mercredi 10 octobre 2018

LETTRE D'EXIL

Vit encore, vaguement, vaguelettes frangées aux écumes amères,Bouge, gré des marées, filet jaune accroché au rocher, cédant,Qui disparaît, revient, message au dérisoire,Flotte, bercée par les poissons et les oiseaux de mer,Muette se balance entre l'eau et le ciel, terre lointaine, déjà...Et se défaitBribes d'humain qui perd son langage, trouve celui de l'animal,Puis de l'algue et ses lascivités de l'à quoi bon,Guette déjà le lent mouvement des sables s'enroulant qui s'usent,Parle une langue de pierres noires de silex de coquillages... [Lire la suite]
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dimanche 16 septembre 2018

ANDRE VELTER...Extrait

A Ghaouti Faraoun    On a dit qu'il était nésous l'étoile du chevalun temps de nuit claireoù le ciel avait butout le lait des fantômes.Le poing serré sur un caillot de sangil avait glissé les yeux fermésentre les mains des femmes.Au bas de l'horoscopele chaman a noté qu'il avaitmangé l'écorce de son cri.On a dit qu'il était entré muet dans le mouvement du mondeprenant de vitesse son propre départ.D'emblée il n'avait eu de cesse toujours avalant son ombre toujours essoufflant sa ragetoujours chevauchant son... [Lire la suite]
dimanche 12 août 2018

DANSE NUIT...Extrait

Une dansequi a connu l'éclat du feu et le marteau du forgeronet l'effleurementne pas oublier l'effleurementde l'horizonet la danse rieuse de la pluie et de la merDanse aveuglée de larmes et de silenceÉcoute la respirationécoute avec lenteuravec une lenteur concentréesans gravité ni inquiétudedanse la danse de l'écouteÉcoute la chaleurdanse l'air en plein soleildanse lentementavec tendressedanse l'enfantl'opaleet les gouttes d'eaune pas oublier les gouttes d'eau...     .     MICHEL THION     . ... [Lire la suite]
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mardi 17 juillet 2018

HENRI GUERIN...Extrait

Comme une couturière en journée Le vent a coupé, taillé, rogné Tout au long du jour Dans le coupon du ciel. Dès le soir venu, Il a ramassé minutieusement Toutes les chutes d’étoffes épandues Pour en faire un petit tas coloré Qu’il a poussé Dans un des coins de l’horizon. Il est parti en emmenant Pour tout paiement de sa journée Dans son vieux cabas de couturière Le soleil, rond et doré Comme un écu.     .     HENRI GUERIN 1952 http://www.henri-guerin.com      .   ... [Lire la suite]
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vendredi 23 février 2018

LE DERNIER JOUR DE MA VIE

Je n’éteindrai jamais l’incendie qui m’habite, ni la chaux vive de mes ailes, ni l’incandescence sur ma peau qui se souvient de caresses anciennes. Je ne désarmerai jamais mes saines colères autour des cercueils d’enfants, ni mon dégoût de toute l’injustice arrogante des hommes. Mes fatigues traverseront ce désert où seul je cherchais l’ombre d’une oasis et l’eau fraîche d’un frère choisi. Non je n’effacerai jamais les mots absents de mon père, leur naïve ferveur sur des pages sans voix. Pour que revienne l’enchantement d’une autre... [Lire la suite]
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jeudi 19 octobre 2017

DESERT

" On ne sort jamais indemne d'un séjour au désert. On a vécu dans l'invivable et côtoyé la négation de soi. On a connu le plus extrême, le miroir de sable qui brûle les reflets, les éclairs, les ombres, le rien du dehors, les mirages du dedans. On a levé le voile qui retenait le cœur, qui déguisait le néant. La moindre parole parle d'impossible rosée. La poussière se pare d'un halo d'épopée. Il y a des rapts, des cavaliers, des blessures, des baisers qui dansent dans la lumière et sombrent au ras du sol. Un seul pas suffit à brouiller... [Lire la suite]
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mardi 26 septembre 2017

CHANT NOIR..

Le silence des pierres je l'entends chanter parfois quand la pluie pianote en rythme sur leurs têtes grises Et la mer mugir quand le vent fouille le ciel en vrac désempile les draps blancs des nuages brise au sol les vases fanés de la colère Le tonnerre je l'entends mille chevaux au galop sur l'eau noire mille soldats en armure déchiquettent l'horizon J'entends battre le coeur de la terre parfois quand il s'arrête en ondes confuses sourdre d'entre les morts battant les champs le sang des fleuves des fleurs des tempes Je... [Lire la suite]
jeudi 7 septembre 2017

HIERARCHIES...Extrait

Le temps, me dit-il, c’est le cœur… Longue portée des mots, longue portée du cœur ?... J’ai beau savoir aussi que le cœur ne dit pas ses clôtures et n’avoue pas de fautes, j’allais me répétant le temps : « le temps, me disait- il, c’est le cœur »… L’oiseau communicatif des mots appréhende l’espace, or voici que soudain, sous sa voûte certaine, je me suis vue nue à même la nudité du temps – vieux cœur à cœur tenace compris par l’horizon.   .     GABRIELLE ALTHEN     .    
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samedi 8 avril 2017

RETENUE

Ce qui est bien à toi d’étrange, de paradoxal, particulier, marquant la résonance de ton verbe, tu ne l’as pas en poche, ni au cœur, mais dans le sang à la fluidité et au rythme si variables. La poésie peut-elle constituer l’horizon, et partant, le désir de t’en approcher, être un havre quand le sang de victimes répandu sur les jardins, coule partout, quelquefois près de nous dans l’hexagone ? Quelle unité formeront ces fragments de désarroi que par réflexe l’on continue à nommer poèmes ? Ils sont conscients de n’être que vide... [Lire la suite]
mardi 21 mars 2017

LA JOIE N'EST PAS MON METIER...Extrait

 Depuis que les portes closes et le froid ont été créésje tends la main en aveuglecherchant un murou une femme qui puisse me recueillirMais que peut faire la gazelle aveugled'une source viveet le rossignol prisonnierde l'horizon caressant ses barreaux ?   À l'ère de l'atome et des cerveaux électroniquesÀ l'ère du parfum, de la chanson et des lumières tamiséesje lui parlais des sandales des bédouinsdu voyage au désertà dos de chamelleet ses seins m'écoutaientcomme les petits enfants écoutentun récit captivant autour du... [Lire la suite]