samedi 8 avril 2017

RETENUE

Ce qui est bien à toi d’étrange, de paradoxal, particulier, marquant la résonance de ton verbe, tu ne l’as pas en poche, ni au cœur, mais dans le sang à la fluidité et au rythme si variables. La poésie peut-elle constituer l’horizon, et partant, le désir de t’en approcher, être un havre quand le sang de victimes répandu sur les jardins, coule partout, quelquefois près de nous dans l’hexagone ? Quelle unité formeront ces fragments de désarroi que par réflexe l’on continue à nommer poèmes ? Ils sont conscients de n’être que vide... [Lire la suite]

samedi 25 mars 2017

SCENARIO: DIALOGUE MUET. ( Epilogue d'une fresque Lierre )

*Que te trouves-tu ici, parasite impitoyable qui n’as de cesse d’abolir toute vie en ces lieux ? -Je ne me nourris pas de la sève de mes semblables et tire exclusivement la mienne, depuis le sol. *Le terrain vague laissé exprès pour nos caravanes s’enlaidit de broussailles où tu règnes en seigneur. -Je me dresse pour tous pouvoirs en contradicteur même, les tenant à distance, ni subis ni exercés. *Puisque tant de climats et latitudes te conviennent d’où tiens-tu l’étrange don d’être partout à la fois ? -Je pérégrine au centre de... [Lire la suite]
lundi 26 décembre 2016

CENSÉMENT

Les figues, qui sont parmi les meilleurs fruits de la terre, (je les eusse à la pomme préférées dans le Jardin) mériteraient elles aussi leur place dans le Mythe, comme elles nous donnent une aussi infinie douceur. Autant les noix semblent contenir de la matière grise en hémisphères dits des cerneaux, proches du cerveau, non sans légers accidents du relief à leur surface, en écho distant de nous, de leur squelette captifs, autant la figue, plutôt évocatrice d’un ventre, renvoie difficilement l’image de la pensée : ses rondeurs de... [Lire la suite]
mercredi 23 novembre 2016

PENSEE POUR VINCENT- PARIS ETE 1887

La nature remue du négatif au positif, puisque ce qu’en propose d’observer le pinceau libre n’est que trace figée d’un cheminement à deux sens que les tornades de l’intérieur agitent encore. Dans le cadre, qui s’en trouve pour l’œil presque vrillé, voire disparu, oublié dans l’attention extrême, opère de façon sensible, invisiblement, une tension si lourde entre les couleurs et les formes. Comment sa chaise fiévreuse, avec pipe et tabac, ses cyprès affolés, ses oliviers, ses fleurs altières rendent-ils le mal-être face au... [Lire la suite]
samedi 19 novembre 2016

QUID ?

Nous sommes dans cet ailleurs hors espace et hors du temps où ne nous est consentie aucune place réelle ; que point ne soit d’amour sans le vœu de se transformer, à de minces esprits paraît chose inintelligible, laisse au-devant des affres notre conscience éveillée, montrant à tous l’importance sans borne de notre tâche d’ouvreurs de neuves étoiles, tueurs du Mythe ancien. Nous n’œuvrons pas, depuis le re façonnage de l’homme, à sa désintégration ou son éparpillement, conscrits du point d’honneur à jaillir du commun silence,... [Lire la suite]
mercredi 29 juin 2016

AMITIE, J'AI DIT AMITIE

On construit ceux qu’on aime et on se construit avec eux,ne pourrait nous les faire désaimer aucune faille :toujours s’oriente vers eux la boussole du cœur,on ne peut en recevoir nulle peine intentionnelle.Même disparus ils continuent de nous augmenter,effaçant la frontière entre visible et invisible,capables d’abolir leur absence aux moments choisisen nous apparaissant sous des formes les plus diverses.Alliés, parents et amis, vous nous circonscrivezde fait, sans intention, cette sorte de territoirede notre toujours proche et... [Lire la suite]

jeudi 26 mai 2016

L'HIRONDELLE - Un extrait de ton chant, sommairement traduit...

Survoler les pays pour effacer les guerres,partir, non juste vers la paix, mais vers la vie,être partout sœur absolue de la colombe,jamais un épervier pour les autres oiseaux.Humains qui me lorgnez avec cette constanceà ceux que l’on respecte et aime réservée,je suis perplexe en observant votre mélangede goût du vivant et de plaisir à tuer.Je tournoie sur vos fronts à quelques hauteurs d’homme,partout je me rapproche de vous et vous crains,goûte la belle part de vous que j’affectionnemais évite de m’abîmer dans vos brisants.Je niche... [Lire la suite]
jeudi 26 mai 2016

LESBOS

Trop assoiffée ce matin la terre s’offre aux caressesde cette pluie qui la fouille dans ses moindres recoinsparmi les arcanes de géographie intérieureoù les sentiments hauts savent parfois nous transporter.Elle est nous, dans le secret abandon à être prisesans violence, ni fioriture de mauvais aloi,avec toute l’obstination de la chair désirante,l’économie du vrai, qui se doit d’aller jusqu’au bout.L’endiablement de son plaisir quand la pluie se fait lourde,à telle hauteur de rage si longtemps contenue,exhale l’exotique fragrance de... [Lire la suite]
lundi 2 mai 2016

BAN, AU COQ ET SES BEAUX SILENCES

Ton cri, vulgarisé pour enfants par « cocorico », déchirant à mon sens car de la profondeur des âges, enchevêtre aigûment la stridence et la raucité, bruit en moi des plaintes d’une souffrance lucide. Monté de la gorge et du ventre comme celui de Munch il écorche non juste le matin mais tout temps calme, contrairement à ce que d’aucuns disent supposer, qui n’ont pas peur d’en faire un signe instinctif de triomphe. Il s’en faut de beaucoup que cela corresponde au vrai d’univers où les oasis de vie en paix sont rares, les bonheurs... [Lire la suite]
vendredi 29 avril 2016

L'ETENDUE

Herbes maigres, genêts et pins : amont d’aiguillesoù chaque ruine abrite un figuier, son enfant.(Conversation toujours la même, trop secrèteque le vent ralentit ou suspend, dans ses foules)Muraille désertée des nids, faute de feuilles ;mais le soleil qui l’a lézardée sait s’y fendre.Une poudre, limon d’espace, couvre tout :pierres, fruits, feuilles, même le dos des chevaux.Trois éléments dans ces atomes de poussière :air, feu, terre. Mais si étroitement liésque sans eau le prodige eût été impossible,au moins à leur début, puisque... [Lire la suite]