mercredi 20 décembre 2017

SUR LES CLAVIERS

Sur les claviers, dans la désespérance des utopies,je sculpte des mots d'espoir et de larmes sur des avenirs d’enfants.Sur des papiers aphones, je griffonne ce terminal de l'âgeoù la raison se perd dans l'effacement des chemins. Assis sur les certitudes d'un vieux mondequi renie ses crimes, vend ses pesticides,rejette son carbone et marchande la misère,je calligraphie des cris de sang. Je sonne le tocsin quand l'élite vomit son indifférence triomphantealors que dans nos rues et ailleurs, le froid, la faim et le non-droitlaissent des... [Lire la suite]

lundi 23 octobre 2017

L'HOMME, LA PAIX ET LES LARMES...Extrait

N’oublions pas que les premiers poètes et les premiers imagiers ont été d’instinct les chantres des sources, des gerbes, des faucilles, des charrues et des poteries. Ce n’est point que l’abstraction manquât de leur temps. Non, les richesses inscrites et comme fumantes dans le spectacle des choses leur semblaient suffire à tout emportement de plus haute essence. Aussi ce ne sont ni les peintres ni les poètes qui ont rompu toutes relations avec les simples, mais les ministres, mais ceux qui croient que la conception, les spirales de la... [Lire la suite]
mardi 5 septembre 2017

LA CHUTE...Extrait

Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n'avez droit qu'à leur scepticisme. Alors, s'il y avait une seule certitude qu'on puisse jouir du spectacle, cela vaudrait la peine de leur prouver ce qu'ils ne veulent pas croire, et de les étonner. Mais vous vous tuez et qu'importe qu'ils vous croient ou non : vous n'êtes pas là pour recueillir leur étonnement et leur contrition, d'ailleurs fugace, pour assister... [Lire la suite]
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lundi 14 août 2017

AU NOM DE L'HUMANITE

Nous vous remercions. Mon voisin, mon ami, Ils étaient venus agresser la voisine Tu n'as rien fait Ils t'avaient dit qu'elle se prostituait Ils l'ont violée puis, ils lui ont lacéré les seins au nom de la société et de sa morale Et tu t'étais tu Mon voisin, mon frère Ils étaient venus m'humilier Tu n'as rien fait Ils t'avaient dit que j'étais un libertaire Ils ont parcouru mon corps de rapières Au nom de l’État, des prélats et autres vicaires Et tu t'étais tu Mon voisin, ô mon voisin   Ils étaient venus... [Lire la suite]
samedi 12 août 2017

JEAN ROUSSELOT...Extrait

Nous mourrons sans avoir apprivoisé les choses Qui nous cernent en attendant De nous incorporer Elles n’ont pas même un regard Pour les moignons d’âme qui nous restent Et laissent pourrir à leurs pieds Nos humbles propositions de trêve. Celles qui nous doivent la vie Ne sont pas les moins odieuses On peut mourir de l’indifférence d’un arrosoir Aussi bien que du poids d’une avalanche.   .     JEAN ROUSSELOT     .     Oeuvre Omer Amblas
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dimanche 4 juin 2017

ALLEZ-Y

Je ne veux plus parler des corps alignés par terre Dans leurs sacs Ni du troupeau serré dans les barrières qui rue Et vous comptez Un égorgé ici et quatre vingt ailleurs brûlés Mille au fond de la mer Et il y aurait à Londres des Français dans le lot C’est plus grave Que si c’était des Polonais ou des Inuits ou des Espagnols Et les barrières Autour des bœufs et des poules élevés en batterie Se resserrent Les sabots les cornes les becs les ergots se barbouillent D’innommable rouge On évalue selon la statistique qu’à eux seuls ils... [Lire la suite]

dimanche 21 mai 2017

ENFIN, LENTEMENT...

Il faut sortir des ombresde l'épaisseur des nuitsdans l'indifférencedes rêves trop étroitsil nous faut sortir du sombre.Pénétrer dans le jourexister simplementdans la trace du gestedans la ligne posée. L'aube tarde.Du bronze de la nuitle vert émergel'espace soudain élargicrée un besoin effrénéd'étreindre.  La branche taciturnel'en allée de l'eauparesseuse et lenterien ne retient celui qui chercheune floraison tardive.Rien    sinon une femmela premièresur une toilefixée. Une femmenourrie de couleurset... [Lire la suite]
dimanche 26 mars 2017

ESPERANCE...Extrait

"Persévérer à chercher davantage la saveur que le savoir, le balbutiement que la rhétorique satisfaite. Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile, à ce qui vacille, à ce qui fait faillite. Persévérer à avoir foi en chaque homme, ... à préférer être déçu dix fois plutôt qu’hostile une seule fois. Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts et dans les espérances non cotées en bourse. Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme est la vénération et que c’est la... [Lire la suite]
dimanche 25 décembre 2016

DES CAGES

Le ciel pleure à froides larmes. Il met la barre bien trop haut pour mes fragments d'ailes. Je parcours la terre basse, sa sueur, sa fourbure, ses heures denses. Le fracas du monde étouffe le silence, l'universelle place. La vie fouille les poubelles. Une rumeur de basse-fosse emplit le cœur des hommes. Je ne vais plus au bois, les arbres sont coupés. Alice et le Lapin Blanc tremblent dans un trou de bombe. Le Prince trompe Cendrillon, le Petit Poucet n'échappe plus à l'ogre. Dans des cages de béton chacun ignore son voisin.... [Lire la suite]
samedi 26 novembre 2016

PENDANT QUE ME REVIENS L'ODEUR DES FOINS...Extrait

Nous dépendons de deux ou trois motsIls tissent autour de nous une étoffe protectriceContre le froid de l'indifférenceSi peu de mots pour vivreNotre mendicité ne fait que commencerLes rêves se frottent à nouscomme des chats familiersComme eux ils s'enfuientSans que nous puissions les retenirPour ne pas rester nusNous avons besoin de mots   .   COLETTE ANDRIOT   .    Oeuvre Myrrha https://www.facebook.com/atelierdemyrrha?fref=ts
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