dimanche 18 octobre 2015

L'ART D'ECRIRE

Tu exprimes le manque, l’incertitude, l’abandon peut-être Le gouffre où tu te débats Tu affectionnes un style et cherches le ton qui te ferait exister tu es là dans l’immensité, le bleu et la voix la voix se heurte au bleu et l’horizon renvoie un écho ne cherche pas l’écho l’écho est l’exil du même rapproche-toi de la sérénité, les puissants battants du songe ailes ouvertes répétant à l’infini le geste heureux d’aller vers l’autre et tu découvres la précarité de l’être, ou le refus ou le silence ou la mort Tu crées en... [Lire la suite]

samedi 17 octobre 2015

VERS LE ROYAUME DE LA PAIX

je conte le corps exilé et les racines migrantes la boussole égarée dans les décombres de l'errance le souffle amasse les peurs moisies des jours pétulants la fréquence du pas atteint l'âge des ténèbres brusquement l'homme dévore la chair vive de la prairie il disparaît sur son dos l'amphore sertie de sécheresse son crâne évadé subit l'avalanche des mémoires il porte les séquelles de sa terre et boit son calice ne sait plus lire le paysage étourdi par la gerçure des dunes il flanche à l'épreuve de l'arène à la croisée des vents... [Lire la suite]
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dimanche 27 septembre 2015

UNE DEMEURE PARMI LES ORTIES

Songes immatures Cueillies à la lisière des insomnies Efflorescences d’une aube incertaine Rêves calcinés, Au soleil de nos errances Sur les chemins de l’infortune Des vergers d’ Ain- Ezzaouia saccagés Par l’Ogre qui règne en maître sur la ville Et du visage triste et fermé de la mère Tu te souviendras longtemps encore Il fallait partir Quitter la demeure L’enfance au goût de loukoum et des beignets de grand-mère D’olives noires comme nos yeux Et la course folle dans l’oliveraie Parmi les oiseaux et les orties Il fallait partir... [Lire la suite]
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mercredi 16 septembre 2015

ERRI DE LUCA

(…) Ils veulent nous renvoyer, ils demandent où nous étions avant,  quel endroit nous avons laissé derrière nous. Je leur montre mon dos, c’est tout le derrière qu’il me reste,  ils se fâchent, pour eux ce n’est pas une deuxième face. Nous nous honorons la nuque, là où se précipite l’avenir  qui n’est pas devant, mais qui arrive par derrière et nous dépasse. Tu dois rentrer à la maison. Si j’en avais eu une, je serais resté,  même les assassins ne veulent nous reprendre. Remettez-nous sur le bateau,... [Lire la suite]
vendredi 4 septembre 2015

JE SUIS UN HOMME...

J'ai froid...De ce froid qui rabougrit, mène à se mettre en boule, à cacher toutes ses blessures. En demeurant aux aguets pour bondir et défendre ce qu'il me reste de valeurs. Privées, publiques... Les secondes, aujourd'hui, me conduisent à sortir de cette léthargie, et pousser, comme on me dit, un coup de gueule. Un enfant est mort. On publie sa photo. Certains s'indignent du principe au nom de la démagogie, du populisme, de l'appel à l'émotion. D'autres disent que cela permet de ne pas parler de tous les autres massacres dont on ne... [Lire la suite]
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vendredi 4 septembre 2015

JOSE EMILIO PACHECO

Sous le plus petit empire que l'été a rongé s'écroulent les jours, la foi, les prévisions. Dans la dernière vallée la destruction s'assouvit dans des villes vaincues que la cendre affronte. La pluie éteint la forêt illuminée par l'éclair. La nuit laisse son venin. Les mots se brisent contre l'air. Rien ne se restitue, Rien n'accorde La verdeur aux champs calcinés. Ni l'eau dans son exil Ne retournera à la fontaine Ni les os de l'aigle Ne retourneront à ses ailes.   .     JOSE EMILIO PACHECO   ... [Lire la suite]

samedi 29 août 2015

LOS NADIES / LES RIEN

Sueñan las pulgas con comprarse un perro y sueñan los nadies con salir de pobres, que algún mágico día llueva de pronto la buena suerte, que llueva a cántaros la buena suerte; pero la buena suerte no llueve ayer, ni hoy, ni mañana, ni nunca, ni en lloviznita cae del cielo la buena suerte, por mucho que los nadies la llamen y aunque les pique la mano izquierda, o se levanten con el pié derecho, o empiecen el año cambiando de escoba. Los nadies: los hijos de los nadies, los dueños de nada. Los nadies: los ningunos, los ninguneados,... [Lire la suite]
lundi 24 août 2015

JE BÂTIS MA DEMEURE...Extrait

J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne,pour une autre, qui non plus, ne l’est pas.Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace,parole de nulle part, étant celle obscure du désert.Je ne me suis pas couvert la nuit.Je ne me suis point protégé du soleil.J’ai marché nu.D’où je venais n’avait plus de sens.Où j’allais n’inquiétait personne.Du vent, vous dis-je, du vent.Et un peu de sable dans le vent. .   EDMOND JABES   .   Oeuvre Cirillo Martinez Novillo
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lundi 2 juin 2014

MAYA ANGELOU...Extrait

Nous, étrangers du courage,Exilés du plaisir,Sommes recroquevillés dans nos coquilles de solitudeJusqu’à ce que l’amour quitte les hauteurs de son temple sacréEt se révèle à nousNous libère et fait entrer dans la vie.L’amour arriveEt dans son cortège viennent des extasesDe vieux souvenirs de plaisirD’anciennes histoires de souffrance.Pourtant, si nous sommes audacieux,L’amour fait tomber les chaînes de la peurDe nos âmes.Nous sommes sevrés de notre manque de hardiesseDans l’afflux lumineux de l’amourNous osons être bravesEt soudain... [Lire la suite]
mardi 20 mai 2014

BRISURE II

Quel mot pur, essentiel, total Dense, inoubliable te dire ?   Un bruit confus s’élève dans mon cœur, Comme une sourde angoisse, Et se remue, enfant redoutable d’un sentiment amer   Il se crée une inexplicable musique, Combien dure, étrange et lente, Inconnue : Coups sourds frappés du lourd marteau de la mémoire, Appels funèbres d’un avenir semé d’orages solitaires, Au seuil du temps.   Solitude, Complainte grise et froide, Maîtresse déjà tes cheveux impalpable comme la vie Couvriront mon... [Lire la suite]