mardi 14 novembre 2017

NOTA BENE

Je peinsUn tableau noir, très noir,Profond,Rien que noir, suies, brumes, encres, crasses,Pour qu’on y voie mieuxLe contrasteEt je laisse pendue au bout d’une ficelleUne craie blanche pour écrireBonjour ! Ou bien Va t’en !Ce qui vous sert de cri, de façon d’exister,Que vous êtes naïfs à me croire mélancoliqueUne pensive statue plongée dans le regretRésignée qui s’afflige,Si je penche la tête et si je serre mes bras c’estPour serrer plus étroit ce feu que je préserveEt même s’il me dévoreJ’attends, dans ce désordre, une seule parole... [Lire la suite]

vendredi 10 novembre 2017

AU PRINCE / AL PRINCIPE

Si le soleil revient, si le soir descendsi la nuit a un goût de nuits à venir,si un après-midi pluvieux semble revenird’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;je ne sens plus, devant moi, la vie entière…Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;des heures et des heures de solitude sont la seulefaçon pour que quelque chose se forme, force,abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mortqui approche, au... [Lire la suite]
jeudi 9 novembre 2017

A PEINE DEFIGUREE

Adieu tristesse, Bonjour tristesse. Tu es inscrite dans les lignes du plafond. Tu es inscrite dans les yeux que j'aime Tu n'es pas tout à fait la misère, Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent Par un sourire. Bonjour tristesse. Amour des corps aimables. Puissance de l'amour Dont l'amabilité surgit Comme un monstre sans corps. Tête désappointée. Tristesse, beau visage.     .     PAUL ELUARD   .    
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mercredi 8 novembre 2017

VAHAN TEKEYAN

Que me reste-t-il de la vie ? Que cela est étrange, il ne me reste que ce que j'ai donné aux autres.   .   VAHAN TEKEYAN (1878 - 1945) poète arménien   .  
vendredi 3 novembre 2017

TRACES/HUELLAS...Extrait

Une république de roulottesde frontièresdisparues à l’aubefrontières qu’avec l’angede son silencela nuit a imposéesLa marche est l’alliance de ceuxqui ont tout perduDe ceux qui rêvent la plainede l’autre côté de la meret au pied d’une montagneattendent que le soleil se couche . Myriam MONTOYATraces / HuellasL’Oreille du Loup, 2009 . Photographie Jeannette Gregori www.jeannettegregori.com
mercredi 1 novembre 2017

MIROIR POUR UNE QUESTION

J’ai questionné et on m’a ditLa branche couverte de feuest oiseauOn m’a dit que mon visage était la houleEt le visage du monde miroirspeine du matin, phareJe suis venuEncre était le monde sur ma routePhrase tout frémissementJ’ignorais qu’entre nousun pont était jeté – fouléesde flammes et prophétiesUn pont de fraternitéEt j’ignorais que mon visageétait vaisseauNaviguant dans une étincelle   .     ADONIS .
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lundi 30 octobre 2017

MA VIE GRAPILLE DE CI DE LA

Au bout de l’heure tragique, j’ai perdu le contrôle de ma vitesse intérieure. Je me suis abandonné à l’hégémonie du souffle et il m’a percuté de sa lame tranchante.  La différence n’est pas toujours là où on le croit. Etonnant ce corps qui vieilli et dont on conserve la sensation d’avoir toujours vingt ans. Sans doute, pour tous ceux qui ont connu l’handicap dès la première heure, la notion de différence n’égale pas celle de la comparaison. Le déchirement de nos pensées et de l’estime que l’on se porte peut nous être fatal.... [Lire la suite]
vendredi 27 octobre 2017

RECHERCHE

N’entre que dans la cathédrale des hommes qui doutent. C’est largement suffisant pour s’y perdre et trouver le sens d’une route. Tu trouveras en eux la flamme des silex, la caresse des corps en larmes, l’édifice indispensable des vieilles villes. Les ports n’existent que parce qu’il y a des océans. Là-haut n’est qu’une catastrophe de mensonges et d’à-peu-près. Préfère-lui la complexité des étoiles, le vertige des trous noirs, l’opiniâtreté des chercheurs de langues et la douceur nommée des longues soirées d’automne. Mais ne crache... [Lire la suite]
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jeudi 26 octobre 2017

LE TEMPS DE...

Le temps de... tant de rivières de rides de rifts Le temps de... tant de brisures de cicatrices de cris étouffés Le temps de... tant de battements de coeur de pas d'empreintes d'effacements Le temps de... tant de lettres serpentantes de mots errants de ratures à relire Le temps de... tant de souvenirs d'oublis en mémoire de silence sur le bout de la langue Le temps de... Tant de ... manque.   .   ANNE MARGUERITE MILLELIRI   .  
jeudi 26 octobre 2017

ALEXO XENIDIS...Extrait

Il faudra que je perde le Nord Pour voir enfin l’Orient où le soleil naît Entre les cuisses ouvertes de l’horizon Salies de sang vie lumineuse Les noires frondaisons s’éclairent Je regarde L’enfantement d’une journée Personne ne compte ses doigts Ni ne l’enveloppe d’un drap chaud Ni ne lave sa bouche des péchés de la veille Comme nous naissons Chaque matin Aux vies nouvelles, abandonnés   .   ALEXO XENIDIS     .   Photographie Bernard Liégeois          
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