mercredi 17 octobre 2018

MESSAGE CORSE ENTENDU SUR LE PLATEAU DU COSCIONE...Extrait

Au crépuscule, près du fleuve Issil Dans le quartier populaire où je marchais maintenant, je croisai une fabuleuse image d'hommes pour la plupart anciens, vêtus de djellabas savantes, de capuchons protecteurs des frimas de l'Atlas dont le vent amenait le froid glacé des neiges. Ils étaient là, sur le trottoir, en prière ou assis sur des nattes posées sur la chaussée, et ces visages remplis de caractère, ces vêtements sombres que le jour n'éclairait plus, ces barbes descendant en cascade, en boucles et en lacets, d'autres très... [Lire la suite]
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samedi 6 octobre 2018

LA PART DE L'OMBRE...Extrait

Non, la terre n'est pas couverte d'arbres, de pierres,de fleuves : elle est couverte d'hommes.Si les meilleurs sont enfermés dans un long supplice,s'il n'y a plus que le mensonge qui se montre, chamarréde fausses prairies,si quelqu'un te dit : " Admire le soleil !"- et tune vois que le miroitement de la boue, ou bien : " faiston devoir ! " - et on te tend un couteau pour égorgerta mère et ton frère,alors tous les arbres sont abattus, les pierres noircissentet s'effritent, les fleuves sont des cloaquesinfâmes.Tu ne peux plus avancer,... [Lire la suite]
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vendredi 5 octobre 2018

ZOHRA MRIMI...Extrait

Entre en moi la sauvage quiétude Elle est accoudée à mes tempes, jusqu'à m'envoyer sa douce rêverie L'unique richesse est d'ignorer les ruines, dedans des photos et des écrits Ils se libèrent de la bouche de feu trois fois plus fortLes mots préfèrent les fruits, les fleurs, les papillons et puis la mer, tout coule bleu, ils ont la même veine de coeur; elle relie la terre aux hommesLes mots relient les hommes aux hommesLa nuit, la barque se remplit de mots et chaque main ouvre son poing et saisit un motMais la main de... [Lire la suite]
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vendredi 24 août 2018

UNE FOI POUR TOUTES

A Jean Bastien   Mon cœurveine ou déveineaura des ailesdans les montagnes et dans la plainedes hommes meurent pour la liberté L’oiseau parle une langue inconnueil n’a jamais pensé à la chancemais la chance est pour luidans les chansons mêmes de la peurla vie n’est qu’un signepour ceux qui meurent dans la nuittrahis par la clarté lunairepar les regards obstinés du soleil Il y parfois un homme qui vient d’Albanieil parle de la liberté comme d’un sein de marbreil y a des hommes qui viennent des villages perdusils... [Lire la suite]
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jeudi 8 février 2018

LETTRE DE ROBIN RENUCCI A MADAME LA MINISTRE DE LA CULTURE

Madame la ministre de la Culture,   .Vous avez convié certain.e.s d’entre nous à la fin de l’automne à un dîner pour parler de nos différentes actions auprès des exilé.e.s qui cherchent actuellement refuge en France.Nous vous avons proposé alors d’organiser une commission dont nous étions prêt.e.s à prendre la charge, afin d’établir un dialogue avec le ministère de l’Intérieur. Nous avons insisté sur la nécessité et l’urgence d’ouvrir ce dialogue entre les artistes, les acteur.trice.s culturel.le.s et le ministère de... [Lire la suite]
dimanche 16 juillet 2017

POEMES....Extrait

Les enfants ce sont des hommes petits et rien d'autre. Les vrais enfants ce sont des hommes fatigués d'être des hommes. Fatigués d'être debout sur les années, voici qu'ils veulent descendre. Ils balancent les livres les fusils les maisons les chapeaux les ornements les couteaux - asolument tout ! - et ils jouent au moineau et au vent, au si léger flocon de neige. Ils jouent à mourir.     .   I bambini sono uomini piccoli, e nulla più. I veri bambini sono gli uomini stanchi di essere uomini. Stanchi di... [Lire la suite]

mardi 21 février 2017

UGARITICA

Au bout de mes doigts je détiens ces blancs oiseaux cunéiformes mon souffle mon amour mon désir voyageur ces oiseaux effilant le loin fortuits & brefs dans l'incessant combat du feu & de la mer ces moments d'ailes donnant ciel à mes mots insoucieux de moi lointains déjà comme les vagues & le vent & miens oh rythmiquement miens   Dans la cendre & le sable à ce delta du temps Alasia Samara appelant de leur nuit la source que nous serons peut-être   Creusant ameublissant le sens trembler de ne sauver... [Lire la suite]
dimanche 8 décembre 2013

UN ARBRE, UN HOMME...

On se désaltère à la bouche de la langue. Les lèvres du vieil homme aux cheveux blancs sont recouvertes de terre depuis trente années. Celles d’un autre remuent plus vivement depuis quinze ans. Combien de fois image-t-il sa vieillesse ou sa mort dans cette écriture réceptacle ? La seule scène de la grande Absence serait celle d’un effondrement du corps à terre, sur une des allées du jardin, la main portée au cœur dans une vive douleur, un cœur dans un étau qui se resserre sûrement. Une pierre au cœur, juste avant de céder. La... [Lire la suite]
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vendredi 27 septembre 2013

FRERES DE TERRE

Je n'ai pas de frères de race, J'ai des frères de condition, des frères de fortune et d'infortune, de même fragilité, de même trouble et pareillement promis à la poussière et pareillement entêtés à servir si possible à quelque chose à quelqu'un , même d'inconnu, à quelque frère de même portée, de même siècle, ou d'avenir...   Je n'ai pas de frères de race, ni de religion, ni de communauté, pas de frère de couleur, pas de frère de guerre ou de combat, je n'ai que des frères de... [Lire la suite]
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samedi 24 novembre 2012

CE QUE J'ETANCHE

Je m’habitue aux mouvances Du voyage et N’entends plus rien que le souffle de la monture   Et puis ce que je vois    Je vois un peuple cendré D’irrévérence Dans la plaie   uni Trente mille morts ici Et la marche pèlerine Se lève et le torrent, ailleurs   Je vois l’onde   morne et symétrique Les déchirements d’Abraham puis Les terrassiers Fouettant les bandes L’enchaînement des faits Se lève et le torrent, ailleurs    L’étincelle du peuple S’enfle et dore à la noce ... [Lire la suite]