vendredi 9 novembre 2018

A CET INSTANT MÊME

   À cet instant même, j’enfile cette aiguilleavec le fil d’un propos que je tais et je me mets à ravauder.Aucun des miracles qu’annonçaient les très éminents prophètesn’est advenu et les années défilent vite.Du néant à si peu, toujours face au vent, quel long chemin d’angoisse et de silences. Et nous en sommes là: mieux vaut le savoir et le dire,les pieds bien sur terre et nous proclamer les héritiers d’un temps de douteset de renoncements où les bruits étouffent les paroleset la vie en miroirs déformés.Plaintes et... [Lire la suite]

jeudi 8 novembre 2018

A L'ECHAPPEE

L’heure est ouverte. Toujours. La seconde offerte à la vie, la durée la zappe et ne s’en souvient que si elle subjugue. Sur la table, proche du mur où repose l’horloge, un vase et un bouquet de fleurs. Au fond de l’écuelle, un peu d’eau pour maintenir la vie et la couleur. Une gorgée de lumière dans le sillon qui traverse la pièce. Tout est calme et silencieux lorsque le temps sonne la cadence. Le rythme régulier du tic-tac ressemble à celui des vagues uniformes venues mourir sur la plage. Il est midi, il est minuit. C’est... [Lire la suite]
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mercredi 7 novembre 2018

HOMMAGE A GERALD BLONCOURT PAR ISABELLE BLONCOURT ( REPITON )

  5 novembre 2018 Hommage à Gérald Bloncourt par Isabelle Bloncourt (Repiton) Prononcé dans la salle de la Coupole du crématorium du Père Lachaise, Paris 20e . " Honneur Respect " Gérald aurait commencé ainsi, en vieil haïtien qu’il était, lui a qui on demandait si souvent ces dernières années de prononcer des hommages funèbres. « Je suis Haïtien, Natif Natal », comme il disait avec sa façon bien à lui de faire sonner les A. Pas Franco-Haïtien, comme on l’a qualifié ces jours derniers dans la presse. Sans renier la... [Lire la suite]
mercredi 7 novembre 2018

SANS RETOUR...

On est là, en équilibre. La lumière est traversée d’ombres brèves. On reste encore pour l’espace, pour les branches, pour l’ombre bleue, pour le merle, pour les visages un instant dans le jour sans nom. Pour ce qui ne revient pas. On reste encore pour ce qui vient.   Où il y a l’attente, longtemps, et sans retour, où il y a dire, et puis ne plus pouvoir dire, où il y a écouter et puis ne plus pouvoir écouter, où il y a regard et puis tenter de regarder encore, et sans retour. C’est un chant, et... [Lire la suite]
jeudi 1 novembre 2018

LE CORPS DU DELIT

Je veux traîner le monde derrière mes yeux, toucher avec ses mains le corps du délit. On ne comprend pas le désert sans manger la poussière. On ne sait pas l’assiette sans façonner l’argile. Mon chemin passe par les jardins, le silence, l’odeur de terre. Il rejoint par le vent le sillage des oiseaux. Il dort quelque fois à l’auberge des brouillards. Il s’éveille entre les lignes d’un poème. Il fait fondre la neige avec sa main de feu. Il court avec la biche sans écraser les mûres. Il traverse les murs. Il repère les portes. Il emporte... [Lire la suite]
dimanche 28 octobre 2018

NULLE PART

Nous n'habitons nulle part nous ne brisons de nos mainsrouges de ressentiment que des squelettes de ventnous tournoyons dans un désert d'images diffusées par lesinvisibles ingénieurs du monde de la séparation permanenteretranchés dans les organismes planétaires planificateursinfatigables du spectaclenous ne sommes rien nous ne sommes qu'absenceune brûlure qui ne cesse pas nous n'embrassons nulle bouchevraie nous parlons une langue de cendres nous touchonsune réalité d'opérettenous n'avons jamais rendez-vous avec nous-mêmesnous nous... [Lire la suite]
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dimanche 28 octobre 2018

ON

À courir plusieurs lièvres à la fois, on loupe sa vie et tout le reste. On s'encombre d'illusions que l'on érige en rêves. On triche sur le fond, on joue avec la forme. On installe le mensonge en gardien  d'artifices. On cueille la marguerite jusqu'à la fin du champ. On fait pleurer Margot dans la chaumière du cœur. On invente des histoires, des excuses, et parfois on y croit. On piétine, trépigne, rapine. Le temps d'une entourloupe, on justifie les stratagèmes. A petit feu on éteint la lumière. On trahit je et nous. On, on,... [Lire la suite]
jeudi 25 octobre 2018

EX-IL

Pour n’avoir pas su garderau cœur le plus secret de soile lieu de son avènement au mondeoù se terrer et se reprendrede toute absence et de tout deuilvoici l’homme voué au manqueirréparable d’un ancragerepérable dès l’horizontel vagabond de sa propre existencemâchonnant quelques déchets de mémoire     .     JEAN-CLAUDE XUEREB     . Bernard Liegeois
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jeudi 25 octobre 2018

TU PARLES DE CIVILISATION

  Tu parles de civilisation, tu dis qu’elle ne devrait pas être,ou qu’elle devrait être différente.Tu dis que tous les hommes souffrent, ou la majorité, avec les choses humaines disposées de cette manière.Tu dis que si elles étaient différentes, ils souffriraient moins.Tu dis que si elles étaient selon tes voeux, cela vaudrait mieux.J’écoute et je ne t’entends pas.Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ?Si je t’entendais je n’en serais pas plus avancé.Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes, voilà tout. Si... [Lire la suite]
mercredi 24 octobre 2018

C'ETAIT UN PETIT CHEMIN DE TERRE

C'était un petit chemin de terre. Il serpentait à travers la plaine, à l’écart des grandes villes. Des talus broussailleux, des peupliers et des bouleaux, des rochers le bordaient. À l’un de ses méandres il frôlait une croix de pierre au socle tout moussu. Puis il partait se perdre quelque part dans la plaine, parmi les ronces et la poussière. Exténué par tant d’immensité il finissait par se dissoudre sous l’herbe rase et les cailloux ainsi que s’effacent les morts invités par la nuit de la terre au grand mystère de la disparition. ... [Lire la suite]
Posté par emmila à 11:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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