dimanche 7 août 2011

LE LIVRE DE L'INTRANQUILITE...Extrait

Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste. Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l'ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l'espoir qui se brise perpétuellement dans l'obscurité, avec un bruit sourd d'écume résonnant dans les profondeurs! Combien de larmes pleurées par ceux qui obtenaient, combien de larmes perdues par ceux qui réussissaient! Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l'abîme. Que nous sommes... [Lire la suite]
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jeudi 24 février 2011

LE GARDEUR DE TROUPEAUX ET AUTRES POEMES...Extrait

Si je meurs très jeune, écoutez ceci : je ne fus jamais qu’un enfant qui jouait, je fus idolâtre comme le soleil et l’eau d’une religion ignorée des seuls humains. Je fus heureux parce que je ne demandai rien, non plus je ne trouvai qu’il y eût d’autre explication que le fait pour le mot explication d’être privé de tout sens.   Je n’ai désiré que d’être au soleil ou sous la pluie, au soleil lorsqu’il le soleil y était et sous la pluie lorsqu’il pleuvait (et jamais au contraire), avoir chaud et froid et vent, et... [Lire la suite]
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vendredi 2 juillet 2010

PESSOA...

Feindre est le propre du poète. Il feint si complètementQu’il en arrive à feindre qu’est douleurLa douleur qu’il ressent vraiment. Et ceux qui lise ses écritsRessentent sous la douleur lueNon pas les deux qu’il a connues,Mais bien la seule qu’ils n’ont pas. Ainsi, sur ses rails circulairesTourne, accaparant la raison,Ce petit train a ressortsQui s’appelle le cœur. .    FERNANDO PESSOA.
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dimanche 25 avril 2010

PESSOA

Je ne sais combien d’âmes j’ai. J’en ai changé à chaque instant. Je me sens continuellement étranger à moi-même. Je ne me suis jamais vu, jamais trouvé. En étant plusieurs, je n’ai qu’une âme. Celui qui a une âme n’a point de calme. Celui qui voit n’est que ce qu’il voit. Celui qui sent n’est pas celui qui est. Attentif à ce que je suis et vois, Je deviens eux et pas moi. Chacun de mes rêves ou désirs Est à celui qui naît et pas à moi. Je suis mon propre paysage, J’assiste à mon propre passage, Divers, mobile, seul, Je ne sais pas... [Lire la suite]
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vendredi 12 mars 2010

L'ENFANT NOUVEAU

L’Enfant Nouveau qui habite où je vis Me tend une main à moi Et l’autre à tout ce qui existe Et ainsi nous allons tous trois par le chemin qui se présente. Sautant et chantant et riant Et savourant notre secret commun Qui est que nous savons en tout lieu Qu’il n’y a pas de mystère en ce monde Et que tout vaut la peine. L’Enfant Eternel m’accompagne toujours. La direction de mon regard c’est son doigt qui désigne. Mon ouïe joyeusement attentive à tous les bruits Ce sont les chatouilles qu’il me fait, pour jouer, dans... [Lire la suite]
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mardi 23 février 2010

PESSOA...

J’ai tant de sentiment Que je me persuade fréquemment Que je suis un sentimental. Pourtant je reconnais, quand je me considère, Que tout cela est une affaire de pensée, Et qu’au bout du compte je n’ai en rien senti. Nous avons, nous tous qui vivons, D’une part une vie vécue Et de l’autre une vie pensée: L’unique vie que nous ayons Est celle qui est partagée Entre l’authentique et la fausse.   Mais des deux vies, laquelle est authentique, Laquelle est fausse, il n’y a personne au monde Capable de nous l’expliquer;... [Lire la suite]
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jeudi 29 octobre 2009

FERNANDO PESSOA

L'art nous délivre de façon illusoire, de cette chose sordide qu'est le fait d'exister... En art, il n'y a pas de désillusion, car l'illusion s'est vue admise dès le début.Le plaisir que l'art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler : nous n'avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords... Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d'un passage, le sourire offert à quelqu'un d'autre, le soleil couchant, le poème, l'univers objectif.... [Lire la suite]
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samedi 24 octobre 2009

AJOURNEMENT

Après-demain, oui, après-demain seulement…Je passerai la journée de demain à penser à après-demain,et ainsi ce sera possible ; mais pas aujourd’hui…Non, aujourd’hui pas moyen ; impossible aujourd’hui.La persistance confuse de ma subjectivité objective,le sommeil de ma vie réelle, intercalé,la lassitude anticipée et infinie,un monde de lassitude pour prendre un tram…cette espèce d’âme…Après-demain seulement…Aujourd’hui je veux me préparer,je veux me préparer à penser demain au lendemain…C’est lui qui est décisif.J’ai déjà mon plan... [Lire la suite]
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mercredi 29 juillet 2009

FANAL...Extrait

(...)Sois le fanal, sois la lumière au  creux du verre,                                                      Mais garde ta chaleur.                         Les vents ne pourront pas te harceler au point                ... [Lire la suite]
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mardi 2 juin 2009

LE GARDEUR DE TROUPEAUX...Extrait

Quand je mourrai fiston, Que ce soit moi, l’enfant, le plus petit. Et toi, prends-moi dans tes bras Et emmène-moi au-dedans de chez toi. Déshabille mon être humain et fatigué Et couche-moi dans ton lit. Et raconte-moi des histoires, au cas où je me réveillerais, Pour que je puisse me rendormir. Et donne-moi des rêves à toi que j’en joue Jusqu’à ce qu’en naisse certain jour Dont toi seul sais bien ce qu’il en est. .            FERNANDO ... [Lire la suite]
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