samedi 21 juillet 2018

AGNES SCHNELL...Extrait

Voici que déjà mon noms’effaceet rompt avec la partitionque j’avais déroulée. Je l’ai jouée à m’y perdrea cappella à l’envers sans répit. Voici que déjà s’amenuisel’espace tel un feu que l’on couvre brusquement,des pattes d’oiseauxsur l’humidité du sable,le fantôme d’un arbreoù le vent reste prisonnier.     .     AGNES SCHNELL     .   Oeuvre Paul Delvaux
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samedi 21 juillet 2018

A MON PAYS RETROUVE

Je reviens en septembre, le mois de ma naissance, dans un camion presqu’animal, et la phrase sourde du moteur comme une berceuse de l’enfance conte l’histoire d’un homme et de son sac de sable. Mon pays est plus vaste que mon bagage. Le ciel encombré d’un nuage géant et le dos basculant de la terre que je vois respirent comme un bœuf à l’énorme poitrail. C’est un matin enluminé de fermes blanches et d’arbres aux feuilles filantes comme mes pensées, et depuis l’appel du premier corbeau piquant du bec et de l’âme le reste... [Lire la suite]
mercredi 18 juillet 2018

ANNE MARGUERITE MILLELIRI

Il y a ce ravageque la raison écarteun temps ; il y ace grésil craché du ciel, et l'aile alourdie de cendre est sang sec ; les eaux mêlées du fleuve viese figent dans les veines. La vérité est blanche ou noire ;solarisée, la vérité crève les yeux :dans le réduit cubique de la question,la lumière blanche ensanglante les murs,la tache noire au fond de l'oeilabsorbe le cri,le lisse, le lyse,le silence-on-tue ; le silence honteuxdéchette. Ici naît l'homme-guenilled'âme sans mémoire.Sur la terre piétinée pousse l'herbe... [Lire la suite]
mardi 17 juillet 2018

L'ADOLESCENCE...

C'est un coin d'herbes folles, de bleuets, de chiendent,Blotti entre la jungle infernale des grandsEt le petit jardin tranquille de l'Enfance,C'est une île inconnue de vos cartes adultes,Un lagon épargné, une prairie inculte,Une lande battue où les korrigans dansent,L'Adolescence...C'est l'échelle de soie, c'est Juliette entrevue,Debout dans le miroir c'est la cousine nueQui s'émerveille et crie au fond de mon silence,C'est un baiser volé à la barbe du Temps,C'est deux enfants qui s'aiment à l'ombre d'un cadranOù sous chaque seconde... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

LA LUMIERE LA MÊME...Extrait

Chaque jour emporte un bout de vie un éclat de lucidité chaque jour apporte plus de souffrance plus de silence et de résignation La vague avance et recule elle arrache au rivage un peu de sable une plume une feuille elle apporte sur le rivage des brindilles et une écume jaunie. Et pourtant tout recommence l'eau s’est refermée sur le caillou lancé par l’enfant le souvenir tombe dans l’oubli Dans l’invention du rêve Parfois un geste s’ébauche une phrase se forme on voudrait... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

DIT C'EST UN POEME D'AMOUR...Extrait

Comment dire l’amour le temps de l’amour la fin de l’amour comment éclairer les temps lumineux et ne pas tricher sur les défaites les oublis comment dire l’amour le temps de la tempête l’amour qui voyage qui rend à l’enfance comment dire ce qui rugit ce qui rougit ce qui cache ce qui éclaire le visage transperce le regard comment dire l’amour qui se partage qui se disloque qui se reloque qui s’oublie comment dire la parole qui bégaye l’interrogation des mains des yeux comment nourrir la prière ... [Lire la suite]
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samedi 14 juillet 2018

LE BATEAU DE TERRE CUITE...Extrait

Ombres minuscules sur la blancheur du mur labyrinthe éphémère de l’instant nous avons besoin de la mer non pour laver nos oreilles mais pour plonger dans les confins des profondeurs les yeux fermés sous l’eau de notre soif au milieu du bleu le corps dressé par l’éphémère le regard aiguisé par le lointain nous avons besoin de la mer pour renaître sur la plage à l’ombre d’un murmure en fleur la matière de nos paroles est la lumière la matière... [Lire la suite]
vendredi 13 juillet 2018

ALBERTINE BENEDETTO ...Extrait

Anna Marta Maria Margherita ! Cris des mères sur le seuil appelant marmaille à la volée, mains mouillées essuyées vite au tablier, appellent leurs fillettes en bande sur le chemin, poissées des myrtilles écrasées par poignées dans les bouches rieuses, lèvres barbouillées retroussées sur leurs dents inégales, pointues, jeunes renardes ensauvagées courent à toutes jambes vers le giron qui sent l’âtre et le lait, vers les mères inquiètes la voix rauque d’avoir tant appelé au soir les bras lourds de la lessive soulevée ruisselante... [Lire la suite]
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mercredi 11 juillet 2018

VRAI LIEU...Extraits

Qu'une place soit faite à celui qui approche, Personnage ayant froid et privé de maison. Personnage tenté par le bruit d'une lampe, Par le seuil éclairé d'une seule maison. Et s'il reste recru d'angoisse et de fatigue, Qu'on redise pour lui les mots de guérison. Que faut-il à ce cœur qui n'était que silence ? ... Par la brièveté de la porte, vois Le pain brûler sur la table. Par le bois cloué mort dans la porte, prends Mesure de la nuit qui couvre la terre. Par le déchirement de la... [Lire la suite]
mardi 10 juillet 2018

MON CORPS ET MOI...Extrait

 Je ne recollerai pas les morceaux du souvenir. Le ciel craquelé des puzzles ne ressuscite point la féerie. Ce que je me suis rappelé ne m'a jamais donné l'impression de vie que par de nouveaux regrets suscités. Aussi, de tous les hommes, les plus tristes et les plus malheureux m'apparaissent ceux qui naquirent doués des meilleures mémoires. Ils ne triomphent point de la mort mais, par la plus inexorable fatalité, chaque transsubstantiation qu'ils essaient, au lieu de prolonger leur passé, tue leur présent. Victimes de leur... [Lire la suite]