lundi 19 novembre 2018

L'EAU ET LES RÊVES...Extrait

"Au temps où j’écoutais mûrir les mirabelles, je voyais le soleil caresser tous les fruits, dorer toutes les rondeurs, polir toutes les richesses. Le vert ruisseau, dans sa légère cascade, ébranlait les cloches de l’ancolie. Un son bleu s’envolait. La grappe des fleurs lançait sans fin des trilles dans le ciel bleu."   .   GASTON BACHELARD   .   Oeuvre Fabrice Rebeyrolle  

samedi 18 août 2018

POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Enfermé dans l'être, il faudra toujours en sortir. À peine sorti de l'être, il faudra toujours y rentrer. Ainsi dans l'être, tout est circuit, tout est détour, retour, discours. ... Ainsi, l'être spiralé, qui se désigne extérieurement comme un centre bien investi jamais n'atteindra son centre. L'être de l'homme est un être defixé.     .     GASTON BACHELARD     .   Oeuvre Igor Bitman
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jeudi 9 août 2018

L'EAU ET LES RÊVES...Extrait

En effet, nous croyons possible de fixer, dans le règne de l’imagination, une loi des quatre éléments qui classe les diverses imaginations matérielles suivant qu’elles s’attachent au feu, à l’air, à l’eau ou à la terre. Et s’il est vrai, comme nous le prétendons, que toute poétique doive recevoir des composantes, — si faibles qu’elles soient — d’essence matérielle, c’est encore cette classification par les éléments matériels fondamentaux qui doit apparenter le plus fortement les âmes poétiques. Pour qu’une rêverie se... [Lire la suite]
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vendredi 20 octobre 2017

LA SOLITUDE DE L'ENFANT

C’est souvent tard dans la vie que nous découvrons, en leur profondeur, nos solitudes d’enfant, les solitudes de notre adolescence. C’est dans le dernier quart de la vie qu’on comprend les solitudes du premier quart en répercutant la solitude du vieil âge sur les solitudes oubliées de l’enfance. Seul, très seul, est l’enfant rêveur. Il vit dans le monde de sa rêverie. Sa solitude est moins sociale, moins dressée contre la société, que la solitude de l’homme. L’enfant connaît une rêverie naturelle de solitude, une rêverie qu’il ne faut... [Lire la suite]
dimanche 26 février 2017

L'AIR ET LES SONGES...Extrait

« Partout, l’âme du monde renouvelée dans l’inspiration du poète a une individualité profonde. La rafale est sauvage et pure. Elle meurt et renaît. Et le poète suit la vie même du souffle cosmique. Dans le vent d’Ouest il respire une âme océanique, une âme vierge de toute atteinte terrestre. Et la vie est si grande que l’automne lui-même a un avenir. »   . GASTON BACHELARD   .                    
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jeudi 2 février 2017

LA POETIQUE DE L'ESPACE...Extrait

Et tous les espaces de nos solitudes passées, les espaces où nous avons souffert de la solitude, joui de la solitude, désiré la solitude, compromis la solitude sont en nous ineffaçables. Et très précisément, l'être ne veut pas les effacer. Il sait d'instinct que ces espaces de sa solitude sont constitutifs. Même lorsque ces espaces sont à jamais rayés du présent, étrangers désormais à toutes les promesses d'avenir, même lorsqu'on n'a plus de grenier, même lorsqu'on a perdu la mansarde, il restera toujours qu'on a aimé un grenier,... [Lire la suite]

jeudi 9 juin 2016

L'EAU ET LES RÊVES, ESSAI SUR L'IMAGINATION DE LA MATIERE....Extrait

« Pour qu’une rêverie se poursuive avec assez de constance pour donner une oeuvre écrite, pour qu’elle ne soit pas simplement la vacance d’une heure fugitive, il faut qu’elle trouve sa matière, il faut qu’un élément matériel lui donne sa propre substance, sa propre règle, sa poétique spécifique. Et ce n’est pas pour rien que les philosophies primitives faisaient souvent, dans cette voie, un choix décisif. Elles ont associé à leurs principes formels un des quatre éléments fondamentaux qui sont ainsi devenus des marques de... [Lire la suite]
lundi 18 janvier 2016

LA FLAMME D'UNE CHANDELLE...Extrait

La poésie est un émerveillement, très exactement au niveau de la parole, dans la parole, par la parole. Le problème du poète est donc d’exprimer du réel avec de l’irréel. Il vit, comme nous l’indiquions dans notre avant-propos, dans le clair-obscur de son être, tour à tour apportant au réel une lueur ou une pénombre et chaque fois donnant à son expression une nuance inattendue ... Et quand la sur-flamme reprenait existence, vois, mon enfant, me disait la grand-mère, ce sont les oiseaux du feu. Alors, moi-même rêvant toujours plus... [Lire la suite]
dimanche 20 décembre 2015

GASTON BACHELARD

Les mots - je l'imagine souvent - sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de-chaussée, toujours prêt au commerce extérieur, de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur.Monter l'escalier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abstraire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est chercher dans les mots des trésors introuvables.Monter et descendre, dans les mêmes mots, c'est la vie du poète.Monter trop... [Lire la suite]
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jeudi 9 octobre 2014

LA POETIQUE DE L'ESPACE....Extrait

"La maison est tantôt le coffre de nos souvenirs, tantôt un état d’âme. Cela veut dire que, même avant de devenir figure onirique ou lieu imaginé de notre passé-futur, la maison abrite et rend possible le processus de la mémoire. Et, parce qu’elle révèle une intimité, soit aux éléments extérieurs, soit aux détails intérieurs, elle fait toujours figure de présent. Renfermant un univers personnel et familier, pourtant, en même temps, exhibant des mécanismes d’ouverture, la maison trace une ligne entre le soi et les autres, entre le... [Lire la suite]
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