jeudi 26 mars 2020

SOLAIRE...Extraits

Un jour je suis entrée dans la maison de ton nom, c’était l’exact de ce que j’attendais. J’y suis restée et plus jamais je n’ai eu froid et plus jamais je n’ai eu peur. Qu’on ne me parle pas de cage, il s’agit là de la plus haute, de la plus absolue des libertés. ...  Des traces de mots sur la neige de papier. Un chant d’alouette dans la gorge. Des miettes de paix sur le fracas des hommes. L’eau, le sel, le pain. Et même si le fer-blanc du jour fait muraille, même si la terre crevasse, même si les mains rident comme... [Lire la suite]

dimanche 1 décembre 2019

PRISONS ET PARADIS...Extrait

"Dans ce temps lointain où j'apprenais à respecter la cendre, couvrir le feu pour la nuit, réveiller le lendemain matin son ardeur capitonnée de cendres, j'apprenais aussi que la cendre de bois cuit, savoureusement, ce qu'on lui confie. La pomme, la poire, logées dans un nid de cendre chaude, en sortent ridées, boucanées, mais molles sous leur peau comme un ventre de taupe, et si "bonne femme" que se fasse la pomme sur le fourneau de cuisine, elle reste loin de cette confiture enfermée sous sa robe originelle, congestionnée de saveur,... [Lire la suite]
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lundi 15 avril 2019

NOTRE DAME

  " Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moment un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de montres vomissaient sans relâche cette... [Lire la suite]
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samedi 13 avril 2019

CHRISTINE LAVANT...Extrait

  Vieux sommeil, où sont tes fils ?Tu dois en avoir des jeunes, des solides,De ces gaillards capables de bien plus Que de survenir et d’éteindre la lampe. L’un doit s’allonger auprès de ma peur,Un autre s’agenouiller sur ma nostalgie,Ils doivent avoir tous deux des poings solidesPour que les voisins n’entendent aucun cri. Quelle poudre veux-tu me jeter dans les yeux ?Du sable ? ― Je ris ! ― je peux t’offrir tout un désert pour des yeux pareilsqui déjà s’en contentent. Les miens, tu sais, sont... [Lire la suite]
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lundi 1 avril 2019

LE FEU GOUVERNE...Extrait

Pour dire celui qui précipite dans ses solitudes brûlées laperfection du feu et de la cendre, je maintiens la fin dansl’ébranlement, le départ dans le terme. Le monde est muré. La ville est murée. Sans répit la folle cogneson outil de fer contre la peau du cercle. Son loisir est la haine. Je ne dénonce pas. Mais dans l’absolu des menthes et des saugesbleues, entre la mort en habits de laine et l’été intime desplantations, j’éveille les musiciens, je rassemble les jeteuses de sort,j’applique une fraîcheur d’argile sur la cicatrice qui... [Lire la suite]
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dimanche 12 août 2018

JUAN RAMON JIMENEZ...Extrait

"Les dieux n'ont pas eu d'autre substance que celle que j'ai moi-même." J'ai, comme eux, la substance de tout ce qui a été vécu et de tout ce qui reste à vivre. Je ne suis pas seulement un présent, mais une fugue torrentielle, de bout en bout. Et ce que je vois, de part et d'autre, dans cette fugue (avec des roses, des ailes brisées, de l'ombre et de la lumière) n'appartient qu'à moi, souvenirs et désirs bien à moi, pressentiment, oubli. Qui sait mieux que moi, qui, quel homme ou quel dieu peut, a pu, ou pourra me dire à moi ce que... [Lire la suite]

mardi 17 juillet 2018

POESIE VII...Extrait

  Matin d’aurore fraîche lune des grandes fuites je m’éveillais le vent cachait le feu la table beige du bois luisant les herbes hautes dans le pré à jamais l’heure des joies un silence de roses l’escalier, l’évier, libre de son eau un ailleurs qui consume l’absence lente nous imaginons le monde à notre image vertiges des hasards croyons nous aux mêmes légendes, aux ombres rugueuses dans le livre des courbes bleues devant la source   .     PATRICK ASPE     . ... [Lire la suite]
lundi 25 juin 2018

NUIT DE SAINT-JEAN

  J’ai aimé pour mille ans par une nuit semblableOù juin s’époumonait au perron de l’étéJ’ai aimé pour mille ans et coule intarissableLa source cyclamen de nos éternités C’était un soir joyeux de fureur et d’esclandreLa venelle riait hétaïre et ambréeC’était un soir joyeux de fureur et d’esclandreSous la pamoison d’or d’un grand ciel cérusé Tandis que la Saint-Jean renaissait de ses cendresTu colportais heureux les flambeaux de l’étéSous les madriers d’ocre où le couchant rassembleLa mémoire des hommes La caresse des blés ... [Lire la suite]
samedi 17 mars 2018

EDOUARD J. MAUNICK...Extrait

... .comme un cri non coupable seul soleil du soleilcouleur de la cannelle de l’écorce couleurdouleur de la racine de nocturne douleurpoivre et poussière de pierre couleur de n’importe oùdouleur de la dispute trop de sangs s’interpellentla peau la peau la peau les tropiques se réveillentaveugle dans la ville témoin aux jeux de braisele soleil innocent exige la part du cœur rendez-moi ma couronne ma raison premièremon royaume métis commence au point du jouret ses orfèvreries hantent les fonds de chairje prophétise le sang mêlé... [Lire la suite]
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mercredi 21 février 2018

JE SUIS NE DANS LA NATURE...Extrait

Je rêve des quatre éléments, terre, eau, feu, air. Je rêve du Bien et du Mal. Et la terre, l'eau, le feu, l'air, le Bien et le Mal s'entremêlent et deviennent l'Essentiel.   D'une toison céleste agitée s'élève une feuille. La feuille se transforme en un torse. Le torse se transforme en un vase. Un énorme nombril apparaît. Il grandit, il devient toujours plus grand. La toison céleste agitée se dissout en lui. Le nombril est devenu un soleil, une source immense. la source du monde. Elle brille. Elle est devenue... [Lire la suite]
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