mercredi 14 septembre 2016

ALLEGEANCE AU VENT

Allégeance au vent. Les peupliers du jardin, ce sont horloges à eau chiffrant nos instants et saisons, ce sont fuseaux à fuyant fil de vie. Quand la lune se fait puissante, leur feuillage frémit en petites mains d’ombre sur le pignon laiteux. Te voilà femme de soie grège, béante sous les doigts de caresse, femme de vals et de coteaux, de frondaisons et de lichens. Femme arabesque, luxuriante et luisante dans le petit jardin où, en marche à travers la douceur, tu regardes pleuvoir une pâleur sur les acanthes (hautes hampes... [Lire la suite]
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vendredi 9 septembre 2016

AVEC TOI VIENT L'ÉTÉ AUX PIEDS DE SAUGE ROUGE

"Échanger paroles est acte des amoureux"François Rabelais   . Tu m'écris. Jour après jour, chaque bouffée de ton souffle m'écrit, comme, une à une, les fleuraisons des heures.Tu m'écris, aristotélicienne, en élaborant des repas savoureux. Tu m'écris quand tu chantonnes une aria de Bellini, tes toisons moussues sous la douche.Tes mains filent trame et chaîne, fibres imprévues quelquefois, et, dans l'étoffe des mots incrustée de tessons, incisée de reprises, d'ajours, brodent, de syllabe en syllabe, le dit du libre jeu qui nous... [Lire la suite]
jeudi 8 septembre 2016

VENT DES NUITS

L’infime frisson des feuillages à nuit close hors la chambre (porte-fenêtre ouverte et contrevents mi-clos) serait-ce, dans l’air moite, la mémoire du seringa ? On pressent d’impalpables silhouettes blotties dans le silence, l’herbe odorante, les aubépines, la futaie, le jet d’eau, une sorte de menu mais profond feulement de l’étrange, on croirait un être attardé qui effleure en marchant la maison, un friselis fluctuant comme le ferait une voix étouffée qui gémit radieuse – on murmure un aveu recherchant auditeur. La nuit bruissante... [Lire la suite]
Posté par emmila à 20:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 7 septembre 2016

CE QUE JE DOIS AU FROISSEMENT DU THYM ( Hommage )

Les choses sont là et je suis à elles, absentes ou sous mes yeux. Ainsi je nais au chèvrefeuille en plein soleil, à l'escargot sous une acanthe un jour de pluie, au figuier dans la pénombre. Et dans les plis ombre et lumière jaillit comme un défaut, un manque ; l'air vibre, l'horizon, tout soudain, c'est l'absence de toi, de toi à l'instant si lointaine. Le sang cherche à régler son pouls, le paysage que tu enrobes se déploie, inflexions bombements buissons sillons rivière, les remuements du cœur dans les frissons du frêne, ciel lavé,... [Lire la suite]
mercredi 7 septembre 2016

JE NE COMPTE PLUS QUE SUR LA BEAUTÉ DE TON CHANT ( Hommage )

Ce non-monde, ressassant d'être sans horizon, abhorre la tendresse : le sens n'y tremble plus dans le tempo dément ; ordre ordurier, temps de détresse, il se livre au vitriol, à la tenaille, au garrot, écorchant, matraquant, vomissant du venin en mots braillards, mots mirages amputés, encanaillés, assujettis, empuantis. La vie s'alarme : peut-elle se changer en s'ouvrant à la joie ? Me défiant de la tristesse, j'ai mendié tes doigts de lin, le nid suspendu sous ta robe, le duvet de ton regard à l'heure où les ombres s'allongent.... [Lire la suite]