà des brèves citations et des limites des mots, suffisamment remplies de statistiques pour s’opposer à une riposte mesurée. Et j’ai peaufiné mon anglais et j’ai appris mes résolutions de l’ONU.Et pourtant, il m’a demandé : « Mademoiselle Ziadah, vous ne pensez pas que tout... [Lire la suite]
mardi 21 août 2018

SUFFOURIYYA

En juillet 1948, le village de Muhammad Ali,  qui avait abrité des résistants, fut bombardé par l’aviation israélienne avant d’être pillonné par l’artillerie. La plupart des villageois s’enfuirent dans les wadi et les vergers des environs, dans l’espoir que l’armée de libération arabe viendrait à leur secours. . Mais l’ALA n’arriva jamais et les habitants de Saffouriyya s’égayèrent. Certains se dirigèrent vers le nord, vers le Liban, tandis que d’autres trouvaient un premier refuge, temporaire, dans les villages avoisinants de... [Lire la suite]
dimanche 8 juillet 2018

DERRIERE LA PORTE

Un jour sur terre, le swing de la misèreDégoulinant de l’étagère à ampères Illuminera les dernières miettesLes restes d’un festin et les verres videsDe la clémence enlacée en paupiettesSur la table « nostre » dépitée de lipidesLe flux du pain chaud aux rizières du pauvreLe combat du ventre chez le concierge du criDes images flottent entre les dents du loupCe n’est pas chez toi, mais chez les autresCe n’est pas du blé, cela ne fait pas un pli Des images flottent encore où l’hostie n’est plus La souffrance efface la... [Lire la suite]

mardi 5 juin 2018

CHERCHEURS D'EAU

Ils ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les nuagesEt nous on manque d'eauIls ont sorti les armesIls disent qu'on est de tropOn n'a même plus de larmesTellement on manque d'eauOn était des nomadesOn menait les troupeauxAux maigres pâturagesOn était chercheurs d'eauOn nous a mis en cagesDans des parcs à bestiauxMême dans les miragesOn ne trouve plus d'eauLe monde nous regardeCertains chantent pour nousUne goutte de sableDans une mer de caillouxIls ont coupé les arbresIls ont volé nos ruisseauxIls ont chassé les... [Lire la suite]
dimanche 20 mai 2018

MEMOIRE DES SUDS

A Dom Gabrielli     De l'oignon cru de l'huile d'olive du pain et une pincée de sel tel est ton repas aujourd'hui succulent en ces jours de disette et tu te souviensd'une colline devant Jérusalemoù un petit chevrier te souriaitassis sur un rocher sous le ciel radieux de Palestinetu te souviens du paysan crétois aux yeux bleu clairqui remplissait ton verre de rakiun jour de Pâque inondé de lumièreavec la mer éblouissante à perte de vuetu te souviens au bord d'un chemin de caillouxsous un... [Lire la suite]
lundi 30 avril 2018

WITHOUT END...Extrait

Cherche à chanter le monde mutilé.Rappelle les longues journées de juinEt les fraises, les gouttes de vin rosé.Les orties qui, méthodiquement, recouvraientLes maisons abandonnées par ceux qui en avaient été chassés.Tu dois chanter le monde mutilé.Tu as regardé des bateaux et des voiliers élégants,Attendus d’un long voyageOu seulement d’un néant saumâtre.Tu as vu des réfugiés aller vers le néant,Tu as entendu les bourreaux chanter allègrement.Tu devrais célébrer le monde mutilé.Rappelle ces instants, quand vous étiez ensembleDans une... [Lire la suite]
mercredi 28 février 2018

LUIS CERNUDA

... Je rencontrai cette forme devant la mienne À l'heure du crépuscule, Quand les disparitions Confondent pour les yeux les couleurs, Quand le dernier amour Cherche l'ultime corps. Une angoisse sans fond hurlait entre les pierres ; En route vers l'air, des hommes sourds, Tête oubliée, Passaient au loin, libres ou morts ; Honteux cortège de fantômes Et leurs chaînes brisées qui pendaient à leurs mains. Alors la vie posa une lampe Sur des murs sanglants ; Le jour déjà fatigué séchait tristement Les futures aurores,... [Lire la suite]