lundi 23 octobre 2017

ANALOGIE

Elle se surprit à rêvasser à la fenêtre. Le paysage d’un jour d’octobre la portait à la mélancolie. Elle venait d’éplucher des pommes. Ses mains avaient encore un goût sucré, elle les lécha comme un enfant. L’odeur de ces pommes était évocatrice.Dans le jardin de ses grands-parents, un très vieux pommier refleurissait chaque année. Il offrait une maigre récolte de fruits acides, immangeables, mais jamais il ne fut question de l’abattre. L’arbre avait survécu à deux guerres, à des dizaines d’orages, à des meutes de gosses chapardeurs... [Lire la suite]
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mercredi 31 mai 2017

GESTES...Extrait

Parfois les mots viennent tout seuls presque, comme les feuillesaux arbres –bien sûr, les racines, invisibles, la terre, le soleil, l’eau ont aidéà cela,et aussi les feuilles pourries du passé. Les idées, plus tard,viennent facilement par-dessus, comme sur les feuilles les araignées,la poussièreet les gouttes de rosée scintillant d’une lumière équivoque.Sous les feuilles une petite fille éventre sa poupée nue ;une goutte de rosée tombe sur ses cheveux ; elle lève la tête, ellene voit rien ;et seulement cette transparence froide de la... [Lire la suite]
dimanche 30 juin 2013

CAMILLE...

(...)   Comme un petit chat elle fait le dos rond mais il ne faut pas s'y fier. Ce  caractère bien trempé n'est pas d'aujourd hui. A sa naissance, une fée a posé son doigt au dessus de sa bouche et le sillon qu'elle a laissé contient tous les ingrédients pour affronter le gâteau de la vie. On peut la croire indifférente, c'est le contraire, elle absorbe les émotions et construit sa défense, l'attaque est souvent théatrale. Elle installe un long silence et s'absente pour vagabonder dans le monde choisi. S'en suivent des... [Lire la suite]
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mardi 15 janvier 2013

QUAND JE SERAI PETITE

Quand je serai petite, j’aurai une mère et un père ensemble pour toute la vie qui s’aimeront si fort qu’il n’y aurait que la mort qui pourrait les manger mais cinq minutes seulement.  Quand je serai petite, j’aurai un beau chien blond aux yeux si noir brillant qu’ils effaceront les nuits et je ne serai plus forcée à chaque soir venu, de retourner me coucher après l’histoire finie. Quand je serai petite, j’aurai le monde entier pour être mon jardin et des tas d’araignées aux guirlandes de soie tisseront son manteau d’argent,... [Lire la suite]
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samedi 10 mars 2012

FILLETTE

Tu nommes l'arbre, fillette Et l'arbre croît, lent et plein noyant les airs. vert éblouissement, jusqu'à ce que vert soit notre regard. Tu nommes le ciel, fillette Et le ciel bleu, le nuage blanc, la lumière du matin, se logent dans le coeur jusqu'à devenir ciel et transparence. Tu nommes l'eau, fillette Et l'eau jaillit, je ne sais où, elle baigne la terre noire, reverdit la fleur, brille sur les feuilles et nous change en humides vapeurs. Tu ne dis rien, fillette Et naît du silence la vie dans une vague de jaune musique; sa houle... [Lire la suite]
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