lundi 28 mai 2018

LETTRE A POISSON D'OR...Extrait

"Là est le domaine des accrocs, des coutures, tout ce qu'il faut recouvrir, oublier. Aimer, c'est ne plus être dans le monde où l'on attendait l'amour. Mais aussi se désigner à l'animosité de ceux qui incarnent la vie normale. Je veux, à force de vous aimer, vous enseigner une façon d'être que le autres ne peuvent comprendre : elle les condamne. Faites attention à ceci : un blessé, un malade, un infirme, il est reposant pour l'esprit de le définir comme un malheureux. L'idée de son bonheur est insupportable à une conscience normale.... [Lire la suite]

lundi 30 octobre 2017

MA VIE GRAPILLE DE CI DE LA

Au bout de l’heure tragique, j’ai perdu le contrôle de ma vitesse intérieure. Je me suis abandonné à l’hégémonie du souffle et il m’a percuté de sa lame tranchante.  La différence n’est pas toujours là où on le croit. Etonnant ce corps qui vieilli et dont on conserve la sensation d’avoir toujours vingt ans. Sans doute, pour tous ceux qui ont connu l’handicap dès la première heure, la notion de différence n’égale pas celle de la comparaison. Le déchirement de nos pensées et de l’estime que l’on se porte peut nous être fatal.... [Lire la suite]
mercredi 22 mars 2017

LES BEQUILLES

Pendant sept ans je n'ai pu faire un pas. Quand je suis allé chez un grand médecin, il m'a demandé : « Pourquoi portes-tu des béquilles ? » Et je lui ai dit : "Parce que je suis perclus." "Il n'est pas étrange", m’a-t-il dit Vas y ! Essaie de marcher. Ce sont ces vieilleries celles qui t'empêchent de marcher Marche, ose, rampe à quatre pattes! " En riant comme un monstre il m'a retiré mes belles béquilles, les a cassées dans mon dos et, sans cesser de rire, il les a lancées au feu. Maintenant je suis guéri. Je marche. Un éclat de... [Lire la suite]
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mercredi 28 décembre 2016

QUARTZ...Extrait

Je coule du haut vers le bas. L’accident, c’est le jour improbable qui devient une certitude pour la chair. Un corps amoindri sait la carence impitoyable. Le cerveau continue cependant à courtiser la part manquante. Qui s’installe dans la place vide ? Longtemps des membres fantômes ont baigné dans le sang qui me parcourt, véhiculant l’illusion jusqu’aux racines de mon être. Se défaire de soi nécessite la juste reconnaissance de l’impossible et de l’irréalisable. J’ai tenu entre mes mains le halo de conscience qui fait chavirer le... [Lire la suite]
lundi 14 avril 2014

JE N'AI PLUS MAL, JE M'ACCOMPAGNE

Je ne répugne pas à marcher dans ma tête. Seul dans ma chair, l’infirmité danse comme une gitane autour d’un feu. Mon corps et moi, nous tenons l’humiliation du handicap à bout de bras, loin des flammes et des pas incertains. Un bateau à l’amer grince toujours dans la cruauté de mes rêves. Dans les bulles d’une brume opiniâtre, résiste la morsure faite aux formes pures. Mais, j’accepte la laideur qu’inflige la peine. Reste à convaincre les autres, tous les autres, que malgré l’infirmité, il n’y a pas péril en la demeure.   ... [Lire la suite]
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dimanche 6 avril 2014

LES VITRES SOUFFLEES

Je ne suis qu’une fine partie de conscience. J’éprouve des joies impartageables et des douleurs qui me gâchent l’existence. Je colle aux parois du jour comme une araignée sur sa toile. Le jour se substitue à l’épouvante qui saisit ma conscience. La lumière est-elle là pour éclairer ? En vérité, mon handicap ne rencontre presque jamais l’idée que je me fais de lui. J’incube dans une passoire de lamentations où sursaute mon orgueil. Une fraîcheur bleue se cache sous les mots que l’espoir féconde. Je me dois d’incarner l’espoir... [Lire la suite]
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lundi 16 décembre 2013

LA MAIN DANS LE CHAPEAU...Extrait

Les liens ne nécessitent pas toujours l’ardeur volontaire de la matière. Pourquoi être là plutôt qu’ailleurs ? Sans doute une brève escapade de la synchronicité, une connotation de la chair restée à vif. Une échappée virtuelle vaut une pensée. La douleur de ne pas vivre reste chevillée à une dépression aérienne. Comment exister dans ce monde d'ombres ? Le handicap n’est pas le prélude de la mort, à peine lui baise-t-il les joues. Victime consentante, je vire de bord. J’entérine l’oppression et je fais une obole consentante à la... [Lire la suite]
Posté par emmila à 03:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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