mardi 29 mai 2018

HENRI MICHAUX

La raison d’être fou, j’ai fini par la trouver dans l’équilibre de mon Moi respectueux et irrévérencieux. La société n’est pas franche elle est fourbe sans le moindre scrupule. Je dis les mots les plus crus avec une pudeur totale. Je n’exhibe pas une attitude de faire croire à tous les passants. Je ne me cache pas derrière mon doigts pour mettre la vérité à sa place. Et pourtant je suis celui qu’on traitera de perverti, d’infréquentable, de malsain, tout sauf bourge… Alors comment pourrais-je être autrement que lucide et fou à la... [Lire la suite]
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jeudi 2 novembre 2017

HENRI MICHAUX...Extrait

J’ai eu froid à ton froid. J’ai bu des gorgées de ta peine. Nous nous perdions dans le lac de nos échanges. Riche d’un amour immérité, riche qui s’ignorait avec l’inconscience des possédants, j’ai perdu d’être aimé. Ma fortune a fondu en un jour. Aride, ma vie reprend. Mais je ne me reviens pas. Mon corps demeure en ton corps délicieux et des antennes plumeuses en ma poitrine me font souffrir du vent du retrait. Celle qui n’est plus, prend, et son absence dévoratrice me mange et m’envahit.   .   HENRI MICHAUX   ... [Lire la suite]
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mercredi 31 mai 2017

ECCE HOMO...Extraits

J'ai vu l'homme.Je n'ai pas vu l'homme comme la mouette, vague au ventre, qui file rapide sur la mer indéfinie.J'ai vu l'homme à la torche faible, ployé, et qui cherchait ...Je n'ai pas entendu le chant de l'homme, le chant de la contemplation des mondes, le chant de la sphère, le chant de l'immensité, le chant de l'éternelle attente.Mais j'ai entendu son chant comme une dérision, comme un spasme....  C'était donc bien lui, lui, toujours l'homme, l'homme gonflé de soi, mais pourtant embarrassé et qui veut se parfaire et qui... [Lire la suite]
samedi 19 décembre 2015

QUI JE FUS / QUIENES FUI

" On n’est jamais tout seul dans sa peau…"On n’est pas seul dans sa peau.Je suis habité; je parle à qui-je-fus et qui-je-fus me parlent. Parfois, j’éprouve une gêne comme si j’étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m’arriver que je ne m’entends plus moi-même. (Qui je fus)On n’est jamais tout seul dans sa peau! Je suis multiple et me multiplie depuis des années à ne plus savoir que faire de mes " Moi " qui s’entassent. Je n’ai jamais su combien on était au juste, mais on vit à l’étroit, on se gêne, on... [Lire la suite]
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mercredi 31 décembre 2014

EXORCISMES...Extrait

... J'ai vu l'homme.Je n'ai pas vu l'homme comme la mouette, vague au ventre, qui file rapide sur la mer indéfinie.J'ai vu l'homme à la torche faible, ployé, et qui cherchait...... Je n'ai pas entendu le chant de l'homme, le chant de la contemplation des mondes, le chant de la sphère, le chant de l'immensité, le chant de l'éternelle attente.Mais j'ai entendu son chant comme une dérision, comme un spasme.   HENRI MICHAUX     Oeuvre Odilon Redon      
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vendredi 12 septembre 2014

POTEAUX D'ANGLE...Extraits

C’est à un combat sans corps qu’il faut te préparer, tel que tu puisses faire front en tout cas, combat abstrait qui, au contraire des autres, s’apprend par rêverie.   N’apprends qu’avec réserve. Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre, ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête – innocent ! – sans songer aux conséquences.   Avec tes défauts, pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu’irais-tu mettre à la place ?   Garde ta mauvaise mémoire. Elle a sa raison d’être, sans doute. ... [Lire la suite]
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samedi 4 janvier 2014

POTEAUX D'ANGLE...Extrait

Les arbres frissonnent plus finement, plus amplement, plus souplement, plus gracieusement, plus infiniment qu'homme ou femme sur cette terre et soulagent davantage. Les peurs, les appréhensions, les soucis, la mélancolie, les tendresses, les émotions inexprimables, les arbres, pourvu qu'il y ait un souffle de vent, savent les accompagner. Le précieux, le véritablement précieux est distribué sans le savoir et reçu sans contrepartie. .......   Va jusqu’au bout de tes erreurs, au moins de quelques-unes, de façon à en bien... [Lire la suite]
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vendredi 3 janvier 2014

POTEAUX D'ANGLE...Extrait

Retour à l'effacement à l'indétermination Plus d'objectif plus de désignation Sans agir sans choisir revenir aux secondes cascade sans bruit îlots coulants foule étroite à part dans la foule des environnants Habiter parmi les secondes, autre monde si près de soi du coeur du souffle Perpétuel incessant impermanent train égal vers l'extinction Passantes régulièrement dépassées régulièrement remplacées passées sans retour passant sans unir sobres pures une à une descendant le fil de la vie passant...     HENRI MICHAUX... [Lire la suite]
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mercredi 13 mars 2013

NOUS DEUX ENCORE

 Air du feu, tu n’as pas su jouer. Tu as jeté sur ma maison une toile noire. Qu’est-ce que cet opaque partout ? C’est l’opaque qui a bouché mon ciel. Qu’est-ce que ce silence partout ? C’est le silence qui a fait taire mon chant. L’espoir, il m’eût suffi d’un ruisselet. Mais tu as tout pris. Le son qui vibre m’a été retiré. Tu n’as pas su jouer. Tu as attrapé les cordes. Mais tu n’as pas su jouer. Tu as tout bousillé tout de suite. Tu as cassé le violon. Tu as jeté une flamme sur la peau de soie. Pour faire un affreux marais de... [Lire la suite]
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dimanche 15 avril 2012

HENRI MICHAUX

Qu’il repose en révolte Dans le noir, dans le soir sera sa mémoiredans ce qui souffre, dans ce qui suintedans ce qui cherche et ne trouve pasdans le chaland de débarquement qui crève sur la grèvedans le départ sifflant de la balle traceusedans l’île de soufre sera sa mémoire. Dans celui qui a sa fièvre en soi, à qui n’importent les mursdans celui qui s’élance et n’a de tête que contre les mursdans le larron non repentantdans le faible à jamais récalcitrantdans le porche éventré sera sa mémoire Dans la route qui obsèdedans le cœur... [Lire la suite]
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