lundi 5 mars 2018

LE BAISER

" Au- dessus de l’atelier de mon père était un vaste grenier sonore comme une cale de navire. Une large fenêtre, dominant toute la cour aux moutons, permettait de voir, au- delà des toits, par là-bas loin, le scintillement de la rivière, le sommeil des collines, et les nuages qui nageaient comme des poissons avec de l’ombre sous le ventre. On ne pouvait vivre dans le bas de notre maison qu'en rêvant. Il y avait trop de lèpre de terre sur les murs, trop de nuits qui sentaient le mauvais champignon, trop de bruits dans l'épaisseur des... [Lire la suite]

mardi 17 octobre 2017

GHERASIM LUCA

"Dans ce langage, qui sert à désigner des objets, le mot n'a qu'un sens, ou deux, et il garde la sonorité prisonnière. Qu'on brise la forme où il s'est englué et de nouvelles relations apparaissent : la sonorité s'exalte, des secrets endormis surgissent, celui qui écoute est introduit dans un monde de vibrations qui suppose une participation physique, simultanée, à l'adhésion mentale. Libérer le souffle et chaque mot devient un signal..."    .   GHERASIM LUCA   .       Photographie Thami... [Lire la suite]
Posté par emmila à 13:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mardi 13 décembre 2016

QUATORZIEME POESIE VERTICALE - DECIMOCUARTA POESIA VERTICAL...Extrait

Ecrire un poème sur rien, où toutes les transparences peuvent flotter, ce qui n’a jamais connu la condamnation de l’être, ce qui l’a abandonné déjà, ce qui est sur le point de commencer et ne commencera peut-être jamais. Et l’écrire avec rien ou presque rien, avec l’ombre des mots, les espaces oubliés, un rythme qui se détache à peine du silence, et un silence marqué dans un point de l’autre côté de la vie. Un poème sur rien et avec rien. Peut-être que tous les poèmes passés, futurs ou impossibles pourraient tenir en lui, au moins... [Lire la suite]